LE FÈVRE DE LA BODERIE GUY (1541-1598)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Guy Le Fèvre de La Boderie est né à Falaise. Sa formation doit moins aux études universitaires qu'à l'influence d'un maître savant, Guillaume Postel. Versé en latin, grec, hébreu, chaldéen, arabe et syriaque, Le Fèvre achève en 1567 de transcrire en caractères hébraïques et de traduire en latin le Nouveau Testament syriaque, d'après un exemplaire rapporté d'Orient par Postel. Ce travail est destiné à la Bible polyglotte que prépare à Anvers le grand éditeur Christophe Plantin. C'est un labeur épuisant, et Le Fèvre tombe malade.

C'est chez Plantin que paraît en 1571 l'Encyclie des secrets de l'éternité, un long poème en alexandrins, construit en huit cercles. L'ouvrage démontre l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme, contre les athées. Dans la Préface, l'auteur reconnaît qu'il emprunte au platonisme des notions telles que l'âme du monde ou l'harmonie des cieux, mais affirme son attachement à la vérité catholique. C'est à la lumière des spéculations cabalistiques de Postel que se comprennent de nombreux passages : l'évocation de la Sagesse créée avant toutes choses, les variations sur le nom de Yahvé, ou la mention de la Vierge rédemptrice. On perçoit dès le préambule la tonalité mystique d'une poésie qui n'est pas une description de phénomènes et de lois, mais une méditation sur l'œuvre de l'esprit divin dans la création. Ce souffle divin se manifeste d'abord dans la dignité de l'être humain, doté d'un « esprit qui contemple et qui se meut/Sans objet présenté », c'est-à-dire sans avoir besoin d'un objet extérieur. La Boderie croit avec les platoniciens à l'existence des idées innées, à commencer par les nombres. Cette force créatrice de l'esprit divin apparaît aussi dans la structure universelle, symbolisée par le Tabernacle auquel est consacré le dernier cercle du poème. Comme Postel, traducteur du Zohar, La Boderie déploie, dans un réseau d'analogies qui est à la fois un mode de connaissance et une poétique, les rapports existant entre [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  LE FÈVRE DE LA BODERIE GUY (1541-1598)  » est également traité dans :

POSTEL GUILLAUME (1510-1581)

  • Écrit par 
  • François SECRET
  •  • 1 120 mots

Un des principaux représentants de la Renaissance, dont il vécut le mythe en se proclamant le « premier-né de la restitution ». Celui qui signe d'abord G. P. Barentonius Doleriensis (il est né d'une humble famille de Barenton, hameau de la Dolerie dans la Manche, où il a maintenant son vitrail dans la chapelle de Montéglise) est, dès 1538, « lecteur royal pour les mathématiques et les langues étra […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guillaume-postel/#i_87574

Pour citer l’article

Françoise JOUKOVSKY, « LE FÈVRE DE LA BODERIE GUY - (1541-1598) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guy-le-fevre-de-la-boderie/