ESPAGNE (Arts et culture)La langue

L'année 1492 est fondamentale pour la destinée de la langue espagnole. Avant cette date, la Péninsule connaissait une période de fort dialectalisme, et la littérature, très estimable, était cependant relativement peu abondante. À la fin du xve et au début du xvie siècle, le castillan (espagnol) arrive à maturité et devient le moyen d'expression d'une littérature de prestige mondial, en même temps qu'il termine son unification et que les conquistadores le répandent à travers presque toute l'Amérique.

Il devait naturellement en résulter une nouvelle source de différenciation, n'entraînant cependant pas de difficultés d'intercompréhension. Les variétés régionales sont nombreuses, mais les moyens modernes de diffusion et de communication limitent les écarts phonétiques, syntaxiques et lexicaux.

L'espagnol, parlé par près de trois cent cinquante millions d'hommes, est enseigné comme seconde langue étrangère dans de nombreux pays. Il occupe une place importante dans la plupart des organismes internationaux.

Histoire de l'espagnol

Les origines

La préhistoire de la péninsule Ibérique est complexe et mal connue. Sur un plan strictement linguistique, les vestiges des anciens peuplements se manifestent essentiellement dans la toponymie : Gadir (Cádiz) est phénicien ; Cartagena, carthaginois ; Emporion (Ampurias) est grec ; Sigüenza, Segovia sont celtes. L'extension vers le sud (province de Burgos) des toponymes d'origine basque montre que cette langue connaissait une aire beaucoup plus vaste qu'aujourd'hui. Sont des emprunts anciens au basque des mots tels que urraca, « pie », izquierda, « gauche » (qui a remplacé siniestra), pizarra, « ardoise », ou becerro, « veau ». Des substrats préromains sont vraisemblables dans quelques cas d'évolution phonétique : le caractère apico-alvéolaire du s castillan, le passage du f-latin à l'aspirée (h), qui disparaît ensuite (filum → hilo, prononcé à présent « ilo ») ; en morphologie, on peut citer quelques suffixes : -ieco, -ueco ; des mots enfin, liés à la vie locale : barro, « boue, terre » ; manteca, « graisse » (d'où mantequilla, « beurre ») ; páramo « lande ».

Les Latins arrivent en Espagne en 218 avant J.-C., et la conquête dure deux siècles. La langue importée est en premier lieu celle des soldats, pleine de régionalismes et d'archaïsmes. Ainsi se forme un latin vulgaire hispanique, qui avait déjà intégré par ailleurs un certain nombre de mots d'origine grecque, comme cada, « chaque », jibia, « seiche » ou bodega, « cave ». Ce parler forme la base de l'espagnol. Plus tard, au cours des siècles, des mots latins seront réintroduits tels quels dans la langue (les « mots savants ») : pésimo, « très mauvais » ; oración, « prière » ; auxilio, « aide » ; honorar (cf. honrar, « honorer ») ; delicado (cf. delgado, « mince »). Un certain nombre de mots dérivés du latin ne survivent que dans la Péninsule, comme cuyo, « dont », ou seulement dans les autres zones conservatrices de la Romania orientale : hablar, « parler » ; hervir, « bouillir » ; hermoso, « beau » ; hallar, « trouver ».

Les invasions germaniques commencent en 409 avec les Suèves, les Alains et les Vandales. Ce sont les Wisigoths qui, s'installant dans la Péninsule pendant trois siècles, laissent de nombreuses traces dans le lexique. Les germanismes sont très fréquents dans l'onomastique (Rodrigo, Bernardo, Enrique, Arnaldo), dans le domaine militaire : guerra, « guerre » ; robar, « voler, dérober » ; orgullo, « orgueil » ; albergue, « refuge, auberge » et dans bien d'autres : sala, « salle » ; falda, « jupe » ; guante, « gant » ; arpa, « harpe » ; desmayar, « évanouir » ; ganso, « oie »...

