COLIBRI

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Oiseau de petite taille et coloré, vivant exclusivement sur le continent américain et pratiquant le vol sur place pour se nourrir du nectar des fleurs. Classe : Oiseaux ; ordre : Apodiformes ; famille : Trochilidés.

Encore appelés oiseaux-mouches, les colibris, représentés par trois cent vingt-huit espèces, se trouvent de l'Alaska jusqu'en Patagonie, mais la majorité d'entre eux vivent dans les forêts tropicales et équatoriales. Ils présentent tous un plumage irisé aux reflets métalliques, le plus souvent verts ou bleus. Les mâles sont généralement plus colorés que les femelles et peuvent porter une huppe ou une queue plus longue. La majorité des femelles arborent une coloration cryptique (permettant à l'animal de se fondre dans son environnement), discrétion indispensable pour éviter les prédateurs, puisque ce sont elles qui couvent et élèvent les jeunes. Leur taille varie de 6 centimètres avec un poids de 2 grammes pour le colibri d'Helen (Mellisuga helenae) – encore appelé colibri-abeille, le plus petit de tous les oiseaux – à 21 centimètres avec un poids de 20 grammes pour le colibri géant (Patagona gigas), qui vit dans les Andes chiliennes.

Colibri

Photographie : Colibri

Avec son long bec droit ou incurvé, sa langue extensible et son aptitude à voler sur place et à reculons, le colibri, encore appelé oiseau-mouche, est spécialisé dans la récolte de grandes quantités de nectar indispensables à son métabolisme. La nuit, pour économiser son énergie, il... 

Crédits : Nigel/ flickr ; CC-BY

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Les colibris trouvent dans les insectes – qu'ils capturent en vol ou « récoltent » sur les feuilles ou dans les toiles d'araignée – les protéines nécessaires, mais le nectar des fleurs constitue l'essentiel de leur alimentation. Leur aptitude à voler sur place et surtout à reculons – phénomène propre à ces oiseaux – est notamment due à la grande souplesse de l'articulation de l'humérus qui autorise des mouvements d'ailes rapides dans toutes les directions. Leur long bec fin – droit ou incurvé selon les espèces – et leur langue extensible leur permettent de « récolter » jusqu'à leur propre poids de nectar par jour. Pour économiser leur énergie, les colibris entrent en léthargie la nuit, leur température interne (environ 40 0C) s'abaissant alors au niveau de celle de l'air ambiant.

Lors de la saison de reproduction, les mâles, polygames, se regroupent et chantent pour attirer les femelles. Ces dernières, après l'accouplement, partent construire un nid de mousse et de brins d'herbe – qui peut être volumineux, représentant jusqu'à vingt fois la taille des oiseaux –, dont la fixation sur une branche est assurée par des fils d'araignées. Elles couvent un ou deux œufs pendant deux à trois semaines, puis nourrissent leurs oisillons par régurgitation d'une bouillie de nectar et d'insectes. Les espèces tropicales sont sédentaires, celles des régions où les saisons sont plus marquées doivent migrer pour trouver fleurs et insectes. L'ampleur de ces migrations peut surprendre, compte tenu de la petite taille de ces oiseaux. Ainsi, le colibri à gorge rubis (Archilocus colubris), qui vit l'été dans l'extrême sud-est du Canada et la moitié est des États-Unis, vient hiverner jusqu'en Amérique centrale, volant ainsi plus de 800 kilomètres au-dessus du golfe du Mexique.

L'histoire des colibris est peu connue. Ces oiseaux appartiennent à un groupe certainement très ancien mais, jusqu'en 2004, les fossiles mis au jour dans quelques sites d'Amérique centrale étaient au plus âgés d'un million d'années. La publication, en 2004, de la découverte d'un colibri fossile (Eurotrochilus inexpectatus) dans le sud de l'Allemagne a créé une véritable surprise, d'autant plus que les deux spécimens mis au jour d'un âge compris de quelque 32 millions d'années, présentent une morphologie proche de celle des colibris modernes et seraient déjà nectarivores. Depuis, d'autres colibris fossiles ont été découverts en Pologne et en France.

Les colibris ont été très prisés au xixe siècle. Capturés en grand nombre et naturalisés, ils étaient utilisés comme accessoires de mode (décoration pour les chapeaux, broches...). Ils sont aujourd'hui menacés par la destruction de leur habitat. La survie des plus spécialisés, comme le colibri porte-épée (Ensifera ensifera) au bec long de 10 centimètres ou le bec-en-faucille aigle (Eutoxeres aquila) au bec incurvé, dépend de la présence de fleurs qu'eux seuls peuvent polliniser.

Colibri

Vidéo : Colibri

Le colibri, encore appelé oiseau-mouche, vivant exclusivement sur le continent américain, est capable de voler sur place et, surtout, cas unique chez les oiseaux, à reculons. L'architecture de ses ailes, et notamment la grande souplesse de l'articulation de l'humérus, permet des mouvements... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Écrit par :

  • : chargée de la valorisation scientifique du département des jardins botaniques et zoologiques du Muséum national d'histoire naturelle

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Pour citer l’article

Emmanuelle GOIX, « COLIBRI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/colibri/