ÉVRY-COURCOURONNES

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Préfecture et chef-lieu du département de l’Essonne, Évry-Courcouronnes est née le 1er janvier 2019 de la fusion entre les villes d’Évry et de Courcouronnes. La population cumulée des deux entités était de 67 000 habitants en 2018. La commune d’Évry, avec les communes voisines de Bondoufle, Courcouronnes et Lisses, sur une superficie de 3 000 hectares seulement, a bénéficié du statut de ville nouvelle de 1965 à 2000.

Ile-de-France : carte administrative

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Carte administrative de la région Ile-de-France. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le territoire de la ville nouvelle comportait relativement peu de vestiges, car il s'agissait d'un espace entièrement rural consacré à la grande culture (plateau de Brie). L'ancienne commune d'Évry-Petit-Bourg, en bordure de Seine, est le seul secteur comportant quelques souvenirs historiques, notamment l'invention du chemin de fer industriel Decauville et quelques châteaux, dont celui de Petit-Bourg qui a appartenu à Mme de Montespan.

Évry est la seule ville nouvelle dont les projets d'urbanisme d'origine se sont réalisés sans grands changements. Cela est dû notamment à la précocité du démarrage des travaux, qui a permis d'éviter les vicissitudes de la crise économique à partir de 1975. D'ailleurs, le centre d'Évry, l'Agora, a été inauguré dès mars 1975.

L'Agora constitue le type même du centre urbain fonctionnaliste : les circulations automobile et piétonne sont complètement séparées et le zonage des fonctions exclut la résidence. S'y ajoute une conception très à la mode au début des années 1970, l'intégration poussée à l'extrême des équipements et services : sont ainsi concentrés sur un espace restreint, voire dans un même bâtiment, la médiathèque, la crèche et le théâtre et, à proximité, la salle de sport et de spectacle des Arènes, la piscine et les cinémas. L'objectif était de favoriser l'animation urbaine naissante en multipliant les possibilités de rencontre et de brassage de la population. Cette conception a même été étendue au centre commercial Évry 2 (construit en 2003), dont le côté est s'ouvre sur la place couverte de l'Agora. Aujourd'hui, les contraintes de sécurité ont conduit à renoncer à cet idéal et les accès aux différents équipements sont plus contrôlés.

À l'est de l'Agora et inaugurée au même moment, la cité administrative, comprenant la préfecture de l'Essonne, le conseil général, le palais de justice et l'hôtel de police, présente une physionomie très différente : les mots d'ordre sont ici rigueur, sobriété et calme.

Le centre-ville se prolonge vers le sud de l'Agora sous la forme de deux ensembles : le premier (quartier des Passagers), réalisé dans les années 1980, marque la transition avec le postmodernisme, par l'abandon progressif de l'urbanisme de dalle ; le second, autour de la place des Droits de l'Homme reflète la conception des années 1990 d'un retour à la voirie traditionnelle ; on y trouve la nouvelle mairie d'Évry, la chambre de commerce de l'Essonne, la cathédrale futuriste due à l'architecte Mario Botta (1995), et l'université d'Évry-Val d'Essonne.

En dehors du centre, l'aménagement a consisté à lancer quatre quartiers linéaires en direction des zones périphériques afin de structurer le développement anarchique des années 1960 : c'est l'X d'Évry, dont seulement trois branches ont été réalisées, les Pyramides au nord, les Épinettes au sud-est et le Canal à l'ouest. L'habitat y est quasi exclusivement collectif. Le cœur des branches est constitué par un chemin piétonnier et une voie de transport en commun en site propre, caractéristique de la ville nouvelle. Entre les branches de l'X ont été créés de toutes pièces trois parcs urbains. À l'est de la RN 7, dans Évry-Village, l'habitat individuel a été complété par des quartiers d'habitat collectif, sur le même modèle urbanistique que les branches de l'X, notamment avec de nombreux équipements et services de proximité.

Au sud-ouest de l'autoroute A6, les trois autres communes de la ville nouvelle, Bondoufle, Courcouronnes et Lisses, présentent un aspect très différent : y dominent habitat individuel, petits immeubles collectifs et espaces verts, programmes réalisés entre 1970 et 1995.

Entre ces quartiers et le centre d'Évry, se succèdent des zones d'activités (la Marinière, Bois de l'Épine, St-Guénault, le Bois Briard ou le Bois Chaland) dans lesquelles divers types d'entreprises se sont implantés, notamment les activités de pointe qui font la renommée nationale et internationale de la ville nouvelle : le Centre national d'études spatiales (CNES) et Arianespace, et le Genopole (1995) spécialisé dans l'étude du génome humain et des maladies génétiques.

Évry-ville nouvelle devient, en 2001, une communauté d'agglomération (rejointe par Ris-Orangis puis Villabé), nommée à partir de 2003 Évry-Centre-Essonne. Cette structure fusionne en 2015 avec d’autres institutions locales pour former la communauté d’agglomération Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart. Le renouvellement de la ville sur elle-même est déjà bien amorcé : les boulevards de ceinture du centre-ville sont colonisés par des commerces et services en pied d'immeuble, le quartier des Pyramides est en cours de réhabilitation, etc. Malgré les difficultés, l'insécurité et d'autres problèmes sociaux, Évry a pris entièrement sa place de pôle périphérique francilien et elle rayonne sur une grande partie du sud de la région capitale. Sa fusion avec Courcouronnes en 2018 pour former la commune nouvelle d’Évry-Courcouronnes renforce cette dynamique.

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Jean STEINBERG, « ÉVRY-COURCOURONNES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/evry-courcouronnes/