En 711, les troupes arabes franchissent le détroit de Gibraltar et, dès 718, les quatre cinquièmes de la Péninsule sont sous leur domination (en 732, Charles Martel les arrête à Poitiers). Les Arabes apportent de nouvelles connaissances, de nouvelles techniques, et c'est leur vocabulaire qui va être utilisé. On dénombre au moins quatre mille emprunts, dont certains sont propres à l'Ibérie (marfil, « ivoire » ; albañil, « maçon » ; alquería, « ferme ») et d'autres se sont répandus en Europe (alcoba, « alcôve » ; alambique, « alambic »). Dès le viiie siècle, on rencontre des arabismes dans les textes juridiques écrits en bas latin, par exemple alcaldibus (esp. alcalde, « alcade, maire »). Les principaux domaines d'influence sont les suivants : militaire (atalaya, « tour de guet » ; alcazaba, « forteresse » ; tambor, « tambour ») ; agricole (aceituna, « olive » ; acequia, « canal d'irrigation » ; aljibe, « citerne » ; zanahoria, « carotte » ; azucena, « lis ») ; commercial et artisanal (azogue, « mercure » ; aduana, « douane » ; azotea, « terrasse » ; barrio, « quartier de ville » ; almohada, « coussin ») ; et onomastique (noms de ville : Guadalajara, Alcalá, Calatayud ; de rivières : Guadalquivir, Genil ; de montagne : Mulhacén).

Le Moyen Âge

La reconquête chrétienne sur les Arabes va durer huit siècles, jusqu'à la chute de Grenade en 1492. Ainsi, pendant tout ce temps, la Péninsule se trouvera partagée en deux grandes zones, aux limites mouvantes. Les frontières dialectales sont essentiellement orientées nord-sud, par suite du mouvement de reconquête à partir des îlots restés aux mains des rois wisigoths chrétiens. Les grandes zones ainsi créées sont, d'est en ouest : le domaine catalan, l'aragonais, le navarrais, le castillan, l'asturo-léonais, le galicien. Le castillan est surtout attesté par des textes épiques (le Poema de mío Cid, composé au milieu du xiie siècle, n'est connu que par un manuscrit de 1307), alors qu'en aragonais et en léonais ont été composés plusieurs recueils juridiques (fueros). Le catalan et le galicien sont alors les langues de la poésie lyrique.

Par suite des mariages qui ont entraîné les réunions successives des royaumes chrétiens indépendants, le dialecte de Castille est devenu peu à peu la langue prépondérante, politiquement et littérairement. Cependant, si plusieurs traits linguistiques sont bien issus de la zone cantabrique (castillan noche, en face du léonais nueche ou nueite, du galicien noite, de l'aragonais nueit, ou du catalan nit, « nuit »), le creuset où s'est véritablement forgé l'espagnol semble être la région tolédane (Tolède a été reconquise en 1085), où se parlait, parmi les chrétiens vivant en territoire occupé par les Arabes, le mozarabe. On connaît maintenant des compositions lyriques des xie et xiie siècles, dont les vers finaux (jarchas) sont en roman mozarabe et constituent ainsi les plus anciens exemples de phrases complètes dans la Péninsule. Dans les autres parlers du Nord, on ne trouve que des mots isolés au xe siècle (les gloses), et des phrases à la fin du xiie siècle dans les textes juridiques. En outre, c'est dans le centre de la Castille que sont nés les premiers chefs-d'œuvre de la littérature espagnole : le Libro de buen amor de Juan Ruiz, le Corbacho de l'archiprêtre de Talavera, La Celestina et Lazarillo de Tormes.

Il est difficile de caractériser la langue médiévale, étant donné la disparité des variantes régionales, et surtout l'absence de normes, aussi bien graphiques que grammaticales.

