BARRIE JAMES (1860-1937)

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Auteur de pièces de théâtre et de romans, James Barrie, né le 9 mai 1860 en Écosse à Kirriemuir, est surtout connu pour avoir créé le personnage de Peter Pan, le garçon qui ne voulait pas grandir.

Fils d'un tisserand, il ne s'était jamais remis de la mort d'un de ses frères, survenue alors qu'il avait six ans, et de l'effet catastrophique que cette mort eut sur sa mère, laquelle devait exercer sur lui, durant sa jeunesse et bien après, une étouffante domination. Tout au long de sa vie, Barrie rêva de retrouver le bonheur de ses premières années et l'adulte, chez lui, ne se départit jamais de certaines attitudes ou de certains traits propres à l'enfant.

Barrie fit ses études à l'université d'Édimbourg et travailla pendant deux ans pour le Journal de Nottingham avant de s'établir à Londres en 1885 comme journaliste indépendant. Son premier livre à être apprécié du public, Auld Licht Idylls (1888), traite, sous forme de brefs aperçus, de la vie quotidienne à Kirriemuir. C'est le même décor que l'on retrouve dans A Window in Thrums (1889), un recueil de nouvelles. The Little Minister (1891), un roman très sentimental dans la même veine, fut un grand succès ; après l'avoir porté à la scène en 1897, Barrie écrivit dès lors surtout pour le théâtre. Ses romans autobiographiques, When a man's single (1888) et Sentimental Tommy (1896), mettent tous deux en scène un petit garçon de Kirriemuir (« Thrums ») qui tisse entre la réalité et lui tout un monde imaginaire plein de romantisme et finit par devenir un écrivain célèbre. Tous ces ouvrages se caractérisent par des emprunts pittoresques au dialecte écossais, un humour fantasque et le goût, tout à la fois, pour la bouffonnerie, le pathos et la sentimentalité.

Le mariage de Barrie en 1894 avec l'actrice Mary Ansell resta sans enfants et ne fut apparemment pas consommé. En 1897, il se prit d'affection pour Sylvia Llewellyn Davies, et c'est à ses fils, à travers lesquels il se mit à revivre son enfance, qu'il raconta les premières aventures d'un héros nommé Peter Pan. Certaines de ces histoires se trouvèrent regroupées dans The Little White Bird (1902). La pièce Peter Pan, the Boy Who Wouldn't Grow Up fut représentée pour la première fois en 1904, avant d'être publiée en 1906. Elle enrichissait la mythologie du monde anglo-saxon d'une figure nouvelle. Le triomphe d'un jeune enfant héroïque sur un vieux pirate décati, le Capitaine Crochet, garde tout son attrait.

L'idylle dans laquelle s'était plongé Barrie, tout occupé à revivre son enfance, tourna à la tragédie. Un divorce mit fin à son mariage en avril 1910. Sylvia Davies, qui était devenue veuve entre-temps, mourut quatre mois plus tard ; et deux de ses fils, dont Barrie était le tuteur, périrent de mort violente. Barrie fut fait baronnet en 1913 et reçut l'Ordre du mérite en 1922. Il devint président de la Société des auteurs en 1928 et chancelier de l'université d'Édimbourg en 1930.

Bien des pièces de Barrie sont gâchées par des mots d'esprit trop directement en rapport avec l'actualité. Au moins six d'entre elles, cependant, brillent encore aujourd'hui par d'indiscutables qualités : Quality Street (1901), The Admirable Crichton (1902), What Every Woman Knows (1908), The Twelve-Pound Look (1910), The Will (1913) et Dear Brutus (1917). S'il a idéalisé l'enfance, Barrie se fait de l'âge adulte une vision pour le moins désenchantée, qui transparaît à travers la discrète mélancolie où baignent ces œuvres. Il lui arrive d'exprimer ce désenchantement sur le mode de l'humour, comme dans The Admirable Crichton, où un majordome devient le roi d'une île déserte, avec ses anciens maîtres pour esclaves ; il verse quelquefois dans la satire, comme dans The Twelve-Pound Look ; voire dans la tragédie, ce qui est le cas de Dear Brutus, où neuf personnages, hommes et femmes, dont la vie est devenue un échec se voient offrir d'un coup de baguette magique une seconde chance : mais c'est pour faire à nouveau naufrage, chacun étant entraîné dans l'abîme par son propre caractère. Les indications scéniques que donne Barrie sont quelquefois plus intéressantes que ses dialogues. Il maîtrise en effet parfaitement les contraintes du théâtre et sait camper à merveille un personnage, mais son goût pour le sentimentalisme et les traits d'esprit continuent malheureusement de faire de l'ombre à son vrai talent.

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Dans le chapitre « De l'enfant objet à l'enfant sujet »  : […] Si Alice , suivi en 1871 par De l'autre côté du miroir ( Throug the Looking-Glass ), ne devait pas à proprement parler avoir de suites, rien ne serait plus pareil dans la littérature pour enfants : l'histoire moralisante, sans disparaître, cesserait définitivement d'occuper le devant de la scène, et les enfants tels qu'ils sont allaient devenir l'étalon de la littérature qu'on écrivait pour eux. […] Lire la suite

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« BARRIE JAMES - (1860-1937) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/james-barrie/