GERGOVIE

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C'est à Gergovia, nom de la ville principale des Arvernes, que Vercingétorix et les troupes de la coalition gauloise repoussèrent les légions de Jules César au printemps de 52 avant J.-C., septième année de campagne de la Guerre des Gaules (César, Bellum Gallicum, VII, 34-53). Depuis la Renaissance, on identifie Gergovie à un vaste plateau basaltique de 70 ha, situé à quelques kilomètres au sud de Clermont-Ferrand (département du Puy-de-Dôme). Ce plateau domine le village qui portait le nom de Merdogne, troqué en 1865 contre celui de Gergovie (commune de La Roche-Blanche). Le nom antique a probablement été conservé, déformé, comme toponyme sur le flanc sud-est du plateau, mentionné dès le xe siècle (sous les formes Gergoia, Girgia, etc.). Malgré des doutes portant sur la localisation de Gergovie depuis les années 1930 (travaux de M. Busset et de P. Eychart sur le plateau des Côtes de Clermont), de nombreux arguments sont en faveur de l'identification traditionnelle.

Le plateau lui-même, qui présente toutes les caractéristiques d'un oppidum de la fin de l'Âge du fer, a fait l'objet de fouilles importantes à plusieurs reprises à l'époque moderne, notamment en 1861 (M. Boudet, C. Aucler), de 1934 à 1939 (O. Brogan, E. Desforges) et de 1941 à 1949 (J.-J. Hatt, M. Labrousse). Il en résulte une documentation archéologique abondante (analysée par V. Guichard et al., dans : Carte archéologique de la Gaule, Le Puy-de-Dôme, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 1994). Les vestiges de l'occupation antique, qui font suite à d'autres, plus anciens (du Néolithique au premier Âge du fer), se rapportent en quasi-totalité à la seconde moitié du ier siècle avant J.-C. Une fortification en pierres sèches précédée d'une terrasse artificielle, bien visible sur le bord méridional du plateau, remonte probablement à la même époque. Une porte s'y ouvre à l'ouest. Le plateau a été totalement déserté en l'espace de quelques années autour du changement d'ère (à l'exception d'une aire cultuelle formée de deux temples carrés, utilisée au moins jusqu'au iiie siècle après J.-C.), au profit de la nouvelle capitale gallo-romaine des Arvernes, Augustonemetum, située à l'emplacement de la ville moderne de Clermont.

L'occupation antique de Gergovie débute vers le milieu du ier siècle avant J.-C. ou peu avant. Cette « fondation » tardive peut être mise en relation avec l'abandon, vers la même époque, d'un autre oppidum, situé sur le proche plateau de Corent, qui a sans doute joué le rôle de centre politique des Arvernes dans la première partie du ier siècle avant J.-C. L'essentiel des vestiges dégagés à Gergovie se rapporte néanmoins au dernier tiers du ier siècle avant J.-C. L'architecture déjà romanisée (murs maçonnés, tuiles de couverture en terre cuite, sols en mortier de chaux avec incrustations décoratives, etc.) est sans doute comparable à celle mieux connue sur l'oppidum de Bibracte, capitale des Éduens, peuple voisin et rival des Arvernes. Les mobiliers archéologiques collectés sont très nombreux. Ils sont présentés pour partie sur place, à la Maison de Gergovie, pour partie à Clermont-Ferrand, au musée Bargoin.

Plusieurs campagnes ont également été consacrées à la recherche des vestiges des fortifications que César dit avoir installées au voisinage de l'oppidum : un premier camp dans la plaine, un « petit camp » d'approche situé sur une éminence, au bas des pentes du plateau, enfin une fortification linéaire reliant les deux camps, qu'il décrit comme un « fossé double ». Le théâtre de la bataille de Gergovie fut le deuxième site césarien exploré par le commandant Stoffel, en 1862, à la demande de Napoléon III, après celui de la bataille de l'Aisne et avant celui d'Alésia. Ces fouilles, dont on ne conserve comme souvenir que deux plans synthétiques (Histoire de Jules César, Paris : Plon, 1865-1866) et un bornage, sont réputées avoir localisé l'ensemble des fortifications : le grand camp (35 ha) sur la colline de la Serre (communes d'Orcet et de La Roche-Blanche), le petit camp (5 ha) sur la colline de La Roche Blanche. Ces recherches ont été validées par de nouveaux sondages effectués entre 1936 et 1939, malheureusement publiés de façon approximative (M. Gorce, César devant Gergovie, Paris/Tunis : Le Minaret, 1942). Enfin, de nouvelles [...]

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Écrit par :

  • : directeur de la recherche au Centre d'archéologie européen du Mont-Beuvray

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Pour citer l’article

Vincent GUICHARD, « GERGOVIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gergovie/