KILDALL GARY (1942-1994)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Ingénieur informaticien américain, Gary Arlen Kildall est entré dans l'histoire de l'informatique pour avoir été un des premiers à considérer les systèmes électroniques à microprocesseur comme de véritables ordinateurs, pour avoir conçu CP/M (control program/monitor, programme de contrôle/moniteur), le premier système d'exploitation réellement opérationnel pour micro-ordinateur, et pour avoir créé en 1974 la première société informatique exploitant ce marché jusqu'alors ignoré, la Digital Research Incorporated (D.R.I.).

Né à Seattle le 19 mai 1942, Gary Kildall est diplômé de l'université Washington de cette même ville et termine son doctorat en informatique en 1972. À la même époque, il se procure le premier microprocesseur du marché, un Intel 4004, et écrit ses premiers programmes. Afin de consolider ses connaissances, il n'hésite pas à travailler pour la société Intel sur son temps libre. Il conçoit en 1973 le premier langage de programmation pour micro-ordinateur, PL/M (programming language/monitor), et développe simultanément l'environnement informatique nécessaire à l'exploitation des lecteurs de disquettes créés par son collègue Alan Shugart. Cette même année, Intel prête à Gary Kildall des cartes électroniques à base de processeurs 8008 et 8080, qu'il exploite pour créer CP/M, le premier système d'exploitation réunissant tous les modules informatiques permettant de faire fonctionner un micro-ordinateur en contrôlant de manière coordonnée tous ses composants électroniques, en particulier ses disques de stockage. C'est d'ailleurs pour cela que le premier système d'exploitation a pris le nom de système d'exploitation de disques (disk operating system ou DOS).

CP/M est le premier système d'exploitation créé spécifiquement pour les processeurs 8 bits 8080/85, permettant d'accéder à une mémoire de 64 kilo-octets. Il sera très utilisé de 1972 à 1985, avec plus de 250 000 exemplaires vendus. Ce système d'exploitation dispose de toutes les fonctionnalités que l'on retrouve dans les ordinateurs modernes, comme le multitraitement préemptif (possibilité d'exécuter simultanément plusieurs programmes), le BIOS (basic input output system, protocole standard et ouvert d'accès aux périphériques) ou le système de fichiers. Il présente également l'immense avantage sur ses concurrents de réduire le temps nécessaire à l'installation d'une nouvelle application dans l'ordinateur. Adapté aux machines 16 bits en 1980 sous le nom de CP/M86, le CP/M connaîtra un grand succès.

Le début des années 1980 est également marqué par la commercialisation de l'I.B.M. PC, un ordinateur personnel décrié par les propres dirigeants de la société I.B.M., qui ont décidé d'acheter un système d'exploitation existant, plutôt que de le développer en interne. C'est donc naturellement qu'I.B.M. approche D.R.I., la société de Gary Kildall. La rencontre entre Gary et Dorothy Kildall (sa femme avocate) et les représentants d'I.B.M. appartient également à l'histoire de l'informatique : elle transforme à jamais l'ingénieur Kildall en celui qui manqua l'opportunité de signer le « contrat du siècle ». Même si les versions divergent, en refusant de signer le contrat proposé par I.B.M. et ses exigeantes clauses de non-divulgation, Gary Kildall a offert à son rival Bill Gates, informaticien fondateur de la société Microsoft, l'opportunité extraordinaire d'équiper la majorité des ordinateurs personnels de cette époque avec MS-DOS (Microsoft disk operating system). C'est cette démarche commerciale qui a été à l'origine du fulgurant succès de Microsoft et de la fortune de son P.-D.G. Ce succès aurait pu, aurait dû être celui de Gary Kildall si ce dernier avait également eu le génie commercial de son concurrent.

Au terme d'une intense bataille juridique et financière, émaillée d'accusations de plagiat à l'encontre de Microsoft, MS-DOS a finalement raison de CP/M et assume sa suprématie auprès du grand public. Gary Kildall se tourne alors vers des projets plus expérimentaux (chaîne de télévision pédagogique, encyclopédie informatique, ancêtre de la téléphonie mobile, interface utilisateur graphique GEM – graphical environment manager – jusqu'à ce que la société D.R.I. soit finalement rachetée par la société Novell en 1991.

Présenté par ses amis comme quelqu'un de créatif, ayant goût pour l'aventure, la mer et les engins mécaniques, Gary Kildall ne s [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  KILDALL GARY (1942-1994)  » est également traité dans :

SYSTÈMES D'EXPLOITATION - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Pierre MOUNIER-KUHN
  •  • 759 mots

1961 Compatible time sharing system (CTSS), système d'exploitation développé au Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.) sur l'ordinateur I.B.M. 7090 pour que plusieurs étudiants puissent utiliser simultanément l'ordinateur. 1961 La firme britannique Ferranti et l'université de Manchester développent un système d'exploitation à mémoire virtuelle pour le super-ordinateur scientifique Atlas […] Lire la suite

Pour citer l’article

François PÊCHEUX, « KILDALL GARY - (1942-1994) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gary-kildall/