KOCH MARITA (1957- )

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L'athlète est-allemande Marita Koch devrait être considérée comme la plus brillante spécialiste du sprint long – surtout du 400 mètres, mais aussi du 200 mètres – de tous les temps. Elle a en effet battu seize records du monde en plein air et quatorze records du monde en salle. Le record du monde du 400 mètres qu'elle a établi en 1985 (47,60 s) n'a été approché par personne depuis lors. Championne éclectique, Marita Koch brillait également dans les courses de très courte distance (50 et 60 m), en salle, dominant fréquemment sa rivale Marlies Göhr. Malheureusement, l'usage du dopage dans la R.D.A. des années 1970 et 1980, avéré depuis la chute du Mur de Berlin, jette une ombre sur la carrière de cette championne qui semblait exemplaire.

Marita Koch est née le 18 février 1957 à Wismar, en R.D.A. Enfant tonique, elle pratique plusieurs sports, dont le patinage à roulettes, sans songer à faire carrière. Mais Wolfgang Meier, un ingénieur maritime austère reconverti en entraîneur d'athlétisme, la repère et pense pouvoir faire une championne de cette adolescente âgée de quatorze ans qui ne se distingue pourtant en rien de la masse des participantes contraintes aux Spartakiades de quartier, si ce n'est par l'ambition, la persévérance et aussi une certaine « docilité » qui fait qu'elle se soumet sans broncher à d'intenses séances d'entraînement. Avec Meier, elle travaille sa résistance, alors que Horst-Dieter Hille, l'entraîneur de la sprinteuse Marlies Göhr, s'attache à améliorer sa vélocité.

Athlète et étudiante aux horaires aménagés à Rostock, Marita Koch progresse, mais elle se blesse peu avant les jeux Olympiques de Montréal en 1976 et est contrainte de déclarer forfait alors qu'elle pouvait nourrir des espoirs de médaille. L'année suivante, elle bat son premier record du monde en salle, courant le 400 mètres en 51,80 secondes. Mais c'est en 1978 que Marita Koch « explose » vraiment. Cette année-là, elle bat le record du monde du 200 mètres (22,06 s) et améliore trois fois le record du monde du 400 mètres, devenant, le 31 août à l'occasion des Championnats d'Europe de Prague, la première femme à courir la distance en moins de 49 secondes (48,94 s). L'année suivante, elle « casse » une autre barrière : le 11 juin 1979, à Karl-Marx-Stadt (aujourd'hui Chemnitz), elle court le 200 mètres en moins de 22 secondes (21,79 s).

En 1980, aux jeux Olympiques de Moscou, elle remporte le 400 mètres (48,88 s) et obtient la médaille d'argent dans le relais 4 fois 400 mètres avec l'équipe de la R.D.A. En 1982, aux Championnats d'Europe d'Athènes, Marita Koch, au sommet de son art, gagne le 400 mètres et le relais 4 fois 400 mètres en battant à chaque fois le record du monde (48,16 s et 3 min 19,05 s). À l'occasion des premiers Championnats du monde d'athlétisme, à Helsinki en 1983, elle s'adjuge trois médailles d'or (200 m, relais 4 fois 100 m et 4 fois 400 m) et une médaille d'argent (100 m, devancée par Marlies Göhr). Mais, alors qu'elle a choisi de ne pas disputer le 400 mètres car elle estime n'avoir rien à prouver sur cette distance tant sa supériorité semble manifeste et a donc préféré relever d'autres défis, l'irruption sur le devant de la scène de Jarmila Kratochvilova, une Tchécoslovaque au physique ingrat et à la musculature imposante âgée de trente-deux ans déjà, sonne comme un coup de tonnerre : celle-ci gagne le 400 mètres en battant le record du monde (47,99 s). Marita Koch, jeune femme au joli visage et bien proportionnée, accuse sans broncher ce rude coup – casser la barrière des 48 secondes sur la distance était son prochain objectif. De plus, une nouvelle frustration l'attend : le Kremlin décide que l'U.R.S.S. boycottera les jeux Olympiques de Los Angeles en 1984, et les « pays frères » sont contraints de suivre le mouvement. Marita Koch se voit, comme en 1976 mais pour d'autres raisons, privée du rendez-vous olympique.

Mue par un désir de revanche et de performance absolue, elle met fin à cette période de contrariétés le 5 octobre 1985 à Canberra, à l'occasion de la Coupe du monde : elle remporte le 400 mètres en 47,60 s, établissant un record du monde hors norme qui ne sera pas approché pendant plusieurs décennies.

En 1986, aux Championnats d'Europe de Stuttgart, elle gagne une nouvelle fois le 400 mètres (48,22 s) et le relais 4 fois 400 mètres. Mais elle souffre de douleurs de plus en plus vives aux tendons et, au début de 1987, elle met un terme à sa carrière sportive.

Peu [...]

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « KOCH MARITA (1957- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/marita-koch/