FRÈRE-ORBAN HUBERT JOSEPH WALTER (1812-1896)

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Homme politique belge, avocat, député de Liège, Frère-Orban s'impose pendant le Congrès libéral de juin 1846 et devient l'un des chefs les plus actifs de son parti. Ministre des Travaux publics en 1847, il invite les classes dirigeantes à s'occuper du sort des travailleurs. Ministre des Finances de 1848 à 1852, il fait entreprendre des travaux d'utilité publique (chemin de fer, routes, canaux) pour occuper les chômeurs. Partisan du libéralisme économique, il fait supprimer les droits d'exportation en 1849 et crée la Banque nationale en 1850. Premier ministre de 1857 à 1870 (le plus long ministère belge), il favorise de nombreuses réalisations économiques et sociales : la création du Crédit communal en 1860, de la Caisse d'épargne en 1865, l'abolition, en 1860, des octrois qui gênent considérablement le commerce intérieur, l'affranchissement de l'Escaut en 1863. Il fait établir une caisse de retraite assurant une pension de vieillesse aux travailleurs, mais refuse d'accorder le droit de grève et d'association. De 1878 à 1884, on le retrouve président du Conseil et ministre des Affaires étrangères. Cette période marque le triomphe du régime bourgeois, du libéralisme économique et aussi de l'anticléricalisme, c'est-à-dire de la volonté d'indépendance de l'État vis-à-vis de l'Église. Frère-Orban impose la neutralité confessionnelle dans l'enseignement libre par la loi de 1879, la « loi de malheur ». Elle permet au gouvernement de créer des écoles laïques officielles où le cours de religion fait place à un cours de morale. Les cours de religion ne sont pas interdits dans les écoles libres, mais ils doivent être donnés en dehors des heures normales. Cette loi déclenche la guerre scolaire et la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican en 1880. Elle entraîne de lourdes charges pour le gouvernement et la guerre scolaire tourne finalement à l'avantage des catholiques. La chute du ministère Frère-Orban, en 1884, traduit le déclin du Parti libéral au profit des catholiques.

—  Josiane COEKELBERGHS-CUYPERS

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Dans le chapitre « Une élite au pouvoir »  : […] Pendant les premières années de l'indépendance belge, la nécessité de protéger le jeune État contre les prétentions néerlandaises et de le consolider sur le plan intérieur permit le maintien de l'unionisme (collaboration des catholiques et des libéraux). Mais les oppositions en matière de philosophie politique ne tardèrent pas à réapparaître au premier plan. Le nouvel État était né d'un rêve de li […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/belgique-histoire/#i_22126

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Josiane COEKELBERGHS-CUYPERS, « FRÈRE-ORBAN HUBERT JOSEPH WALTER - (1812-1896) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hubert-joseph-walter-frere-orban/