La valeur de certaines formes grammaticales rappelle encore le latin : ese, « celui-là même » (lat. ipse), plus tard « celui-là » ; cantara comme plus-que-parfait de l'indicatif (lat. cantauerat), plus tard aussi subjonctif. Un renouvellement lexical s'amorce : exir  salir, « sortir » ; cras  mañana, « demain ». Tout au long du Moyen Âge, la morphosyntaxe verbale en particulier va évoluer : dormides  dormís, « vous dormez » ; darvos  daros, « vous donner » ; mise  metí (« je mis », forme analogique) ; so  soy (cf. franç. « je suis »), son entrados  han entrado, « ils sont entrés ».

L'école de traducteurs d'Alfonso el Sabio (xiie siècle) a fortement contribué à l'enrichissement de la langue, par la nécessité de rendre en castillan des textes écrits en arabe ou en grec. On doit noter aussi l'influence française, qui résulte de plusieurs facteurs : énorme brassage de population le long du chemin de pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle (el camino francés), lutte de nombreux chevaliers français aux côtés des chrétiens, introduction de la réforme des moines de Cluny, mariages mixtes dans les maisons régnantes. Appartiennent à cette première vague de gallicismes : mesón, « maison », à présent « auberge » ; manjar, « mets » (anc. franç. « mengier ») ; vergel, « verger » ; peaje, « péage » ; flecha, « flèche » ; duque, « duc » ; paje, « page » ; danzar, « danser » ; jamón, « jambon » ; botín, « butin » ; borde, « bord » ; jardín, « jardin » ; maleta, « mallette » ; malla, « maille » ; ligero, « léger »...

L'année où Grenade se rend aux troupes des Rois Catholiques (1492), Christophe Colomb ouvre l'Amérique aux conquérants espagnols, et Antonio de Nebrija publie la première grammaire castillane. C'est alors aussi que les Juifs essaiment dans tout le bassin méditerranéen et que se crée le judéo-espagnol, qui conserve de nombreux traits de la langue du xvie siècle.

De la langue classique à la langue contemporaine

Pendant les grands siècles de la littérature espagnole (xvie et xviie), la langue se développe, s'enrichit et se fixe en partie. Des auteurs tels que Cervantes, Quevedo, Lope de Vega, Tirso de Molina, Gracián ou Góngora ont laissé des textes aussi riches dans leur expression sémantique que souples par leurs ressources syntaxiques.

C'est à cette époque que le système phonique prend sa physionomie actuelle. Les Français du xviie siècle qui entendaient prononcer Ximena et don Quixote (le x sera ensuite écrit j) perçoivent un son proche du français ch, d'où la transcription Chimène et don Quichotte, bien qu'il s'agisse alors d'une post-palatale du type du ich allemand, sur le chemin de la jota (ach allemand) actuelle. Par contre, Xeres (aujourd'hui Jerez) a été transmis par la lecture, d'où le français Xérès (gz ou ks), alors que l'Anglais a entendu Sherry. La morphologie verbale continue à évoluer : trayo  traigo (de traer, « apporter ») ; truxo  trajo, « il apporta » ; amábades  amabais (formes de la seconde personne du pluriel proparoxytones) ; dalde  dadle (rétablissement de dad + le, « donnez-lui ») ; dalle  darle (dar + le, « lui-donner ») ; gelo  se lo, « le lui ». Dans la construction hypothétique, on distingue régulièrement l'irréel du présent (si tuviese, daría, « si j'avais, je donnerais ») et l'irréel du passé (si tuviera, diera, « si j'avais eu, j'aurais donné »). Sur le plan lexical, on notera la grande vitalité des procédés de composition et de dérivation, par suite du goût de plusieurs auteurs pour les jeux de mots et pour les images humoristiques et satiriques.

Après l'influence italienne au xvie siècle, c'est le modèle français qui l'emporte : asamblea, « assemblée » ; marchar, « marcher » ; pilotaje, « pilotage » ; conserje, « concierge, gardien » ; parque, « parc » ; galán, « galant » ; servilleta, « serviette » ; paquete, « paquet » ; fresa, « fraise ».

