GENÊT À BALAIS

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Genêt de grande taille, le genêt à balais (Cytisus scoparius Link ou Sarothamnus scoparius Wimmer ; légumineuses), que la classification botanique actuelle associe aux cytises, doit figurer parmi les remèdes diurétiques de base de la pharmacopée indigène. Inconnu des Anciens (il ne croît pas en Grèce et manque dans la plus grande partie de la région méditerranéenne), longtemps confondu avec d'autres « genêts », il figure cependant chez quelques auteurs de la Renaissance avec l'essentiel de ses indications actuelles. Rambert Dodoens (1552), par exemple, conseille l'infusion de ses jeunes rameaux « pour faire passer les eaux et les urines des hydropiques ». En 1701, le maréchal de Saxe fut débarrassé d'une hydropisie rebelle à tout traitement en prenant le vin de cendres de genêt que Mme Fouquet, mère du surintendant des Finances de Louis XIV, avait formulé en 1678 dans son Recueil de remèdes faciles et domestiques. Depuis 1852, année où furent découverts ses deux principes actifs les plus importants, le genêt à balais a été l'objet de nombreuses analyses et expérimentations.

Un hétéroside, la scoparine (ou scoparoside), matière colorante jaune présente seulement dans les fleurs, plusieurs alcaloïdes, le plus important étant la spartéine (qu'on retrouve chez le spartier), et de l'huile essentielle en faible quantité sont à l'origine des propriétés multiples du genêt à balais. La spartéine est tonicardiaque ; elle exerce une action légèrement curarisante sur les terminaisons des nerfs moteurs et paralysante sur le système nerveux central. Elle stimule les centres respiratoires et atténue la sensibilité à la douleur, ce qui a permis de l'employer comme adjuvant dans l'anesthésie générale. Elle a comme la scoparine une action diurétique. On attribue à des amines le pouvoir hypertenseur et vaso-constricteur de la plante, analogue à celui de l'adrénaline.

Dans la pratique, le genêt s'administre en diurétique dans les hydropisies (par rétention chlorurée), l'arthrite, la goutte, la néphrite, la lithiase urinaire, l'hépatite chronique. Plante particulièrement utile dans les affections aiguës de l'appareil respiratoire (pneumonie, broncho-pneumonie, pleurésie, bronchite aiguë), la grippe, les fièvres éruptives accompagnées d'oligurie avec rétention des chlorures et de l'urée. On emploie la décoction des jeunes rameaux fleuris (récoltés avant la montée en gousses : les graines sont toxiques) : de 25 à 60 grammes par litre d'eau ; trois ou quatre tasses par jour ; ou l'infusion des fleurs : 25 grammes par litre d'eau. Le « vin de cendres de genêt » des empiriques est obtenu en brûlant les jeunes rameaux à peine secs sur une surface propre ; faire macérer 50 grammes de leurs cendres tamisées dans 1 litre de vin blanc pendant vingt-quatre heures ; filtrer ; et prendre quatre ou cinq petits verres par jour.

Antihémorragique, le genêt (extrait fluide, de préférence) sert à traiter les hémorragies utérines, les saignements de nez, les hémorragies dentaires.

La spartéine paraît anti-infectieuse. Elle a une action protectrice contre les toxines diphtériques et tétaniques. On a prouvé récemment ses remarquables propriétés antivenimeuses, mises à profit depuis longtemps, de façon empirique, en Auvergne : la poudre de feuilles de genêt à balais immunise les rats contre une fois et demie la dose létale de venin de cobra (L. Binet). Cette plante peut servir en premier secours contre les morsures de vipères : décoction concentrée en usage interne ; cataplasme ou, mieux, suc de jeunes rameaux broyés en usage externe.

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Pierre LIEUTAGHI, « GENÊT À BALAIS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/genet-a-balais/