ARCADELT JACQUES (1505 env.-1568)

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Musicien franco-flamand, un des premiers grands madrigalistes, avec C. Festa et P. Verdelot. Il fut peut-être l'élève de Josquin Des Prés et certainement celui de Verdelot qu'il fréquenta notamment vers 1530 à la cour des Médicis et avec lequel il fit le voyage de Lyon, en compagnie d'un autre musicien français, Jean Conseil (1498-1535). Il retourna à Florence en 1532, mais il quitta cette ville après la mort d'Alexandre de Médicis. Vécut-il à Venise où paraissent en 1539 quatre livres de madrigaux à 4 voix ? On le retrouve en tout cas à Rome où, à la fin de l'année 1540, il est maître de chapelle à la Sixtine sous Paul III (après avoir peut-être servi à la Capella Giulia). Le pape le fait bénéficier d'un canonicat à Liège ; puis Arcadelt passe une année en France avant son retour à Rome, en 1547, où il reste jusqu'en 1551. Il devient maître de chapelle du cardinal Charles de Lorraine et maître de la chambre du roi Henri II (au moins de 1554 à 1562). Son œuvre religieuse, plus traditionnelle que ses compositions profanes, est fondée sur la technique de l'imitation. Il publia trois messes à 4 et 5 voix (Paris, 1557), dont une, Ave Regina, sur le motet de A. de Silva, et une, Noe Noe, sur celui de Mouton ; des Motecta (motets) à 4 voix (Venise, 1545), d'émouvantes Lamentations, un Magnificat (1557), et Six Psaumes de David (1559). C'est surtout comme madrigaliste et auteur de chansons françaises qu'il mérite attention. Parti de la frottola et de la chanson populaire italienne, il donne sa forme classique au madrigal (cinq livres à 4 voix, un livre à 3 voix). C'est lui qui, le premier, publie à Paris en 1547 (Attaingnant) la chanson française en forme d'air nouveau genre : syllabique, homophonique et de structure strophique, que va porter à son apogée P. Certon, quelques années plus tard. Il possède la pureté de lignes et l'élégance du style parisien (citons, par exemple, Quand je vous aime) ; le dessus se déroule souplement, accusant le charme, la douceur, voire la mélancolie ; il mérita d'être appelé il bianco e dolce cigno, titre de l'un de ses madrigaux. Son influence fut très profonde sur Palestrina. En 1654, paraissait la quarantième réédition de son premier livre de madrigaux. Chose rarissime, Giovanni Vindella transcrivit pour luth un volume entièrement consacré à Arcadelt ; et ses transcripteurs ne se comptent pas (S. Gorlier, S. Gintzler, et bien d'autres).

—  Pierre-Paul LACAS

Écrit par :

  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

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Pour citer l’article

Pierre-Paul LACAS, « ARCADELT JACQUES (1505 env.-1568) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-arcadelt/