BROWNE sir THOMAS (1605-1682)

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Esprit très éclectique, Thomas Browne se passionna pour la médecine comme pour l'archéologie ; homme très religieux, il offrit un exemple quasi unique de tolérance, en dépit de ses prises de position très affirmées, à une époque où les débats d'idées ne permettaient guère que l'on ménageât ses adversaires en religion. Écrivain très élégant, soucieux de ses effets rhétoriques et rythmiques, attentif à l'équilibre et à l'architecture de ses phrases, amoureux du bel effet voire de l'artifice, il ne négligea rien non plus pour mettre en valeur son savoir.

Né à Londres le 19 octobre 1605, Thomas Browne était le fils d'un riche marchand de tissus. Il entra à Oxford en 1623, devint titulaire d'une licence puis d'une maîtrise de lettres, respectivement en 1626 et en 1629. Son goût, cependant, le portait vers la médecine. Il passa ainsi un an en France, à la prestigieuse faculté de médecine de Montpellier. C'est là qu'il découvrit la théorie du vitalisme, c'est-à-dire la croyance en un principe vital, indépendant de l'âme, qui donne vie, mouvement et chaleur à la matière vivante et donc au corps humain tout entier. C'est aussi à Montpellier qu'il observa avec consternation l'intolérance de ses coreligionnaires à l'endroit des processions catholiques. Il se rendit l'année suivante à Padoue où il étudia l'anatomie et la chirurgie et où l'on commençait à se démarquer, parfois avec mépris, des enseignements jusqu'alors inattaquables de Galien. En 1633, Browne fréquenta l'université de Leyde, en Hollande, où il étudia la chimie, matière alors négligée. C'est là qu'il devint docteur en médecine avant de regagner l'Angleterre la même année. Il s'installa près de Halifax, dans le Yorkshire, en 1635, en tant que praticien, puis à Norwich, en 1637. C'est à cette époque qu'il commença la rédaction de son ouvrage principal, Religio medici. Ce livre, que Browne décrit comme « un ouvrage personnel à [sa] seule intention », n'était pas destiné à l'édition. Il fut cependant publié à son insu, par un ami indélicat, en 1642, ce qui obligea Browne à l [...]

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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, docteur de troisième cycle, ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, maître de conférences à l'université d'Amiens, École supérieure de chimie

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Pour citer l’article

Pascal AQUIEN, « BROWNE sir THOMAS - (1605-1682) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/browne-sir-thomas/