RUNDSTEDT GERD VON (1875-1953)

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Membre du grand état-major pendant la Première Guerre mondiale, Gerd von Rundstedt organise ensuite auprès du général von Seeckt la nouvelle armée allemande, la Reichswehr. Commandant de la région militaire de Berlin en 1932, puis du 1er groupe de régions militaires en 1936, il se retire de l'armée en septembre 1938, prétextant son âge (il a soixante-trois ans) ; mais en réalité parce que, militaire de vieille caste, il n'a que répulsion pour le nazisme.

Néanmoins, rappelé par Hitler en 1939, il accepte de reprendre du service et il est mis à la tête du groupe d'armées Sud pendant la campagne de Pologne. Il prend Varsovie, Cracovie et Lwow. Stratège de grande classe, il commande le groupe d'armées A en mai 1940 et perce à travers les Ardennes et la Meuse, assurant la victoire sur l'armée française. Promu feld-maréchal le 19 juillet 1940, il cherche à éviter la guerre sur deux fronts, mais n'est pas écouté par Hitler. En juin 1941, il commande le groupe d'armées Sud lors de l'attaque de l'U.R.S.S. et il s'empare de l'Ukraine (Kiev le 19 septembre) en faisant 600 000 prisonniers. Il fonce ensuite sur Kharkov, puis sur Rostov-sur-le-Don, aux portes du Caucase, qu'il prend le 21 novembre. Lorsque se produit la contre-attaque soviétique qu'il avait prévue, il doit évacuer Rostov et cherche à se rétablir sur le Mious, où il comptait précédemment fixer son front d'hiver. Hitler le sommant d'arrêter sa retraite, Rundstedt répond au Führer : « Annulez votre ordre ou trouvez un autre chef pour l'exécuter. » Il est immédiatement limogé et rentre en Allemagne. En mars 1942, il est de nouveau appelé pour assumer le commandement en chef à l'ouest de la « forteresse Europe », de la Norvège à la frontière espagnole. Le 6 juin 1944, il fait face au débarquement allié en Normandie, se soumettant avec une « résignation sarcastique » aux ordres du Führer. Il soutient le maréchal Rommel, qui réclame de nouvelles directives, et expose la situation critique de l'armée allemande, lors de l'entrevue des deux maréchaux avec Hitler, à Margival, le 17 juin 1944. Convoqué à Berchtesgaden le 28 juin, il est relevé de son commandement le 3 juillet.

Devant le désastre, Hitler le rappelle une nouvelle fois en septembre pour lui confier à nouveau le front ouest. Il reconstitue une armée avec les débris échappés aux pointes blindées des Alliés et bloque l'offensive aéroportée d'Arnhem. Chargé de diriger la contre-offensive de la dernière chance dans les Ardennes, comme en 1940, il la qualifie de folie, mais, sur ordre formel du Führer, il la prépare avec soin et l'exécute vigoureusement. Le 9 janvier 1945, enfin autorisé par Hitler à faire retraite, il parvient, par une manœuvre bientôt saluée comme un nouveau chef-d'œuvre par les experts militaires internationaux, à sortir toutes ses unités de la nasse tendue par les Alliés.

Par « apathie morale », ou simplement par respect de la discipline, et bien qu'il ait personnellement soutenu les défenseurs de plusieurs de ses camarades, il livre aux sbires de la Gestapo nombre d'officiers soupçonnés de participation à l'attentat du 20 juillet 1944. Fait prisonnier par les Anglais en mai 1945, il ne sera pas déféré comme « criminel de guerre » devant les tribunaux de Nuremberg. Il sera libéré en 1949 pour raisons de santé.

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André BRISSAUD, « RUNDSTEDT GERD VON - (1875-1953) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gerd-von-rundstedt/