ALMIRANTE GIORGIO (1914-1988)

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Né le 27 juin 1914, Giorgio Almirante commence sa carrière politique en 1932 comme journaliste au Tevere, publication caractérisée par ses campagnes antisémites. En 1944, il est nommé chef de cabinet du ministre de la Culture de la République sociale italienne, fondée par Mussolini pour continuer la guerre aux côtés des Allemands. L'accusation qui lui sera faite en 1971 d'avoir alors signé un décret condamnant à la peine de mort les déserteurs ne sera pas cependant retenue par le tribunal de Bologne.

En 1946, il fonde le Mouvement social italien (M.S.I.), clairement inspiré par l'idéologie fasciste. Remplacé à la tête du parti en 1950 par Michelini, il devient le leader de l'aile la plus radicale du M.S.I. Alors que le nouveau secrétaire s'oriente vers des accords avec la démocratie chrétienne et avec les monarchistes, Almirante est du côté des jeunes fascistes qui ne reculent pas devant des actions violentes, dans les rues, les écoles ou les universités. En 1968, il participe même à l'assaut contre l'université de Rome. Les années troublées de l'après-68 sont aussi celles de son apogée. Redevenu secrétaire du M.S.I. en 1969 à la suite de la mort subite de Michelini, il s'efforce de représenter les diverses tendances de l'extrême droite. Au Parlement, Almirante, qui, selon l'expression journalistique de l'époque, a troqué la chemise noire pour le complet veston, se présente comme le défenseur de l'ordre et des libertés contre les excès de l'extrême gauche et comme le rempart des institutions contre le communisme montant. À partir de 1970, les symboles fascistes disparaissent des Congrès du parti. En 1973, le M.S.I. fusionne avec une partie des monarchistes, prend le nom de M.S.I.-Droite nationale et propose aux forces modérées un pacte anticommuniste.

Cet effort vers la respectabilité ne suffit pas à sortir le parti de son isolement politique, mais il lui attire la sympathie de personnalités conservatrices, surtout dans les milieux militaires. Dans le même temps, cependant, Almirante joue sur le registre de la violence de rue. En ces années où se développent les terrorismes rouge et noir, son agressivité verbale encourage de petits groupes fascistes dissidents comme Ordine nuovo, Avanguardia nazionale, Squadre d'azione Mussolini, qui multiplient les agressions contre les militants de gauche. Il n'hésite pas non plus à souffler sur le feu de la révolte antiétatique de Reggio di Calabria en 1970. Jamais cependant sa responsabilité directe dans des actes terroristes n'a pu être prouvée. En obtenant en 1969 le ralliement d'Ordine nuovo et de son chef, P. Rauti, on peut même penser qu'il a empêché la dérive dans l'illégalité totale d'une partie de l'extrême droite. C'est en tout cas durant ces années que le M.S.I. réalise ses meilleurs scores électoraux. Le reflux à partir de 1976 rend en revanche plus difficile la poursuite de la double stratégie d'Almirante. La démission en décembre 1976 des modérés le laisse seul face aux extrémistes de Rauti. Désormais, à tous les congrès, les deux hommes s'affronteront, qui représentent deux conceptions différentes du néo-fascisme.

Almirante l'emporte toujours, y compris au congrès de Sorrente, en décembre 1987, où il réussit à faire élire à sa place son dauphin, Gianfranco Fini. Mais il laisse à son successeur un parti divisé, sans stratégie et en déclin électoral. Il meurt à Rome le 22 mai 1988.

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Geneviève BIBES, « ALMIRANTE GIORGIO - (1914-1988) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/giorgio-almirante/