ÉRASTIANISME

Doctrine de la suprématie absolue de l'État en matière ecclésiastique, l'érastianisme se rattache aux positions du Suisse Thomas Erastos, de son vrai nom Thomas Lieber (1524-1583). Né à Baden, professeur de médecine à Heidelberg, celui-ci est amené à s'opposer à l'Anglais George Wither, porte-parole des calvinistes qui veulent imposer leur Credo dans le Palatinat indépendamment de l'autorité civile. Publiée seulement après la mort d'Erastos, l'Explicatio gravissimae quaestionis (Londres, 1589) se situe dans la perspective d'un État confessionnel et va jusqu'à réserver au pouvoir civil le droit et le devoir d'intervenir dans tous les domaines religieux, y compris dans celui des sanctions, telle l'excommunication. Répandues en Angleterre, les idées d'Erastos seront reprises ensuite par T. Hobbes dans le contexte moderne d'un État sécularisé. On reconnaît alors aux représentants de l'État, quelle que soit la religion qu'ils professent individuellement, le droit de légiférer en matière religieuse sur l'Église établie. C'est en vertu de ces principes que le Parlement anglais rejeta en 1928 la révision du Prayer Book.

—  André DUVAL

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André DUVAL, « ÉRASTIANISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/erastianisme/