BOSIO FRANÇOIS-JOSEPH (1768-1845)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Sculpteur français. Né à Monaco, François-Joseph Bosio, certainement le sculpteur le plus en vue de l'Empire et de la Restauration, se forma seul, en marge des écoles ; il passa quelque temps à Paris dans l'atelier de Pajou, puis de nombreuses années en Italie où l'on pense qu'il rencontra Canova. Sa production italienne, qui fut abondante et consista surtout en œuvres religieuses, n'est pas bien connue. Se fixant en France en 1807, mais restant en rapport avec les sculpteurs italiens les plus remarqués de l'époque, Bartolini entre autres, Bosio connut déjà un très grand succès sous l'Empire. Pendant la Restauration, il devint Premier sculpteur du roi et fut fait baron. Académicien et professeur à l'École des beaux-arts en 1816, portraitiste recherché, il reçut de nombreuses commandes officielles et exposa régulièrement aux Salons.

Bosio est en France l'un des représentants les plus doués et les plus originaux de l'esthétique néo-classique, au moins dans les modes tendres et suaves qu'elle mit à la mode autour de 1800. Les statues à thèmes mythologiques qu'il exposa aux Salons, Hyacinthe, La Nymphe Salmacis (Louvre), ou celles à thèmes modernes, La Jeune Indienne (musée Calvet, Avignon), expriment le moment du néo-classicisme où les formes semblent perdre leur matérialité pour ne plus suggérer que l'idée ou le symbole évoqués, à des degrés divers, par le sujet. Bosio sut, mieux que d'autres, préserver ses œuvres de la fadeur des effets et de l'expression affectée que l'on rencontre souvent dans la sculpture néo-classique de son époque. Ayant étudié attentivement la nature, il fut un portraitiste de grand talent, peut-être le plus habile de sa génération, autant dans les grands portraits en pied, Duc d'Enghien, Marie-Amélie (musée du château, Versailles) et les bustes, que dans les portraits « historiques » rétrospectifs : son Henri IV enfant (Louvre) connut une grande popularité à l'époque romantique. Sous les divers régimes, Bosio reçut une importante part des commandes pour Paris : le Quadrige de l'arc de triomphe du Carrousel, le Monument de Malesherbes (palais de Justice), le Monument à Louis XVI (Chapelle expiatoire), la nouvelle statue de Louis XIV pour la place des Victoires.

—  Jacques de CASO

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Californie, Berkeley (États-Unis)

Classification


Autres références

«  BOSIO FRANÇOIS-JOSEPH (1768-1845)  » est également traité dans :

NÉO-CLASSICISME, arts

  • Écrit par 
  • Mario PRAZ, 
  • Daniel RABREAU
  •  • 8 099 mots
  •  • 12 médias

Dans le chapitre « Piranèse et l'influence d'Herculanum »  : […] Si, selon la critique moderne, les fondements du néo-classicisme se trouvent dans les phénomènes que l'on vient d'esquisser, il faut reconnaître aussi l'importance de facteurs auxquels on attribuait autrefois la paternité du style néo-classique, notamment les fouilles d'Herculanum entreprises en 1748 par Charles III de Bourbon, roi de Naples, dont les résultats furent publiés dans les huit magnif […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/neo-classicisme-arts/#i_23571

Pour citer l’article

Jacques de CASO, « BOSIO FRANÇOIS-JOSEPH - (1768-1845) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-joseph-bosio/