KAUTNER HELMUT (1908-1980)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Ce cinéaste allemand aura été l'un des très rares à donner quelque dignité à la production de la R.D.A. dans les années du « miracle économique », années qui ne furent pas particulièrement fastes pour l'art cinématographique. Les débuts d'Helmut Kautner, né à Düsseldorf, restent mal connus. Après des études de philologie, il aurait été acteur de cabaret et revuiste. Tout menant à tout, il devint, dans les années 1930, assistant réalisateur auprès de Harald Braun et de Wolfgang Staudte. Son premier film comme réalisateur, Kitty et le congrès mondial (Kitty und die Weltkonferenz, 1939), est l'une de ces comédies anodines que le régime encourageait, mais qui permettaient des descriptions assez fines de caractères et quelque désinvolture dans les évocations d'atmosphère. C'est dans cette voie que Kautner persévéra jusqu'après 1945. À cette époque, il opère un court retrait, et signe seulement le scénario du premier (et curieux) film de son assistant Rudolf Jugert : Film ohne Titel (Film sans titre, 1948). Il sera également le scénariste de Nachts auf den Strassen (1952) du même réalisateur.

Après Epilog (1950) et Weisse Schatten (1951), Kautner change de registre : Le Dernier Pont (Die letzte Brücke, 1954, avec Maria Schell) est un hommage d'une indiscutable sincérité au martyre des populations yougoslaves « occupées » par les nazis. Le caractère purement humaniste du film (tourné en Yougoslavie même) en marque la limite, mais il est exempt d'ambiguïté et doit sa charge émotive à une réelle ambition de réalisme.

Il est permis de préférer Le Général du diable (Des Teufels General, 1955, avec Curd Jurgens), description quasi expressionniste de l'atmosphère de dégradation morale du Grand Reich finissant. Le récit est bâti autour du personnage d'un général d'aviation antinazi, écœuré mais incapable de s'opposer efficacement aux monstruosités du régime et à la perte de l'Allemagne. Le film (où de fortes ellipses s'expliquent par l'intervention de la censure « patriotique ») a pu paraître ambigu. Une dramaturgie fiévreuse et une excellente interprétation retiennent l'intérêt, [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

Classification

Pour citer l’article

Gérard LEGRAND, « KAUTNER HELMUT - (1908-1980) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/helmut-kautner/