Ces emprunts se poursuivent au xviiie siècle lors de l'afrancesamiento des mœurs et de la langue. Certains gallicismes ne sont que passagers (golpe de ojo, « coup d'œil »), mais la plupart sont entrés définitivement dans la langue : jefe, « chef » ; pantalón, « pantalon » ; cacerola, « casserole » ; silueta, « silhouette » ; billar, « billard » ; fusil, « fusil » ; detalle, « détail » ; pichón, « (tir au) pigeon » ; estar en boga, « être en vogue ».

En 1713 est fondée la Real Academia Española, qui publie, à partir de 1726, le Diccionario de autoridades et, en 1771, la première édition de la Gramática, constamment revue et qui est toujours un ouvrage utile de référence. Avant elle, plusieurs grammairiens et lexicologues étrangers (dont le Français César Oudin) avaient donné d'intéressantes descriptions de l'espagnol. Au xixe siècle, le Vénézuélien Andrés Bello a écrit une grammaire (plus tard complétée par le Colombien R. J. Cuervo) qui a servi de norme pendant longtemps.

L'espagnol contemporain connaît naturellement aussi des phénomènes d'instabilité grammaticale. Par exemple, la forme du pronom complément, pour lequel les « laístas » préfèrent la à le dans le cas de complément indirect féminin, et les « loístas » lo à le pour le complément direct masculin ; l'emploi du relatif que (pour a quien) lorsqu'il s'agit de personnes ; la présence de a devant certains noms d'objets ou après des verbes à fort sémantisme ; certaines valeurs de la forme cantara (ancien plus-que-parfait de l'indicatif ou actuellement subjonctif) ; la régression de la forme subjonctive cantase en Amérique.

Sur le plan lexical, les échanges commerciaux, la technique, le tourisme ont entraîné une invasion de termes étrangers. Ce sont surtout les anglicismes : bar, cheque, líder, revólver, fútbol, club, et des calques comme perros calientes, « hot dogs » ; et les gallicismes : hotel, restaurante, menú, volován (« vol-au-vent »), blusa, organdí, bisutería, finanzas, carnet (« carte d'identité »), entrenar, debut, doblaje (ces deux derniers du domaine des spectacles), quiosco, ducha, garaje, aterrizaje, etc.

L'espagnol dans le monde

Nombre de locuteurs

L'Espagne compte quarante-six millions de locuteurs. En Amérique hispanique, les statistiques portent sur la population totale des pays, bien que plusieurs milliers d'indigènes ne soient pas vraiment bilingues.

Langue espagnole en Amérique latine

Langue espagnole en Amérique latine

tableau

Répartition (en millions) des locuteurs de langue espagnole en Amérique latine (1992). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les États-Unis ont vu s’accroître de manière notable le nombre d’hispanophones (près de 47 millions en 2008). Mentionnons également la présence de locuteurs aux Philippines, au Moyen-Orient (judéoespagnol) et en Afrique (Ceuta, Melilla...).

La péninsule Ibérique

Le castillan (castellano) « est la langue espagnole officielle de l'État » (Constitution du 6 déc. 1978) et « les autres langues espagnoles seront également officielles dans chacune des communautés autonomes en accord avec leurs statuts ». La situation linguistique varie selon les régions. À l'est, la Catalogne, les provinces du Levant et les îles Baléares sont bilingues : le catalan, sous différentes variantes, est la langue parlée usuelle pour une partie importante de la population ; elle est le moyen d'expression d'une littérature vivante et de plusieurs journaux. Au centre-nord, dans quelques vallées pyrénéennes, on parle encore des dialectes aragonais. Dans les provinces de Biscaye (Bilbao), Guipúzcoa (San Sebastián) et Álava (Vitoria), le basque est abondamment parlé et écrit. En suivant la côte cantabrique vers l'ouest, on rencontre l'asturien (continué plus au sud par le léonais), en régression, mais qui tente de se conserver. À l'extrême nord-ouest, le galicien est parlé, sous deux variétés, et possède une littérature essentiellement poétique. Dans le reste de l'Espagne, seul le castillan s'emploie, avec des variantes locales, principalement l'andalou, caractérisé par sa phonétique au consonantisme très relâché, sa prosodie spécifique et un lexique souvent original. Le parler de la Vieille-Castille est le plus traditionnel. À Madrid, où se mêlent des populations d'origines diverses, le parler subit peu à peu une influence andalouse, surtout dans les quartiers périphériques.

