ASHFORD EVELYN (1957- )

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Athlète américaine spécialiste du sprint, Evelyn Ashford remporta le 100 mètres aux jeux Olympiques de Los Angeles en 1984 et ajouta trois médailles d'or olympiques dans le relais 4 fois 100 mètres. Cet exceptionnel palmarès aurait pu être encore plus fourni, car elle fut privée des Jeux de Moscou en 1980 par le boycottage américain et dut affronter des rivales, les Allemandes de l'Est ou sa compatriote Florence Griffith-Joyner, dont les méthodes de préparation sont sujettes à caution.

Evelyn Ashford, fille de militaire, est née le 15 avril 1957 à Shreveport (Louisiane). Aînée d'une famille de cinq enfants, elle montre de jolies dispositions pour la course à pied. Repérée lors d'une manifestation athlétique à Sacramento, cette jeune fille de dix-sept ans se prépare dès lors sous la houlette d'Olga Connolly et gagne sa sélection pour les jeux Olympiques de Montréal, en 1976, où elle se classe cinquième du 100 mètres remporté par l'Allemande de l'Ouest Annegret Richter. En 1979, elle réalise ses premiers exploits : elle court le 100 mètres en moins de 11 secondes (10,97 s) ; surtout, lors de la Coupe du monde des nations à Montréal, elle bat les deux stars est-allemandes de l'athlétisme, Marlies Göhr sur 100 mètres (11,06 s) et Marita Koch sur 200 mètres (21,83 s). Ces performances font d'elle la première Américaine à courir le 100 mètres en moins de 11 secondes et le 200 mètres en moins de 22 secondes, la placent en favorite pour les jeux Olympiques de Moscou en 1980 et lui ouvrent les portes de l'université : elle bénéficie d'une bourse et intègre l'université de Californie à Los Angeles (U.C.L.A.).

Mais les ambitions olympiques d'Evelyn Ashford – qui, à vingt-trois ans, se trouve au sommet de sa forme – sont brisées par le boycottage des Jeux de Moscou décrété par le président Jimmy Carter. Olga Connolly la persuade de ne pas se décourager, et la jeune femme reprend le chemin de l'entraînement, réalise de belles performances, remporte les 100 et 200 mètres lors de la Coupe du monde des nations en 1981. Le travail continue de porter ses fruits : le 3 juillet 1983, à Colorado Springs, elle court le 100 mètres en 10,79 s, améliorant de 0,02 s le record du monde établi un mois plus tôt par Marlies Göhr. À l'occasion des premiers Championnats du monde d'athlétisme, organisés à Helsinki en 1983, le 100 mètres féminin constitue l'une des épreuves les plus attendues, car chacun se délecte à l'avance du duel opposant Evelyn Ashford à Marlies Göhr. Mais, une nouvelle fois, le sort se montre cruel pour l'Américaine : victime d'un claquage, elle abandonne lors de la finale, laissant la voie libre à sa rivale ; en outre, cette blessure nécessitera de longs mois de soins, ce qui pourrait la priver des jeux Olympiques de Los Angeles, objet depuis quatre ans de toutes ses ambitions.

Evelyn Ashford s'arme encore de patience, se soigne, reprend progressivement l'entraînement et retrouve son niveau. Mais, une fois de plus, le duel Ashford-Göhr n'aura pas lieu : le Kremlin a décidé que l'U.R.S.S. boycotterait les Jeux de Los Angeles, et les champions des pays satellites de l'Union soviétique, dont la R.D.A., ne se rendront pas en Californie. À Los Angeles, Evelyn Ashford remporte le 100 mètres (10,97 s) et obtient une seconde médaille d'or dans le relais 4 fois 100 mètres. Néanmoins, ses triomphes n'ont pas le goût de l'absolu, car la question de la suprématie sur le sprint féminin demeure en suspens : Evelyn Ashford apporte aux sceptiques la plus belle des réponses peu après les Jeux, en améliorant, le 22 août 1984 à Zurich, son propre record du monde du 100 mètres (10,76 s).

Apaisée, elle peut construire sa vie de femme : mariée depuis 1980 au basketteur Ray Washington, elle donne naissance à une fille en 1985. Le goût de la compétition ne s'est pas évanoui pour autant : elle décide de reprendre l'entraînement afin de préparer les jeux Olympiques de Séoul en 1988. Elle retrouve sa forme d'antan, mais doit subir l'implacable loi de sa compatriote Florence Griffith-Joyner, qu'elle dominait naguère sans difficulté mais dont la musculature a gonflé : celle-ci lui ravit le record du monde du 100 mètres en juillet 1988, réalisant une performance hallucinante (10,49 s), puis remporte le 100 mètres à Séoul (10,54 s), alors que, réduite au rôle de figurante, Evelyn Ashford obtient la médaille d'argent (10,83 s). Néanmoins, à Séoul, elle s'adjuge la médaille d'or dans le relais 4 fois 100 mètres.

À trente et un ans, l'heure de la retraite sportive semble arrivée pour Evelyn Ashford. Pourtant, elle ne se résout pas à abandonner définitivement les pistes en Tartan et tente de gagner sa sélection dans l'équipe des États-Unis pour les Jeux de Barcelone, en 1992. Elle y parvient, mais, en Catalogne, elle ne réussit pas à se qualifier pour la finale du 100 mètres. Elle peut néanmoins quitter la scène olympique la tête haute à trente-cinq ans car, avec ses camarades Esther Jones, Carlette Guidry et Gwen Torrence, elle remporte le relais 4 fois 100 mètres, s'adjugeant la médaille d'or pour la troisième fois consécutivement dans cette épreuve, ce qui constitue un exploit unique.

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « ASHFORD EVELYN (1957- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/evelyn-ashford/