BILAL ENKI (1951- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un peintre de bandes dessinées

Bilal est enfin – et peut-être surtout – un graphiste exceptionnel, au style immédiatement reconnaissable, et si singulier qu'il n'a pas suscité d'émules. Il fut avec La Foire aux immortels un pionnier de la méthode dite de la « couleur directe », qui consiste à appliquer la peinture sur les dessins, alors que traditionnellement la couleur n'était pas portée sur la planche originale, mais sur une épreuve, appelée « bleu » (car les dessins y étaient généralement reproduits dans un bleu très pâle). Pour les couleurs, Bilal utilise des matières opaques, comme la gouache ou l'acrylique. À partir du Sommeil du monstre, il peint directement sur ses crayonnés, ayant renoncé au stade intermédiaire de l'encrage. Le traitement des couleurs, parfois délavées, est très particulier. Chacune des cases est composée comme une œuvre séparée, ce qui crée souvent à la lecture un sentiment de juxtaposition, à l'encontre du principe d'enchaînement graphique sur lequel se fonde toute bande dessinée : l'artiste étend ainsi l'effet de décomposition à son moyen d'expression.

Enki Bilal est l'un des rares auteurs de bande dessinée à être intégré à la culture officielle. L'album Froid Équateur fut élu meilleur ouvrage de l'année 1992 (toutes catégories de livres confondues) par le magazine Lire. Bilal est souvent sollicité par les médias pour donner son avis sur divers sujets politiques, des attentats du 11 septembre 2001 (à propos desquels il déclara : « Le 11 septembre m'a bouleversé sur le plan humain, mais sur le plan artistique l'événement a séché une obsession. J'ai pensé : „Je n'aurai plus à raconter ça“ ») à la campagne présidentielle française de 2007, qu'il jugea « consternante », en passant par la question des Balkans (il fut faussement accusé d'être allé serrer la main de Miloševic en compagnie d'Emir Kusturica).

La trilogie Coup de sang, qui désigne ici une catastrophe climatique et environnementale, place les hommes au cœur d'un monde apocalyptique en mutation. Dans le premier volume, Animal'z (2009), où domine le gris bleuté froid, l’homme lutte po [...]



1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  BILAL ENKI (1951- )  » est également traité dans :

BANDE DESSINÉE

  • Écrit par 
  • Dominique PETITFAUX
  •  • 17 298 mots
  •  • 16 médias

Dans le chapitre « Une nouvelle génération d'auteurs »  : […] Deux séries ont particulièrement séduit les adolescents de la fin du siècle : Titeuf (1992) par Zep (le Suisse Philippe Chapuis), facéties d'un gamin très en phase avec son époque, et Lanfeust de Troy (1994) par le dessinateur Didier Tarquin et le scénariste Scotch Arleston (Christophe Pelinq), aventures héroïco-fantastiques non dénuées d'humour. Dans la bande dessinée adulte, de nombreux auteur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bande-dessinee/#i_98447

Pour citer l’article

Dominique PETITFAUX, « BILAL ENKI (1951- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/enki-bilal/