Un parler argotique familier fait des emprunts à l'argot gitan (caló), lorsque ses mots perdent leur caractère secret (beata, « peseta » ; chaval, « enfant » ; gachó, « homme »), et on fabrique des termes par déformation de la langue courante. La phraséologie populaire est très développée (estar chiflado, « être toqué, maboule » ; tomar el pelo, « se moquer de, railler »...). Certains faits phonétiques ou grammaticaux dénotent des niveaux de langue, du populaire (tomao pour tomado, güevo pour huevo), au vulgaire (haiga pour haya, subjonctif de haber ; siéntensen pour siéntense, « asseyez-vous » ; me se olvidó pour se me olvidó, « j'ai oublié » ; si él vendría pour si él viniera, « s'il venait »).

Des institutions comme la Real Academia Española ou l'Institut de coopération ibéroaméricaine tentent de freiner, dans la mesure du possible, la trop rapide différenciation de l'espagnol péninsulaire et de l'espagnol américain. On constate que, même lorsqu'il s'agit de néologismes désignant des objets bien définis, l'accord n'est pas réalisé. Le magnétophone a connu au moins quatre formes : magnetófono qui a remplacé magnetofón en Espagne, et grabador, grabadora employés en Amérique.

L'Amérique

La situation actuelle de l'espagnol en Amérique est complexe, étant donné sa grande extension et les divers facteurs de différenciation régionale (ethniques, sociaux, géographiques).

On a remarqué que les langues indiennes de la cordillère des Andes sont plus riches en consonnes que celles des plaines : on constate que l'espagnol andin a souvent tendance à réduire l'expression vocalique (que ce soit à Quito ou même à Mexico), alors qu'au contraire les consonnes sont faiblement prononcées à Caracas ou aux Antilles. Le substrat indigène est toujours difficile à déceler dans la phonétique : l'espagnol paraguayen (les quatre cinquièmes de la population sont bilingues) a hérité l'attaque dure glottale devant l'initiale vocalique des mots, selon le modèle du guarani. Mais c'est surtout dans le domaine lexical que se trouvent les marques de l'influence indigène. En voici quelques exemples. Sont empruntés au nahuatl (Mexique) : tomate, aguacate (« avocat », le fruit), tiza (« craie »), jícara (« tasse à chocolat »), chicle (« chewing gum ») ; à l'arawak : canoa (dès 1492), cacique, maíz, batata, hamaca, huracán (« ouragan ») ; au caribe (caraïbe) : curare, piragua (« pirogue »), caimán ; au quechua (Équateur, Pérou, Bolivie) : vicuña (« vigogne »), alpaca, coca, pampa, carpa (« tente »), china (« jeune Indienne »), soroche (« mal de montagne ») ; hablar signifie à la fois « parler » et « disputer », sur le modèle du quechua rimana ; au tupi (Brésil), et guarani (Paraguay et Argentine) : tapioca, mandioca (« manioc »), jaguar, tatú, tapir.

Les dialectologues ont distingué jusqu'à vingt-trois zones de différenciations linguistiques ; on peut les regrouper en quatre aires générales : le Mexique ; la zone caraïbe (Amérique centrale, Antilles, côte vénézuélienne) ; la zone andine (des Andes vénézuéliennes au Sud chilien, en passant par la Colombie, l'Équateur, le Pérou et la Bolivie) ; le Río de la Plata (Argentine, Uruguay et sud du Paraguay).

