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GÓRECKI HENRYK MIKOŁAJ (1933-2010)

Le compositeur polonais Henryk Mikołaj Górecki naît à Czernica, en Haute-Silésie, le 6 décembre 1933 (il est l'exact contemporain d'un autre grand compositeur polonais, Krzysztof Penderecki). En 1951, il commence à exercer le métier d'instituteur, avant d'entreprendre des études musicales approfondies à partir de 1955. Il étudie la composition à l'école supérieure de musique de Katowice avec Bolesław Szabelski, qui avait été, dans les années 1920, élève du grand Karol Szymanowski. Titulaire d'un premier prix de composition en 1960, Górecki voyage et séjourne notamment à Paris en 1961 mais, s'il a rencontré Messiaen, il ne fut pas son élève, comme le mentionnent à tort certaines biographies. Dès 1958, le public polonais a pu découvrir sa musique, influencée par l'école polonaise mais aussi par Bartók et Webern. L'écriture de la Première Symphonie « 1959 », pour orchestre à cordes et percussions, aux textures organisées selon des principes sériels, date de cette période. Quelques années plus tard, il reprendra cette technique pour écrire Musique ancienne polonaise, pour cuivres et cordes (1969), austère juxtaposition de thèmes anciens puisés dans la culture nationale et liturgique. Au début des années 1970, Górecki donne une série de concerts en Allemagne et en Pologne. Il remporte plusieurs prix : en 1970, un prix de l'Union des compositeurs polonais, diverses récompenses du ministère polonais de la Culture et des Arts et, en 1976, le premier prix du concours international U.N.E.S.C.O. des compositeurs, avec Ad Matrem, pour soprano, chœurs et orchestre (1971).

La reconnaissance internationale ne va pas tarder. La création en France, au festival de Royan, en 1976, par le chef d'orchestre Ernest Bour, de la Deuxième Symphonie « Copernicienne », pour soprano, baryton, chœurs et orchestre (1972), fondée sur des psaumes et sur des passages du De Revolutionibus de Copernic, et la création mondiale, toujours à Royan, en 1977, par Ernest Bour, de la fameuse Troisième Symphonie, dite « Des chants plaintifs », pour soprano et orchestre, ne passent pas inaperçues. Le public est surpris par ce mélange post-romantique, étiré et minimaliste, irisé d'archaïsmes. Ces symphonies exhalent un parfum sacré qui ne laisse aucun doute sur la profondeur mystique du compositeur. Elles suscitent le rejet de certains auditeurs, sidérés par l'audace réactionnaire de Górecki, démarche impensable en pleine période de sérialisme triomphant, d'élitisme inconscient et d'engagement politique révolutionnaire ! La Troisième Symphonie a depuis lors rencontré un immense succès international. Le disque enregistré en 1992 par David Zinman avec le London Sinfonietta et la soprano Dawn Upshaw s'est retrouvé rapidement en tête des hit-parades américains et britanniques. Pour la première fois, un compositeur contemporain voyait son œuvre entrer dans un classement des meilleures ventes de musique de variétés ! Cette symphonie en trois mouvements, qui dure près d'une heure, débute par une lente introduction aux sombres et graves motifs en canon, inspirée par une prière polonaise du xve siècle, « La Lamentation de la Sainte Croix ». Le deuxième mouvement repose sur un graffiti gravé par une prisonnière de dix-huit ans sur un mur de cellule du siège central de la Gestapo à Zakopane ; c'est un cri de foi et de consolation, récréé par la soprano dans un sublime Lento e largo terriblement poignant, aux plans sonores et aux tempos légèrement ondulants. Le troisième mouvement est un chant populaire de la région d'Opole, le chant d'une mère qui cherche son fils perdu et sûrement tué par l'ennemi ; il se termine néanmoins par l'espoir et la foi en la participation mystérieuse de la nature à un processus de deuil. Loin de sombrer dans le désespoir, de conduire à des abîmes[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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