DAVID FÉLICIEN CÉSAR (1810-1876)

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C'est d'un long séjour au Proche-Orient (Turquie, Palestine, Syrie, Égypte, 1833-1835), entrepris sous le coup de son enthousiasme pour la doctrine saint-simonienne, que Félicien David tient ce qui fait l'essentiel de son mérite : l'exotisme. C'était nouveau (encore que tout le xviiie siècle en offrît déjà des traces légères), mais c'était surtout opportun. Cet orientalisme plaqué sur une parfaite orthodoxie tonale et coupé de barres de mesures peut aujourd'hui nous faire sourire ; il parut audacieux et séduisit les contemporains des Orientales de Victor Hugo et des tableaux de Delacroix. Les Mélodies orientales (1836), les premières pièces pour piano (Une promenade sur le Nil, Vieux Caire, Égyptienne, Le Harem, entre autres) sont encore quelque peu maladroites ; celles de la deuxième série (Brise d'Orient, Le Minaret, 1845) sont plus assurées. Mais c'est Le Désert (1844), « ode symphonique », qui obtint le succès le plus décisif : la « caravane », le « chant du muezzin », la « fantasia », la « nuit orientale » envoûtèrent les imaginations et charmèrent les oreilles. Christophe Colomb fut une réussite, mais d'autres tentatives (Moïse au Sinaï, L'Éden, La Perle du Brésil, Le Saphir et Lalla-Roukl) n'eurent que des succès médiocres.

Sans rien changer lui-même à la structure du langage musical, la tentative exotique de David peut bien avoir préparé les esprits à d'autres nouveautés : aurait-on écouté à la fin du siècle la Russie et l'Espagne avec les mêmes oreilles, si l'on n'avait eu d'abord cette timide mais enthousiaste initiation ?

—  Philippe BEAUSSANT

Écrit par :

  • : directeur de l'Institut de musique et danse anciennes de l'Île-de-France, conseiller artistique du Centre de musique baroque de Versailles

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ORIENTALISME, art et littérature

  • Écrit par 
  • Daniel-Henri PAGEAUX, 
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Dans le chapitre « Rêves et mythes »  : […] Si le « retour de voyage », dans ce recours systématique à la description ou à l'emprunt, est devenu au cours du siècle une sorte de style, il a, comme toute mode, fini par lasser. L'essoufflement est très tôt perceptible en peinture, où les tenants du réalisme, attachés aux campagnes françaises et aux sous-bois de Barbizon, conjurent les effets jugés clinquants de l'exotisme. Le critique Castagn […] Lire la suite

Pour citer l’article

Philippe BEAUSSANT, « DAVID FÉLICIEN CÉSAR - (1810-1876) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/felicien-cesar-david/