ISHERWOOD CHRISTOPHER (1904-1986)

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Né en 1904 dans une vieille famille anglaise, Christopher Isherwood entre au collège de Corpus Christi et y rencontre deux poètes qui resteront ses amis : Stephen Spender et Wystan Hugh Auden. Avec eux, il voyage en Europe, puis s'installe à Berlin jusqu'à l'arrivée au pouvoir du nazisme, en 1933. La publication de son premier roman, Tous les conspirateurs (1928), lui vaut un succès immédiat. D'inspiration « moderniste », avec des réminiscences de Joyce, ce roman lui fait rencontrer Leonard et Virginia Woolf qui publieront ses cinq livres suivants, dont les célèbres M. Norris change de train (1935) et Adieu à Berlin (1939). Dans ces deux romans, Isherwood retrace ses propres expériences dans le Berlin de la crise de 1929 et de la montée du nazisme. Sans jamais sombrer dans le naturalisme, l'écrivain développe une conception quasi photographique du réel, empruntée à Flaubert et à Tchekhov, ses écrivains préférés, mais atténuée par une ironie qui deviendra une composante essentielle de son œuvre. Dans Le Lion et son ombre (1937), Isherwood laisse progressivement deviner sa prédilection pour un romanesque d'inspiration autobiographique. Après avoir écrit plusieurs pièces de théâtre, ainsi qu'un Journal de voyage en Chine (1938), l'écrivain quitte l'Angleterre pour les États-Unis. Il s'installe à Los Angeles, où il résidera jusqu'à sa mort, survenue le 4 janvier 1986.

Auden et Isherwood

Auden et Isherwood

photographie

Les poètes britanniques Christopher Isherwood (1904-1986), à gauche, et Wystan Hugh Auden (1907-1973), à droite, lors du départ d'Isherwood pour la Chine, en 1938. 

Crédits : Hulton Getty

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La rencontre qu'il fait d'un sage bouddhiste semble avoir été déterminante pour la suite de sa carrière littéraire. Son intérêt pour les formes de sagesse orientale se manifestera dans les livres suivants par une quête approfondie de soi-même et le développement d'une littérature du « Moi ». Ainsi, dans Un homme au singulier (1964), la complexité et la vérité psychologique du narrateur homosexuel qui affronte la solitude du désir dans une société en transformation ont contribué à faire de ce court roman un classique dans le monde entier. S'y affirmait la fascination d'Isherwood pour le roman vécu. Dans un volume explicitement autobiographique, Christopher et son monde (1977), Isherwood poussera la coquetterie jusqu'à reprendre tous les thèmes de ses romans d'avant guerre, en particulier les romans berlinois, pour les situer historiquement et biographiquement, et pour décortiquer leur ancienne matière romanesque. Traducteur anglais des Journaux intimes de Baudelaire et de la Bhagavad-Gītā, Isherwood incarne, dans sa révolte sage contre le puritanisme, une forme moderne de spiritualité optimiste.

—  Gilles BARBEDETTE

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Gilles BARBEDETTE, « ISHERWOOD CHRISTOPHER - (1904-1986) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/christopher-isherwood/