FLOURENS GUSTAVE (1838-1871)

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Fils du physiologiste Pierre Flourens, Gustave Flourens est né le 4 août 1838 à Paris. Il est à la fois universitaire, militaire et homme politique. Il supplée son père au Collège de France en 1863 (chaire d’histoire naturelle des corps organisés) pour cinquante leçons. Il traite de l’histoire des races humaines. Son enseignement matérialiste (il est athée et anticlérical) et anti-bonapartiste (il prône une république universelle) fait scandale et il n’est pas reconduit. Son enseignement affirme en outre la supériorité des aryens – dont les Français sont les meilleurs représentants – sur les sémites jugés trop mystiques. Ses écrits témoignent de la conviction que les aryens sont appelés à dominer les autres races. Ses cours sont publiés en 1863-1864 sous le titre « Histoire de l’homme ». Il séjourne à Londres, en Belgique, en Turquie, en Grèce et participe avec le grade de capitaine à l'insurrection de 1866 en Crète. Expulsé de Grèce, il revient à Paris en 1868, il collabore au quotidien La Marseillaise, détracteur de l’Empire, d’Henri Rochefort. Opposant à Napoléon III, Flourens est brièvement emprisonné en 1869. Convaincu d’avoir participé à un complot contre l’empereur, il fuit en Angleterre. Lors de ce séjour, il s’initie à la pensée de Karl Marx auprès de ce dernier. Il revient en France après la proclamation de la IIIe République en septembre 1870. Élu chef des bataillons de la Garde nationale de Belleville, il devient un des principaux meneurs de l'insurrection du 31 octobre 1870. Arrêté et emprisonné, il est libéré en janvier par un commando dirigé par son ami Amilcare Cipriani ; il est condamné à mort par contumace. À l'avènement de la Commune, il en est élu membre et participe à la commission de la Guerre. Il est nommé général chargé de la défense du Paris révolutionnaire. Le 3 avril 1871, il prend part à l’offensive de la Commune contre Versailles. Flourens parvient à Rueil avec une poignée d'hommes. L’offensive est un échec. Il est dénoncé, arrêté puis sabré par le capitaine de gendarmerie Desmarets. Flourens devient un personnage de légende. On célèbre son courage, et sa tombe au Père-Lachaise devient lieu de pèlerinage. Le culte de Flourens ne durera guère et en dépit de son activisme attesté pendant la Commune, il en est un dirigeant oublié. Cependant, des spécialistes de Jules Verne estiment que Flourens pourrait avoir inspiré certains traits du capitaine Nemo.

—  Jacqueline BROSSOLLET, Universalis

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  • Édith THOMAS
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Dans le chapitre « L'impuissance du pouvoir »  : […] Délivrée de la guerre extérieure, l'Assemblée des ruraux, des hobereaux et des notables que la province a élus n'a plus devant elle que ces ouvriers, ces artisans, ces petits-bourgeois de Paris, à la fois socialistes, républicains et patriotes, qu'il faut mater. Des mesures sont prises immédiatement contre la population parisienne exténuée par les souffrances du siège : la suppression des trente s […] Lire la suite

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Jacqueline BROSSOLLET, « FLOURENS GUSTAVE - (1838-1871) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gustave-flourens/