UECKER GÜNTHER (1930- )

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à Wendorf en 1930, l'artiste Günther Uecker vit et travaille aujourd'hui à Düsseldorf. Après avoir fréquenté l'école des Beaux-Arts de Düsseldorf puis celle de Berlin-Weißensee (1949-1953), il réalise des œuvres figuratives – retables, sculptures, gravures sur bois – qu'il cloute et détourne de la figuration à la fin des années 1950. Le clou devient dès lors son outil et son matériau de prédilection. Frère de l'artiste Rotraut, qui épouse Yves Klein en premières noces en 1962, Uecker se lie d'amitié avec l'artiste français et rencontre par son intermédiaire Otto Piene et Heinz Mack, fondateurs du groupe Zero en 1957 à Düsseldorf. Les expositions nocturnes de Zero – dont la durée n'excède pas celle d'un vernissage – et les éditions de la revue éponyme divulguent les idées du groupe que Piene définit comme une « zone de silence » : les artistes, auxquels se joignent Klein, Lucio Fontana et Piero Manzoni, expérimentent une forme d'art conceptuel qui, par la création d'environnements dynamiques et l'emploi d'éléments naturels (air, terre, eau, feu), aspire à la réconciliation de l'homme avec la nature. Tandis qu'une partie des artistes côtoyant Zero, regroupée autour de Klein, Tinguely, Arman et Spoerri, donne naissance au Nouveau Réalisme, Günther Uecker, qui adhère au groupe en 1961, rejoint la tendance « idéaliste » soutenue par Piene et Mack. Les installations lumino-cinétiques que les trois artistes réalisent ensemble s'inscrivent dans la lignée du Licht-Raum-Modulator de Moholy-Nagy et dialoguent avec le mouvement de l'art cinétique (Hommage à Fontana, Documenta III, Kassel, 1964). Elles impliquent fréquemment la participation du spectateur et émanent pour Uecker de la pose de clous sur toiles, disques rotatifs, objets domestiques (tabouret, table, piano) et structures « flottantes » (New York Dancer, 1965). L'action qui donne lieu à l'œuvre – planter des clous dans la terre ou les tirer à l'arc dans une toile – est souvent connue par la photographie et souligne la dimension spirituelle du travail de Uecker. Enfin, si le monochrome est une forme récurrente chez les artistes de Zero (« La peinture rouge » est le thème de la septième exposition nocturne), le blanc, en hommage à Malevitch, représente pour Uecker la couleur absolue, celle de la lumière pure. Le groupe Zero se dissout en 1966. Uecker prolonge ses recherches sur la lumière en réalisant des décors et des costumes de scène pour le théâtre et l'opéra (Parsifal, Stuttgart, 1976 ; Lohengrin, Bayreuth, 1979). Considérant l'art comme un « instrument de perçage de la réalité », l'artiste, qui enseigne à l'école des beaux-arts de Düsseldorf de 1970 à 1995, développe parallèlement un travail plus engagé où il traite des souffrances humaines et de l'incohérence du monde moderne. Il crée des installations et des sculptures anthropomorphes à partir de matériaux naturels ou pauvres (bois, terre, sable, cendres, pierres, tissus, clous) qu'il présente au sein d'une ambitieuse exposition itinérante : L'Être tourmenté (1996-2006) met en scène la souffrance des hommes anéantis par la guerre, thème devenu central dans l'œuvre de Uecker. En 2000, poursuivant sa réflexion sur l'existentialisme, l'artiste conçoit une salle de recueillement pour le Reichstag de Berlin et érige l'année suivante un mémorial en pierre dans les anciennes cantines de prisonniers du camp de concentration de Buchenwald.

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Cécile GODEFROY, « UECKER GÜNTHER (1930- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gunther-uecker/