MANKELL HENNING (1948-2015)

Avec Henning Mankell, maître du polar suédois, c’est un écrivain majeur qui disparaît, mais aussi un singulier progressiste qui, malgré la gloire et la fortune apportées par ses livres, n’a cessé de conjuguer ses écrits avec ses prises de position humanistes. Ses œuvres, traduites dans vingt-sept langues, ont été diffusées à plus de quarante millions d’exemplaires.

Né à Stockholm le 3 février 1948, Henning Mankell a tout juste un an quand ses parents divorcent. Il est élevé par son père, qui exerce la profession de juge d’instance dans la ville de Sveg. Athée, celui-ci lui interdit de fréquenter le catéchisme. Il quitte le lycée à seize ans pour rallier Paris en janvier 1964. Il a peu d’argent, ne connaît pas le français. Pourtant, il réussit à y vivre une année en réparant des clarinettes dans un petit atelier de Belleville. Trois ans plus tard, Mankell écrit sa première pièce de théâtre. Il a dix-neuf ans. En novembre 1972, son premier voyage en Afrique le conduit en Guinée-Bissau et stimule son désir de prendre ses distances avec l’Europe pour se situer dans une perspective moins égocentrique. À partir de 1985, il partage sa vie entre Ystad, en Suède, et Maputo, au Mozambique où, dès 1986, il collabore étroitement avec une troupe de théâtre, la compagnie Mutumbela Gogo, établie au Teatro Avenida, dont il est le metteur en scène bénévole.

Henning Mankell

Henning Mankell

photographie

Écrivain suédois, Henning Mankell est devenu un maître du polar, notamment grâce à la série qui a pour héros l'inspecteur Kurt  Wallander. 

Crédits : Britta Pedersen & mdash EPA/ Landov

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Mankell débute en littérature en publiant des pièces pour le théâtre et la radio, puis des livres pour la jeunesse. Son succès est assuré avec une série policière (onze volumes et un recueil de nouvelles, La Faille souterraine et autres enquêtes, 1999) dont le protagoniste, l’inspecteur Kurt Wallander, appartient à la police d’Ystad, en Scanie, pas très loin de Malmö. Dans le premier volume, Meurtriers sans visage (1991), l’assassinat d’un couple de vieux paysans déclenche une flambée de violence raciste : meurtre d’un Somalien, incendie d’un camp de demandeurs d’asile. Ce roman permet de mesurer la capacité qu’avait Henning Mankell d’anticiper les soubresauts de nos s [...]


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Pour citer l’article

Claude MESPLÈDE, « MANKELL HENNING - (1948-2015) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/henning-mankell/