GOLL IVAN (1891-1950)

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Poète lorrain, Ivan Goll a écrit en langue française et en langue allemande. Ses premiers écrits le font classer dans le mouvement expressionniste allemand. Le Canal de Panama, tract lyrique, parut en 1914 sous le pseudonyme d'Iwan Lassang. Le poète y décrit la lutte des éléments contre l'homme, et le percement héroïque du canal. Pendant la guerre, il vit en Suisse. Dans un vaste poème, véritable cantate lyrique, Le Requiem — Pour les morts de 1916, que Goll dédie à Romain Rolland, il nous fait entendre les hommes et les femmes souffrant de la guerre. Cette dernière est décrite comme la plus haute trahison à l'égard de l'humanité. Un chœur de prolétaires y chante la douloureuse chanson En vain (Vergebens). Le poète cependant ne peut croire à la haine de tous ces hommes qui s'entretuent. Il les appelle à l'amour : “Au-dessus des fleuves de sang s'élèvent des ponts chantants : les peuples y passent échangeant leurs saluts...”

À partir de 1919, il vivra à Paris avec Claire Goll, traductrice de beaucoup de ses œuvres, par exemple des Géorgiques parisiennes (Pariser Georgika). Claire Goll a d'ailleurs elle-même écrit un roman autobiographique : Éducation barbare. En 1924, Ivan Goll dirige la revue Surréalisme et y donne son propre manifeste, assez différent de celui de Breton : “L'Image est aujourd'hui la pierre de touche de la bonne poésie. La rapidité de l'association entre la première impression et la dernière expression détermine la qualité de l'image [...]. Les plus belles images sont celles qui unissent de la manière la plus immédiate et la plus rapide les éléments qui dans la réalité sont très loin l'un de l'autre...” Pour Goll, le surréalisme est rayonnement vital, guérison de l'être et retour au sentiment originel. En 1939, Goll émigre à New York, revient à Paris en 1947. La langue de Goll est toujours audacieuse et riche en nuances subtiles (Le Mythe des rochers). Parmi les œuvres les plus marquantes, citons encore : Chansons lorraines (Lothringische Volkslieder, 1912), Élégie internationale, pamphlets contre la guerre (1915), Le Cœur de l'ennemi, bilingue avec Claire Goll (1920), La Mort de Lassalle (1921), Mathusalem (1922), La Tour Eiffel (1924), La Septième Rose (1928) et un roman, Agnus Dei (1929). Un des derniers poèmes posthumes de Goll s'appelle La fleur de cette nuit amère :

 La fleur de cette nuit amère  Oh plantez-la  Au plus profond des rainures de mon cœur  Là où le souci étend ses rails,  Une forêt y croîtra  Peuplée de sangliers bleus  De faisans colorés et de fougères  Pour masquer la nudité de l'univers.

—  Marie-Claude DESHAYES

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CORRESPONDANCE 1954-1968 (P. Celan, R. Char) - Fiche de lecture

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  • Yves LECLAIR
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Dans le chapitre « Dialogue en de sombres temps »  : […] Au-delà de la langue, de l’âge et du monde qui séparent les épistoliers, cette correspondance à trois mains montre quelle richesse nourrit le dialogue de la différence et quelle souveraine fraternité fonde la poésie. Au départ, Celan et Char partagent le fait d’avoir vécu des situations extrêmes dans les pires moments du xx e  siècle. Né à Czernowitz en Bucovine, cette partie de l’Empire austro-ho […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/correspondance-1954-1968/#i_8918

Pour citer l’article

Marie-Claude DESHAYES, « GOLL IVAN - (1891-1950) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ivan-goll/