FRANÇOIS (1936- ), pape (2013- )

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Élection au Saint-Siège

Lors du conclave de mars 2013, Jorge Mario Bergoglio est élu au cinquième tour de scrutin. Il choisit le nom de François, en l'honneur de deux saints : François d'Assise, l'inspirateur de l'ordre des Franciscains, héraut d'une vie humble au service des pauvres, et François Xavier, un des fondateurs de la Compagnie de Jésus. Bien qu'il soit le premier pape à choisir le nom de François et que la plupart des représentants des médias l'aient aussitôt appelé « François Ier », il refuse d'utiliser le chiffre romain pour indiquer qu'il est le premier à régner sous ce nom. En effet, traditionnellement, l'adjectif ordinal « premier » venait s'ajouter au nom d'un pape si et seulement si un successeur avait choisi de régner sous le même nom, le cas de Jean-Paul Ier ayant fait pour la première fois exception à la règle en 1978.

Le pape François prend la tête d'une Église catholique à la croisée des chemins. Au début du xxie siècle, les catholiques romains rassemblent plus d'un sixième de la population mondiale, et se concentrent majoritairement en Amérique latine et en Afrique. Le statut de l'Église est cependant ébranlé, notamment aux États-Unis et en Europe, par divers scandales, en particulier par des affaires de pédophilie qui ont commencé à être mises au jour dans les années 1980 et 1990. Dès ses premières allocutions, et notamment lors de sa première messe publique, le pape François appelle son Église à un renouveau spirituel et à une attention accrue aux pauvres, et condamne fermement les forces qui la détournent de son ministère et menacent de la réduire à une « aimable O.N.G. ». Il tend également la main à ses adversaires politiques, en particulier à Cristina Fernández de Kirchner, invitée à assister à son premier discours officiel. Il s'attire cependant les foudres de certains traditionalistes, apparaissant à cette occasion revêtu d'une simple chasuble au lieu d'une tenue plus protocolaire. Peu après, le jeudi de la semaine de Pâques, il déclenche encore leur fureur, lorsqu'il lave les pieds de deux jeunes femmes, dont une musulmane, dans une prison pour mineurs, reproduisant ainsi la scène où Jésus lave les pieds de ses apôtres. Dans la tradition catholique, les femmes étaient en effet exclues de cette cérémonie, car les apôtres étaient tous des hommes. Peu après, le pape François prend l'initiative, une nouvelle fois sans précédent, de créer un conseil de huit cardinaux chargés de le conseiller sur la politique de l'Église.

Le pape François

Photographie : Le pape François

Le pape François, à peine élu le 13 mars 2013, célèbre le jeudi saint dans une prison pour mineurs près de Rome, où il procède au rituel du lavement des pieds des détenus (dont deux jeunes filles). Ce geste, sans précédent, marque la volonté du nouveau souverain pontife de se mettre... 

Crédits : L'Osservatore Romano/ Corbis

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La simplicité qu’il tient à afficher frappe autant les observateurs que les initiatives qui marquent le début de son pontificat. Sans qu’il soit question de bouleverser les positions traditionnelles du catholicisme, sa volonté de promouvoir la collégialité est manifeste, ainsi que son intention d’aborder de front certains points controversés de la doctrine ou de la vie de l’Église : création en décembre 2014 d’un groupe de travail sur la pédophilie dans l’Église ; institution d’un Conseil des cardinaux pour l’aider dans le gouvernement de l’Église ; réunion, en février 2015, d’un consistoire extraordinaire consacré à la réforme de la Curie… La convocation en octobre 2014 de la IIIe Assemblée générale extraordinaire du synode des évêques sur la famille, dont les travaux sont complétés par le synode ordinaire d’octobre 2015, frappe les esprits parce qu’elle ouvre le débat sur des sujets sensibles (couples divorcés, homosexualité…), considérés comme gelés depuis des décennies et source d’incompréhension, aussi bien entre l’Église et la société contemporaine, qu’entre la hiérarchie et les fidèles. Dans l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Lætitia (« La joie de l'amour »), publiée en avril 2016, le pape François infléchit sensiblement la position de Rome sur la question de la communion des divorcés remariés. D’une manière générale, et en particulier sur cette dernière question, le pape se garde de toucher à la doctrine. Il en propose, en concertation avec l’épiscopat, une lecture certes renouvelée et explicitement ouverte et charitable, mais profondément ancrée dans ce que la tradition canonique a de meilleur. L’appel à l’examen de la situation réelle des divorcés, des circonstances de la séparation, de ce qui a été fait pour préserver le couple ou l’équilibre des enfants s’oppose finalement à deux courants « légalistes » concurrents : ceux qui vo [...]

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Matt STEFON, « FRANÇOIS (1936- ), pape (2013- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/francois/