FERNÁNDEZ DE KIRCHNER CRISTINA (1953- )

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Présidente de la république d'Argentine de 2007 à 2015, Cristina Fernández de Kirchner succéda à son époux Nestor Kirchner (2003-2007), qui l'accompagna durant son premier mandat.

Cristina Fernández est née le 19 février 1953 à La Plata (Argentine). Elle étudie le droit à l'université nationale de La Plata, où elle rencontre Nestor Kirchner. Ils se marient en 1975. Lorsque la junte militaire prend le pouvoir un an plus tard, ils quittent La Plata pour s'installer à Río Gallegos (province de Santa Cruz), en Patagonie, la ville natale de Nestor Kirchner. Ils s'établissent comme avocats et, avec le retour à la démocratie en 1983, ils s'engagent tous les deux dans une carrière politique.

Cristina Fernández de Kirchner devient déléguée provinciale du Parti justicialiste (P.J., péroniste) en 1985, avant de se faire élire députée de la province. En 1987, son époux est élu maire de Río Gallegos et, quatre ans plus tard, gouverneur de la province de Santa Cruz.

Cristina Fernández de Kirchner siège au Sénat à deux reprises (1995-1997, 2001-2005), ainsi qu'à la Chambre des députés (1997-2001). Elle devient l'une des plus farouches adversaires de l'administration péroniste du président Carlos Menem ; elle vote souvent contre ses projets de loi. Finalement, Nestor Kirchner est investi à la tête de l'État le 25 mai 2003, après le retrait de la candidature de son prédécesseur au second tour du scrutin.

En 2005, lors des élections sénatoriales, Cristina Fernández de Kirchner se présente dans la province de Buenos Aires – province clé où vivent environ 40 p. 100 des Argentins – face à Hilda González de Duhalde, l'épouse de l'ancien président Eduardo Duhalde, tandis que Nestor Kirchner se présente contre ce dernier pour diriger le P.J. Cristina Fernández de Kirchner remporte le siège avec 46 p. 100 des voix. Si cette victoire aide son époux à s'imposer comme le leader du mouvement péroniste, elle affirme également l'influence politique grandissante de Cristina Fernández de Kirchner. Celle-ci, forte de l'expérience de ses divers mandats électifs, peut légitimement poser sa candidature à l'élection présidentielle de 2007.

Cristina Fernández de Kirchner, donnée gagnante dans les sondages, peut compter sur le soutien de son époux, lequel a décidé de ne pas briguer un second mandat. Le 28 octobre 2007, Cristina Fernández de Kirchner obtient 45 p. 100 des voix dès le premier tour du scrutin présidentiel, soit près du double de sa rivale, Elisa Carrió, qui recueille seulement 23 p. 100 des suffrages. Selon le système électoral argentin, un candidat est élu dès le premier tour lorsqu'il obtient plus de 40 p. 100 des suffrages et au moins 10 p. 100 de voix d'avance sur ses adversaires. Cristina Fernández de Kirchner est donc officiellement investie le 10 décembre 2007. Elle se heurte bientôt aux critiques des États-Unis, qui affirment avoir intercepté des fonds destinés à financer sa campagne qui auraient été envoyés par le gouvernement vénézuélien d'Hugo Chávez.

Au printemps de 2008, le gouvernement Kirchner adopte une taxe à l'exportation pour les céréales et oléagineux en fonction de leurs prix sur le marché mondial. Cette réforme déclenche la colère des agriculteurs et des propriétaires terriens. Redoutant la baisse de leurs profits, ils se mettent en grève et organisent des manifestations de grande ampleur dans tout le pays. Ils installent des barrages routiers pour bloquer le passage des camions de céréales, provoquant des pénuries alimentaires. Les grèves se poursuivent pendant quatre mois et divisent le pays en deux camps : l'un favorable au gouvernement, l'autre soutenant le secteur agricole. En juin 2008, Cristina Fernández de Kirchner soumet, sous la pression, la réforme au vote du Congrès : la Chambre des députés l'approuve, tandis que le Sénat la rejette en juillet. Lors des élections législatives de mi-mandat, organisées en juin 2009, la coalition péroniste au pouvoir perd la majorité dans les deux chambres. Ce résultat reflète l'échec du gouvernement Kirchner dans le conflit avec le secteur agricole et la forte baisse de popularité de la présidente.

Cristina Fernández de Kirchner fait face cependant à ce revers électoral grâce à l'essor économique que connaît le pays dans le contexte de la crise financière mondiale. Elle profite également des divisions internes de l'opposition pour réaffirmer son pouvoir. La présidente poursuit ainsi une politique sociale populaire et, en juillet 2010, son gouvernement ratifie une loi faisant de l'Argentine le premier pays d'Amérique latine à autoriser le mariage homosexuel.

Alors que Nestor Kirchner est pressenti pour être à nouveau candidat à l'élection présidentielle de 2011, sa mort soudaine, en octobre 2010, déclenche une vague de sympathie pour la présidente, qui décide alors de se représenter.

Le 23 octobre 2011, Cristina Fernández de Kirchner remporte une victoire écrasante (54 p. 100 des voix) dès le premier tour du scrutin présidentiel. De plus, le Parti justicialiste au pouvoir reconquiert, le même jour, la majorité dans les deux chambres du Congrès. Après avoir bénéficié d’une conjoncture économique favorable et poursuivi la politique de réparation en faveur des victimes de la dictature, la présidente n’échappe pas à l’usure du pouvoir. Le Parti justicialiste conserve de justesse sa majorité au Congrès après les élections de mi-mandat en octobre 2013, mais Cristina Fernández de Kirchner en ressort politiquement affaiblie, d’autant plus qu’il existe des incertitudes sur son état de santé. Cette dernière, qui ne peut pas se représenter au scrutin présidentiel d’octobre-novembre 2015, choisit un dauphin dans ses rangs, Daniel Scioli. Celui-ci, après avoir remporté le premier tour, échoue au second tour face au candidat de droite Mauricio Macri, qui succède à Cristina Fernández de Kirchner le 10 décembre 2015.

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Écrit par :

  • : professeur de sciences politiques à l'université Rice de Houston (Texas)

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Pour citer l’article

Mark P. JONES, « FERNÁNDEZ DE KIRCHNER CRISTINA (1953- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cristina-fernandez-de-kirchner/