CHESNUTT CHARLES (1858-1932)

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Premier grand romancier noir américain né le 20 juin 1858 à Cleveland (Ohio), mort le 15 novembre 1932 à Cleveland.

Charles Waddell Chesnutt est le fils de Noirs libres natifs de Fayetteville (Caroline du Nord), qu'ils quittent avant la guerre de Sécession. À la fin des hostilités, la famille revient à Fayetteville, où le jeune Chesnutt finit ses études et devient professeur. En 1877, il est nommé directeur adjoint de la State Colored Normal School (aujourd'hui Fayetteville State University), puis directeur (1880-1883). Scandalisé par le traitement infligé aux Noirs dans le Sud, il décide de s'installer à Cleveland avec sa femme et ses enfants. Il travaille comme commis-sténographe avant de devenir avoué et de fonder un florissant cabinet de sténographie judiciaire. Il consacre son temps libre à l'écriture.

Entre 1885 et 1905, Chesnutt publie une cinquantaine de contes, récits et essais, ainsi que deux recueils de nouvelles, une biographie du militant antiesclavagiste Frederick Douglass et trois romans. Dans The Goophered Grapevine, premier texte écrit par un Noir à avoir été accepté par The Atlantic Monthly (août 1887), Chesnutt dénonce la vision idyllique des plantations de Thomas Nelson Page avec tellement de subtilité que la plupart des lecteurs ne saisissent pas la dimension ironique. Le recueil The Conjure Woman (1899) rassemble ce texte et d'autres histoires authentiques sur la vie des Noirs en Caroline du Nord. Dans The Wife of His Youth and Other Stories of the Color Line (1899), Chesnutt étudie le préjugé de couleur parmi les Noirs et entre les races, à la manière de George W. Cable. Dans The Colonel's Dream (1905), il aborde les problèmes des esclaves affranchis sur un ton incisif. Écrivain réaliste et psychologique, Chesnutt évoque des scènes familières de la vie populaire en Caroline du Nord pour dénoncer l'injustice sociale.

L'œuvre de Chesnutt ne sera surpassée par aucun romancier noir jusque dans les années 1930. Sa thématique de l'humanité des Noirs et de l'inhumanité des hommes entre eux, qu'ils aient la peau noire ou blanche, préfigure l'œuvre de romanciers aussi différents que William Faulkner, Richard Wright et James Baldwin.

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ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La littérature

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  • Marc CHÉNETIER, 
  • Rachel ERTEL, 
  • Yves-Charles GRANDJEAT, 
  • Jean-Pierre MARTIN, 
  • Pierre-Yves PÉTILLON, 
  • Bernard POLI, 
  • Claudine RAYNAUD, 
  • Jacques ROUBAUD
  •  • 40 198 mots
  •  • 24 médias

Dans le chapitre « Des voix »  : […] Le minstrel show des années 1820-1860 est une grotesque caricature. Paradoxalement, il est aussi le lieu où, sous les masques de Blancs grimés, les Noirs peuvent faire percer leur voix. La littérature noire hérite ici d'une situation qui est celle de toute la littérature américaine : l'écart entre norme linguistique (le parler blanc, les belles-lettres anglaises) et dialecte autochtone. Au lendem […] Lire la suite

Pour citer l’article

« CHESNUTT CHARLES - (1858-1932) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-chesnutt/