MATHIEU GEORGES (1921-2012)

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Georges Mathieu est né en 1921 à Boulogne-sur-Mer, d'une famille de banquiers. Après des études de droit et de philosophie, il s'oriente vers les arts plastiques en 1942. En 1947, il expose au Salon des réalités nouvelles des toiles dont la texture est composée par des taches jaillies directement du tube (technique identique à celle du dripping de Pollock en 1943 et de Ernst en 1942) ou écrasées par le doigt du peintre.

À partir de 1950, ses œuvres sont exposées aux États-Unis et au Japon, mais sa consécration officielle n'aura lieu qu'en 1963, année de la grande rétrospective organisée par le musée d'Art moderne de la Ville de Paris et de la publication de son livre Au-delà du tachisme. Mathieu est considéré par une partie de la critique comme le chef de file de l'abstraction lyrique, mouvement qui se manifesta simultanément en France et aux États-Unis (action painting) dans les années 1950. La rapidité d'exécution et le rapport direct, presque physique, établi entre la main du peintre et la surface de la toile, sont les deux pôles de l'esthétique de l'artiste. C'est en public (comme Yves Klein) que l'acte « créateur » peut restituer, selon Mathieu, les valeurs spontanées que l'art occidental avait, semble-t-il, perdues. Hommage à Philippe III le Hardi (1952) et La Bataille de Bouvines (1954) furent exécutés devant une nombreuse assistance qui semblait satisfaire les exigences de l'artiste. Hommage à Guillaume Dufay (1970), idéogramme jaune et rouge, découpé sur un fond noir homogène, résume les tendances du peintre, car il incarne cette « calligraphie orientale » propre à Mathieu qui est à la fois œuvre et signature. D'autres œuvres montrent une orientation vers le monumental : projets de fontaines et de portes, grandes peintures exécutées pour l'exposition du Grand Palais à Paris, en 1978 ; sculpture intitulée Énergie (1982) décorant le complexe sportif de l'île du pont de Neuilly ; plafonds pour la mairie de Boulogne-Billancourt (1982-1985).

Cependant, la répétition presque incessante de stéréotypes (le procédé d'égouttage par exemple) et de formes inspirées par l'écriture orientale vont conduire le peintre à privilégier un style décoratif (affiches pour Air France, 1966 ; sigle d'Antenne 2, 1974 ; nouvelle pièce de dix francs, 1974 ; affiche pour le dix-septième Trophée Lancôme, 1981).

Georges Mathieu était membre de l'Académie des beaux-arts depuis 1975. Des rétrospectives de son œuvre ont été présentées au Grand Palais et au musée du Jeu de Paume à Paris (1978 et 2003), ainsi qu'à la Petite Écurie du château de Versailles (2006).

—  Charles SALA

Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

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TACHISME

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  • Pierre GEORGEL
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Bien que le terme de tachisme ne s'emploie pas encore couramment avec une valeur générale, il peut désigner l'ensemble des techniques artistiques qui utilisent des taches. En fait, ces techniques se divisent en deux catégories, correspondant aux deux acceptions principales du mot tache. Dans le premier cas, tache signifie à peu près touche : la couleur déposée par un coup de pinceau et formant une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tachisme/#i_15336

Pour citer l’article

Charles SALA, « MATHIEU GEORGES - (1921-2012) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-mathieu/