Certaines caractéristiques s'étendent à toute l'Amérique hispanophone, comme le « seseo » (ciego, avec |θ|, prononcé siego), ou sont très répandues, comme le « yeísmo » (valla prononcé comme vaya), et on trouve dans les zones archaïsantes (Amérique centrale) ou dans celle où le parler rural a conquis la ville (Río de la Plata) le « voseo » (du type vos cantás, « tu chantes », en face de la forme péninsulaire tú cantas). Parmi les traits morphologiques, signalons l'abondance des diminutifs de prénoms par le procédé de la palatisation (Gonzalo  Chalo ; Graciela  Chela ; Jacinto  Chinto), et de toute autre catégorie à l'aide de -ico (les habitants de Costa Rica sont surnommés les ticos tellement ils emploient zapaticos, canastico, gatico...) ou de -ito (ahorita, adiosito...). Les suffixes à valeur augmentative ou extensive sont également très fréquents : -ada, « action faite (par, avec) » : limpiada, afeitada (« un coup de rasage ») ; -ado, « collectif » : estudiantado, alumnado, campesinado ; -lón, « d'exagération » : conversalón (« bavard »), pedilón (« quémandeur »), subilón (« qui monte à la tête »)...

Le lexique américain est, dans son ensemble, le lexique espagnol. Certaines préférences se sont cependant imposées : colorado, « rouge » (esp. rojo) ; caminar, « marcher » (andar) ; palo, « bois » (madera) ; pelear, « se disputer » (reñir) ; cáscara, « écorce » (corteza). Des zones archaïsantes, comme Saint-Domingue, ont conservé des formes ou des sens anciens : catar, « regarder » ; necesidad, « misère » ; curioso, « soigneux ».

Bien souvent, ce sont des développements locaux : camión désigne l'autobus à Mexico, et le materialista est le conducteur de camions de matériaux. Un même objet est désigné, suivant les lieux, par des mots différents. « Veston » se dit saco, paltó, americana ou chaqueta. Inversement, en langue populaire, clavo sera l'argent au Texas, un ennui au Mexique, une farce en Argentine. La llanta sera la jante à Caracas (comme à Madrid), mais le pneu à Bogotá. Certains mots très courants en Espagne (coger, « prendre » ; pico, « bec ») ne peuvent être employés partout étant donné leur connotation obscène. Enfin, certaines zones sont soumises à l'influence étrangère, comme le Río de la Plata (italianismes) et le Mexique (calques de l'anglais : viaje redondo, « round trip » ; se rentan carros, « rent à car » ; esperar por, « to wait for »).

Autres zones hispanophones

L'espagnol est parlé abondamment dans les États du sud des États-Unis, à Porto Rico, où l'acculturation est très poussée, dans quelques territoires africains et aux Philippines, où il disparaît peu à peu devant l'anglais et la principale langue indigène, le tagalog. Le créole de Curaçao, dans les Antilles (le papiamento), renferme de nombreux éléments espagnols, mêlés à du portugais et à quelques mots hollandais. Un parler créole espagnol existe sur la côte colombienne atlantique.

Le judéo-espagnol désigne l'ensemble des parlers employés par les Juifs expulsés d'Espagne à la fin du xve siècle et pendant le xvie siècle. Il se situe tout autour du bassin méditerranéen. Ces communautés, repliées sur elles-mêmes, ont conservé un grand nombre de traits linguistiques du xvie siècle : en phonétique, la distinction des sifflantes sourdes et sonores ; en morphologie, les formes primitives so, esto (pour soy, estoy) et des mots comme agora (ahora), adobar, « préparer ». On distingue le ladino (langue calque religieuse) et le djudezmo parlé.

