TSATSOS CONSTANTIN (1899-1987)

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Né à Athènes en juillet 1899, Constantin Tsatsos, philosophe, juriste, politicien, poète, homme d'État, était le frère cadet de Thémistoklis, futur ministre centriste durant les heures douloureuses de la Grèce libérée à l'automne de 1944.

Constantin Tsatsos fait des études de droit et de sciences politiques à l'université d'Athènes. Comme tous les enfants de bonne famille, il les complète à l'étranger, en l'occurrence à Heidelberg. De retour en Grèce, il exerce ses talents d'avocat au barreau d'Athènes en 1930 et en 1931, tout en étant déjà lecteur de philosophie du droit à l'université d'Athènes. Rapidement, il abandonne les effets de manche du prétoire pour la faculté. En 1931, il est assistant et l'année suivante professeur, fonction qu'il occupera jusqu'en 1946, à l'exception des années 1941-1944.

Le 4 août 1936, le général Métaxas instaure avec l'aide de la couronne une dictature aux allures fascisantes (corporatisme, organisations de jeunesse...). Thémistoklis Tsatsos, politicien centriste, est immédiatement arrêté. Trois ans plus tard, ce sera au tour de son frère Constantin d'être envoyé en exil dans les îles. Lors de la déclaration de guerre de l'Italie le 28 octobre 1940, la plupart des exilés n'appartenant pas au Parti communiste de Grèce (K.K.E.) sont autorisés à rentrer dans la capitale. Constantin Tsatsos s'y trouve lors de l'occupation allemande en avril 1941. Six mois plus tard, le 28 octobre 1941, le gouvernement grec collaborateur le révoque de l'université, il se rapproche alors des cercles de la résistance intellectuelle libérale. Résistants de salon pour l'essentiel, ils n'hésiteront pourtant pas à rendre de sérieux services aux réseaux de renseignements britanniques (rapports entre C. Tsatsos et le major Tsigantes), aidant à l'occasion des soldats anglais égarés. Ioanna Séfériadou, sœur du poète Georges Séféris et femme de Constantin Tsatsos, sera de ceux-là. En 1942-1943, les époux Tsatsos sont très proches du mouvement de résistance E.K.K.A., animé par des républicains refusant le dilemme monarchistes-communistes. Ils travaillent aussi en collaboration avec Mgr Damaskinos, archevêque-primat de Grèce et grand organisateur de l'aide de première urgence aux affamés, orphelins et autres victimes de la guerre. Il faut savoir que, durant l'hiver de 1941-1942, 260 000 Grecs sont morts de faim sur sept millions d'habitants, soit près de 4 p. 100 de la population.

Constantin Tsatsos appartient aussi en 1943-1944 à un petit cercle de penseurs résistants : l'Union socialiste. Parmi ceux-ci, les professeurs Anguelopoulos, Végléris, Zolotas, Georges Mavros, future figure de proue du centre, et Constantin Caramanlis, successeur en 1980 de Constantin Tsatsos au poste de président de la République. S'apparentant plus à un club qu'à une organisation combattante, l'Union socialiste cherche surtout à promouvoir des réformes applicables dès la Libération. Répondant à l'appel du gouvernement grec en exil, Constantin Tsatsos rejoint Le Caire en juillet 1944. Lié au centre droit, il participe à d'éphémères gouvernements à la Libération : ministre de l'Intérieur d'avril à août 1945, de l'Information en novembre de la même année. Il détient le portefeuille de l'Éducation dans les derniers cabinets de la guerre civile (janv. 1949-janv. 1950).

Dans la tourmente de la guerre civile, où les extrémistes monarchistes tiennent le haut du pavé, Constantin Tsatsos fait partie de ces conservateurs modérés et humanistes ouverts au dialogue. Député de la circonscription d'Athènes presque sans discontinuer depuis 1946, il se fait élire d'abord sous l'étiquette libérale puis sous la bannière de l'E.R.E. (Union nationale radicale), le nouveau parti de son ami Constantin Caramanlis.

Lorsque ce dernier devient Premier ministre, Constantin Tsatsos participe à deux cabinets (févr. 1956-sept. 1961) en tant que ministre délégué auprès du Premier ministre. En clair, il est le bras droit de Caramanlis. Il détient encore le portefeuille de la Santé jusqu'en 1963. Mais, lorsque son mentor prend le chemin de l'exil parisien en juin 1963, il se retire sur l'Aventin. Il revient quelques mois sur le devant de la scène politique en tant que ministre de la Justice peu avant la prise du pouvoir par les colonels en avril 1967. [...]

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Écrit par :

  • : docteur en histoire du xxe siècle de l'Institut d'études politiques, Paris, journaliste, membre du comité de rédaction de la revue Confluences Méditerranée

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Christophe CHICLET, « TSATSOS CONSTANTIN - (1899-1987) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/constantin-tsatsos/