HERMANN ou ARMINIUS (18 av. J.-C.19 apr. J.-C.)

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Vénéré encore aujourd'hui par certains historiens allemands, Arminius (forme latinisée du mot germanique Hermann qui signifie chef, capitaine) dirige, sous Auguste et sous Tibère, le peuple des Chérusques (au sud du Hanovre et du Brunswick). Il apparaît comme le symbole du patriote allemand qui refuse de ployer devant l'ennemi. Il ne succombe pas aux délices de la civilisation romaine au sein de laquelle il est pourtant élevé sous Auguste. Paré du titre honorifique de chevalier, et versé dans l'armée romaine, il n'oublie pas sa patrie occupée, ses concitoyens humiliés et ses dieux courroucés. Par la ruse et la diplomatie, il réussit à devenir l'homme de confiance de Varus et à entraîner ce médiocre général romain dans la forêt de Teutoburg (Teutoburgensis saltus), où trois légions sont anéanties en l'an 9. Arminius, de cette manière sanglante, rompt avec Rome qui l'avait pourtant choyé et avait pensé trouver en lui un interlocuteur. Il reprend la lutte aux côtés des Germains dont il devient l'unificateur. Bien que vaincu par Germanicus à la bataille d'Idistaviso, il résiste par la guérilla aux armées romaines qui ne peuvent transformer leurs victoires en succès définitif et doivent faire retraite (15). Germanicus, qui a fait prisonnière Thusnelda, épouse d'Arminius, est rappelé à Rome par l'empereur Tibère, jaloux de cet homme de guerre trop populaire.

Des dissensions au sein du peuple des Chérusques contribuent à l'affaiblissement du pouvoir politique d'Arminius, et il est victime d'un complot en 19.

Dans La Germanie, l'historien Tacite a rendu hommage à cet adversaire exemplaire. De nombreux écrivains allemands ont célébré ce héros national : le poète Friedrich Klopstock dans trois chants patriotiques en prose avec chœurs, Hermannsschlacht (1769, La Bataille d'Arminius), Hermann und die Fürsten (1784, Arminius et les princes) et Hermanns Tod (1787, La Mort d'Arminius) ; Heinrich von Kleist dans Die Hermannsschlacht (1809, La Bataille d'Arminius).

—  Joël SCHMIDT

Écrit par :

  • : diplômé d'études supérieures d'histoire, directeur de collections historiques

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GERMAINS

  • Écrit par 
  • Lucien MUSSET
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Dans le chapitre « La romanisation du monde germanique »  : […] Rome ne considéra d'abord le Rhin que comme une ligne d'arrêt provisoire, avant un nouveau bond en avant, par exemple jusqu'à l'Elbe. L'aisance relative avec laquelle les Romains avaient occupé la Gaule avait créé des illusions sur la résistance possible des Germains dont l'état de civilisation – Strabon l'atteste – apparaissait alors fort voisin. Une série de campagnes méthodiques de Drusus, Domi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/germains/#i_9309

Pour citer l’article

Joël SCHMIDT, « HERMANN ou ARMINIUS (18 av. J.-C. - 19 apr. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hermann-arminius/