FASSBINDER (FONDATION)

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La gloire cinématographique est éphémère : il faut sans cesse nourrir l'attention d'une cinéphilie souvent volage, et le répertoire est trop souvent absent des programmes. Ainsi de Rainer Werner Fassbinder, figure emblématique du cinéma d'auteur s'il en est, décédé en 1982 à l'âge de trente-sept ans. Il n'était plus en France qu'une référence lointaine, malgré quelques efforts de la chaîne Arte, et quelques reprises en salles contrariées par l'usure des copies. L'hommage vibrant que lui a rendu François Ozon, le seul cinéaste français qui se soit attaché à l'étudier, représente à ce titre un acte isolé. Mais depuis lors, l'œuvre a pu enfin échapper à cette sorte d'oubli et à la référence abstraite.

La fondation Fassbinder, qui a pris en charge la succession du cinéaste et qui est devenue pleinement opérationnelle depuis la rétrospective qu'elle organisa en 1992 à Berlin, est la cheville ouvrière de ce regain d'intérêt. Elle a rendu accessibles de nombreux documents, restauré les copies de films et téléfilms, refait les sous-titres en langue étrangère, mis en circulation quelques films inédits en salles. Un distributeur indépendant, Carlotta Films, a pu ainsi acquérir pour la France les droits de seize titres qui circulent sur le grand écran, et commencer une édition en DVD, avec courts-métrages, documentaires, et un téléfilm que l'on croyait détruit.

D'avril à juin 2005, le Centre Georges-Pompidou a présenté une rétrospective accompagnée de la publication de l'ouvrage de référence qui manquait sur le marché éditorial français. Publiée par le Centre, qui renoue ainsi avec une saine tradition éditoriale alliant documentation minutieuse et qualité des textes, la superbe somme de Thomas Elsaesser, R. W. Fassbinder, un cinéaste d'Allemagne, traduite de l'édition allemande remaniée par l'auteur pour l'occasion, comporte également une filmographie et une bibliographie détaillées.

Il manquait à la rétrospective une pièce majeure, Berlin Alexanderplatz, d'après le roman d'Alfred Döblin. La fondation travaillait à une re [...]

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Daniel SAUVAGET, « FASSBINDER (FONDATION) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/fassbinder-fondation/