Traits les plus spécifiques de la langue espagnole

Phonique

L'espagnol n'a que cinq voyelles phonologiques (a, e, i, o, u). Parmi les consonnes, on notera : l'interdentale sourde |θ| (raza, celo), la vélaire sourde |x| (ou jota : ajo, sugerir), l'affriquée sourde |ʧ| (gaucho), le |ɾ| simple et le |r| apical multiple (pera, perra), le |ʎ| palatal (calle), le |ś| légèrement palatal (en castillan) et la réalisation occlusive ou fricative de |b|, |d|, |g| selon la jonction dans la chaîne : bebe, « il boit » : |βe|. L'accent tonique tombe toujours sur l'une des trois dernières syllabes du mot : término, « le terme », termino (accent sur i), « je termine », terminó, « il termina ». L'intonation sert normalement à marquer le type d'assertion : ¿ Viene ?... Viene, « Vient-il ?... Il vient. » L'ordre des éléments peut être distinctif, mais la liberté est grande, et la substance sémantique aide puissamment à la compréhension du message.

La graphie officielle, réformée encore en 1952, ne laisse subsister que peu de différences entre l'écriture et la prononciation. Cependant le h est muet, ch vaut pour |č|, ll pour || et c et g changent de prononciation selon l'entourage (cauce : k, θ), alors que le même son peut dans de rares cas s'écrire différemment (girar, jinete pour jota).

Syntaxe

Tout énoncé est formé d'un sujet, manifesté par une séquence à fonction nominale (par nature : el libro, « le livre » ; esto, « cela » ; ou par transfert : salir a las dos, « sortir à deux heures ») combinée avec un prédicat, de deux formes usuelles : verbe attributif suivi d'adjectif ou de substantif (Pedro es simpático, es médico, « Pierre est sympathique, il est médecin ») ou verbe actif suivi éventuellement d'objets (Pedro se comió toda la sopa, « Pierre a mangé toute la soupe »). Une construction moyenne prend une valeur soit passive (las medidas que se toman..., « les mesures qui sont prises »), soit active (aquí se cose a máquina, « ici, on coud à la machine »). Le groupe nominal connaît plusieurs extensions (todos los muy interesantes problemas magníficamente expuestos, « tous les très intéressants problèmes magnifiquement exposés »), ainsi que le groupe verbal (hubiera podido haber tomado otra decisión, « il aurait pu avoir pris une autre décision »). La nominalisation se fait le plus souvent au moyen de que : que Pedro sea simpático, que Pedro se coma toda la sopa. Les mots ont une syntaxe interne qui permet de les définir (requete-agrad-abil-ísim-a-s, « vraiment très agréables »), mais l'unité de fonctionnement est la lexie mémorisée (casa, « maison » ; paso a nivel, « passage à niveau » ; tomar en cuenta, « tenir compte »). Les classes syntaxiques sont : substantifs (el gato, « le chat ») ; verbes (comería, « mangerait ») ; adjectifs (lento, lentamente) ; déterminants (mi, « mon », este, « ce ») ; quantitatifs (muy, « très » ; más, « plus ») ; auxiliaires (haber, « avoir » ; poder, « pouvoir ») ; relateurs (a, pues, « à, donc ») ; substituts (ayer, « hier » ; si, « oui »).

Catégories grammaticales

Au niveau du substantif, l'espagnol distingue le sexe (gato, gata), le nombre (gato, gatos), la détermination (un gato, el gato) et la spécificité (la luna, « le miroir » ; la Luna, « la Lune »). Le neutre n'existe qu'au niveau pronominal (esto, eso, aquello, lo, ello). Le verbe a comme morphologie liée, obligatoire, l'expression du mode (el que tiene, el que tenga, « celui qui a, celui qui aurait »), l'époque (tuvo, tiene « il eut, il a »), l'actualité (tendrá, tendría « il aura, il aurait ») et, en morphologie libre, les auxiliaires de modalité (quiere salir, « il veut sortir ») et de déroulement (sigue estudiando, « il continue à étudier »). L'adjectif ne connaît que des catégories d'intensité et d'accord.

