SASSOU-NGUESSO DENIS (1943- )

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Homme politique congolais, président de la République du Congo de 1979 à 1992, puis à partir de 1997.

Denis Sassou-Nguesso est né le 23 novembre 1943, à Edou, dans le nord du pays. Il reçoit une formation d'instituteur avant de rejoindre l'armée. Il participe, au côté du capitaine Ngouabi, au coup d'État de 1968 qui infléchit le régime révolutionnaire de Brazzaville vers une forme militaro-marxiste. En 1969, il entre au comité central du parti unique, puisen 1970, au bureau politique. Des tentatives de putsch menées par des officiers originaires du Sud renforcent le caractère « nordiste » du groupe de militaires au pouvoir. En 1975, il devient ministre délégué à la Défense.

Denis Sassou Nguesso

Photographie : Denis Sassou Nguesso

À l'issue de combats qui voient la victoire de ses partisans, l'ancien président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso retrouve la présidence en octobre 1997. 

Crédits : Jean-Philippe Ksiazek/ AFP

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À la suite de l'assassinat du chef de l'État, Marien Ngouabi, en 1977, la succession est assurée par un « Comité militaire du parti » présidé par Jacques Yhombi Opango. Sassou en est le numéro deux. En février 1979, il s'empare de la présidence du comité. Il opère alors un rapprochement avec Paris dont il obtient un soutien financier que l'URSS ne peut pas fournir. De cette époque datent ses bonnes relations avec Elf-Aquitaine, l'opérateur principal du pétrole congolais. En 1984, il est réélu à l'unanimité par le comité central. Cependant, à partir de 1985, le fléchissement des revenus pétroliers entraîne le blocage des capacités de redistribution de l'État. Fragilisé, Sassou parvient à maintenir son influence grâce à sa présence sur la scène internationale. Il assure la présidence de l'Organisation de l’unité africaine en 1986-1987. Lors du IVe Congrès du Parti congolais du travail, en juillet 1989, encore candidat unique, Sassou-Nguesso, désormais général, est reconduit pour un troisième mandat.

En novembre 1989, la fin du monopole de l'État sur l'économie est officiellement annoncée et, en février 1990, le général effectue sa première visite officielle à Washington. Manifestations et grèves se succèdent à Pointe-Noire, puis à Brazzaville. D'abord à motivation économique, elles tournent à la contestation directe du président. En décembre 1990, sous la pression de la rue, celui-ci consent à annoncer la tenue d'une « conférence nationale ». Ouverte en février 1991, celle-ci tourne au procès du régime et les attaques se concentrent sur lui. Il évite de peu l'arrestation. Le 27 avril 1991, il prononce une allocution radiotélévisée dans laquelle il fait son autocritique et demande l'indulgence. Son célèbre « j'assume » marque l'adoption d'une nouvelle attitude.

Lors du premier tour de l'élection présidentielle (2 août 1992), Sassou recueille moins de 17 % des suffrages exprimés, derrière Pascal Lissouba et Bernard Kolelas. Entre les deux tours, il se rallie à Lissouba et signe avec celui-ci un accord de gouvernement. Après la victoire de Lissouba, le général et ses amis s'estiment lésés dans la distribution des postes ministériels. Ils décident de rompre l'alliance conclue et rejoignent Kolelas dans l'opposition, pour censurer le nouveau gouvernement le 3 octobre 1992.

La pratique chaotique des nouvelles institutions politiques débouche sur une militarisation des rapports de forces. Les plus grands partis se confondent avec leurs milices. Lors des affrontements de 1993-1994, les forces de Sassou-Nguesso demeurent en retrait. D'abord retiré à Oyo, dans le nord du pays, Sassou s'installe ensuite à l'étranger, principalement à Paris. Son retour au Congo, au début de 1997, se déroule dans un style de reconquête. Il compte sur la déception créée par Lissouba pour remporter l'élection présidentielle. Le 5 juin 1997, la tentative d'arrestation de membres de son entourage déclenche l'offensive de ses milices. Après des mois d'une guerre civile meurtrière, les forces gouvernementales angolaises envahissent le pays et aident Sassou-Nguesso à reconquérir Brazzaville qui est prise le 15 octobre 1997.

Miliciens Cobras à Brazzaville, octobre 1997

Photographie : Miliciens Cobras à Brazzaville, octobre 1997

Des miliciens Cobras, partisans de Denis Sassou-Nguesso, procèdent à des arrestations dans les rues de Brazzaville, le 18 octobre 1997, quatre jours après avoir pris la capitale congolaise et l'avoir transformée en zone militaire. Le 15 octobre, ils prenaient le contrôle de Pointe-Noire, sur... 

Crédits : Jean-Philippe Ksiazek/ AFP

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La restauration de Denis Sassou-Nguesso s'accompagne du ralliement d'une partie des factions, à l'exception des chefs exilés. Victorieux mais affaibli par sa dépendance à l'égard des différentes forces qui ont permis son retour, Denis Sassou-Nguesso dispose de peu de latitude pour réaliser un programme de réconciliation et de reconstruction.

Bien qu'un accord de cessez-le-feu ait été signé en décembre 1999 entre le gouvernement et les rebelles, les affrontements reprennent en 2002. Sassou [...]

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Denis Sassou Nguesso

Denis Sassou Nguesso
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Miliciens Cobras à Brazzaville, octobre 1997

Miliciens Cobras à Brazzaville, octobre 1997
Crédits : Jean-Philippe Ksiazek/ AFP

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  • : directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques, Centre d'étude d'Afrique noire, Bordeaux

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Dans le chapitre « Une interminable sortie de conflit »  : […] La restauration de Denis Sassou-Nguesso s'accompagne d'un ralliement de l'ensemble des factions, à l'exception des leaders déchus, Pascal Lissouba et Yhombi Opango. Bernard Kolelas, ayant engagé ses milices à leurs côtés durant les derniers jours des combats, est aussi contraint à l'exil (quelques années plus tard, les mécanismes de collusion de l'élite politique ramèneront finalement ces deux de […] Lire la suite

Pour citer l’article

Patrick QUANTIN, « SASSOU-NGUESSO DENIS (1943- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/denis-sassou-nguesso/