SCHNEBEL DIETER (1930-2018)

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Compositeur et théologien allemand né le 14 mars 1930 à Lahr, dans le pays de Bade, Dieter Schnebel commence ses études musicales en 1942, s'inscrit en 1949 à la Hochschule für Musik de Fribourg-en-Brisgau, et passe en 1952 son examen de professeur de piano avec une analyse de l'opus 27 de Webern. Mais il renonce à cette carrière et entreprend la même année de nouvelles études de théologie, de philosophie et de musicologie à Tübingen, avant d'être nommé pasteur et professeur de théologie à Kaiserslautern (1957), à Francfort (1963), puis à Munich (1970). De 1976 à 1995, il est professeur de musique expérimentale et de musicologie à la Hochschule für Musik de Berlin.

D'abord influencé par Stockhausen, à qui il consacre un article de synthèse en 1958, Schnebel est ensuite très frappé par la démythification de la musique sérielle opérée par John Cage, ce qui déterminera ses travaux, à partir des années 1958-1962 surtout. Sa démarche allie de façon très systématique spéculation théorique et travail créateur, et fait appel à des notions telles que la composition collective, le refus du son, le langage muet, la participation du public, cela en utilisant souvent des matériaux gestuels et optiques ainsi que divers auxiliaires acoustiques. La plupart de ses compositions, autour de grands projets théoriques, se présentent comme des works in progress.

Les Essais (Versuche, 1953, 1956, 1964) relèvent encore du système sériel tout en organisant le temps de façon fluctuante et en intégrant la dimension spatiale ; ils comprennent Analysis (1953), pour cordes, harpe et percussion, Morceaux (Stücke, 1954-1955), quatuor à cordes, Fragment (1955), pour voix et ensemble de chambre et Compositio (1955, 1956, révisé en 1964), pour orchestre.

Les trois morceaux du cycle pour vocalistes Pour voix (... missa est) – Für Stimmen (... missa est) – (1956-1969), qui, comme les précédents, peuvent s'exécuter séparément, forment une sorte de messe dont une des caractéristiques est la réduction de plus en plus nette des textes utilisés : tandis que dt 31.6 pour douze groupes vocaux (1956-1958) et amn pour sept groupes vocaux (1958, 1966, 1967) combinent des versets bibliques avec un grand nombre de traductions étrangères : !(madrasha II) (1958-1967-1968) n'utilise comme matériau que des mots signifiant « dieu » et des formules d'adoration sous forme de sons ne se référant plus à aucune langue. À ce cycle conçu comme exercice de libération de la voix se rattache Préludes de choral (Choralvorspiele, 1966, 1968, 1969) pour orgue, instruments annexes et bande magnétique.

Les Projets (Projekte), musique pour la plupart définie verbalement, comprennent : Espace-Temps y (Raum-Zeit y, 1958) pour un nombre indéterminé d'instrumentistes ; Le Procès (Der Prozess, 1959), d'après Kafka, pour instruments dénaturés, voix naturelles diverses, sources sonores et public ; Glossolalie pour récitant et instrumentistes (1959-1960) ; Glossolalie 61 (1960-1961), pour trois ou quatre récitants et trois ou quatre instrumentistes.

Les Déchets I (Abfälle I), résidus de travaux destinés à des œuvres plus importantes, comprennent Réactions (1960-1961), pour un instrumentiste et public, Visible Music I (1960-1962), pour un chef d'orchestre et un instrumentiste, Visible Music II (réduction à un chef de Visible Music I) et Visible Music III (réduction à un instrumentiste assumant aussi le rôle de chef de Visible Music I). Des Déchets II (Abfälle II, à partir de 1964) relèvent Stoj pour trois instrumentistes et Lectiones pour quatre récitants et auditeurs.

Les Modèles-Réalisations (Modelle-Ausarbeitungen) comprennent, d'une part, des réalisations de certains Projets et Déchets d'abord élaborés collectivement comme Compositio (réalisé en 1963-1964), Glossolalie 61 et Le Procès, d'autre part, Nostalgie (1962), solo pour un chef d'orchestre, Espressivo (1961-1963), drame musical pour un claviste, Concert sans orchestre (1964), pour un pianiste et public, Fall-out (1965), passion pour un vocaliste et public, et Desseins-Résultats (Anschläge-Ausschläge, 1965-1966), variations scéniques pour trois instrumentistes.

Les Processus auditifs (Gehörgänge) comprennent Ki-No, musique nocturne pour projecteurs et auditeurs avec bandes magnétiques, récitant et percussionniste Ad libitum (1963-1967), et dont Mo-No (1969) est une version [...]

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Marc VIGNAL, « SCHNEBEL DIETER - (1930-2018) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dieter-schnebel/