Les trois classes se combinent avec les suffixes d'aspect, qui intègrent des relations générales (cantar, cantando, cantado « chanter, chantant, chanté » ; el decorador, la decoración, el decorado, « le décorateur, la décoration, le décor » ; impresionable, impresionante, impresionado), et avec les préfixes modificateurs (subtropical, sobrevivir, supermercado). La quantification se fait au moyen des quantitatifs (muy hermoso, come mucho, muchas sillas), d'une riche série d'« indéfinis » (todos los hombres, algunos, ciertos, otros...), du duel (ambas manos, « les deux mains »), du distributif (sendos, « chacun un »), d'augmentatifs et de diminutifs intégrés (casita, « petite maison » ; callandito, « tout bas » ; en seguidita, « tout de suite »). La négation s'applique au niveau du mot (incomparable, la no-violencia) ou de l'énoncé (Pedro no viene).

Parmi les traits spécifiques qui attirent l'attention des étrangers, signalons :

– L'existence de deux verbes attributifs, ser et estar, « être ». Ser s'applique à la caractérisation interne, indépendante, objective : Pedro es cojo, amable, casado, estudiante, « Pierre est boiteux, aimable, marié, étudiant » (identité, en soi), alors que estar introduit une relativité, une appréciation, une dépendance, l'idée de résultat : Pedro está contento, constipado, casado con mi hermana, en Roma, « Pierre est content, enrhumé, marié avec ma sœur, à Rome ».

– L'emploi du relateur a lorsque le lien entre le verbe et l'objet est renforcé, soulignant ainsi le caractère « patient » de l'objet, soit que celui-ci doive être différencié du sujet (Pedro ve a Pablo, « Pierre voit Paul », l'ordre des éléments n'étant pas obligatoire ; la preposición sigue al verbo, « la préposition suit le verbe », mais Pedro sigue el camino, « Pierre suit le chemin »), soit que le verbe exprime une forte activité (este chico se come a los libros, « cet enfant dévore les livres »).

– Les trois degrés des démonstratifs et déictiques. Le premier évoque le locuteur : este chico, aquí, « cet enfant, ici » ; le troisième, l'éloignement voulu par le locuteur : aquel chico, allí, « cet enfant-là, là-bas » ; le second, soit l'interlocuteur : ese sombrero que tienes ahí, « ce chapeau que tu as là », soit la référence imprécise : por ahí estará, « il doit être par-là ».

– Les six valeurs du pronom se : le réfléchi et le réciproque (Pedro se lava  ; ellos se miran, « ils se regardent ») ; le pronominal (se levanta, « il se lève ») ; le moyen (se venden apartamentos) ; le bénéficiaire (se comió las tres, « il les a mangées toutes les trois ») ; la forme générique (se habla español) ; le substitut de le au contact d'un autre pronom de troisième personne (se lo dió, « il le lui donna », pour *le lo dió).

– La distinction entre le perfectif cantó et l'accompli ha cantado (où ha est un présent), de sorte que le dernier mot d'un discours est he dicho, « j'ai dit », et que si quelque chose n'a pas encore eu lieu, on ne peut dire que aun no ha venido, « il n'est pas encore venu ».

– L'emploi de la troisième personne pour le traitement de politesse : Vd. tiene razón, « vous avez raison » (Vd. est l'abréviation d'une ancienne expression du type « Votre Grâce »), qui fait au pluriel Vds. tienen razón, et se réalise usted, ustedes. D'où l'ambiguïté du possessif su, qui peut correspondre à : su libro (de Vd.) : votre livre (à vous, sing.) ; su libro (de Vds.) : votre livre (à vous, plur.) ; su libro (de él, de ella) : son livre à lui, à elle) ; su libro (de ellos, de ellas) : leur livre (à eux, à elles).

– En outre, au pluriel les pronoms personnels distinguent le sexe : nosotros, nosotras, « nous » ; vosotros, vosotras, « vous ».

—  Bernard POTTIER

Bibliographie

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  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres, professeur de linguistique générale à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Bernard POTTIER, « ESPAGNE (Arts et culture) - La langue », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/espagne-arts-et-culture-la-langue/