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BREAKING THE WAVES, film de Lars von Trier

Depuis son premier long-métrage, Element of Crime (Forbrydelsens element, 1984), suivi d'Epidemic (1987) et d'Europa (1991), trois films partiellement ou totalement en noir et blanc, le réalisateur danois Lars von Trier, né en 1956, s'était fait remarquer pour son goût « maniériste » des exercices de style formels, qui s'expriment dans des films très apprêtés, remplis de références cinéphiliques et dénués de sentimentalisme. Aussi est-ce une surprise lorsqu'on le découvre capable d'écrire et de diriger un drame aussi prenant que Breaking the Waves. Après le succès de cette œuvre, il réalise deux autres mélodrames dont les héroïnes sont des femmes que l'on croit sacrificielles : la comédie musicale Dancer in the Dark (2000), primée à Cannes, avec la chanteuse Björk, et l'étonnant Dogville (2004) qui est comme le revers diabolique des deux films précédents, en montrant comment ce statut de victime peut être une sorte de manipulation orgueilleuse des rapports humains.

Une victime expiatoire

Une région côtière d'Écosse, restée très religieuse et puritaine, au cours des années 1970. La jeune Bess McNeill est une sorte d'« innocente », considérée comme fragile psychologiquement, qui va souvent à l'église et dialogue avec Dieu, en prêtant à ce dernier sa propre voix et en faisant les questions et les réponses. Elle épouse un étranger nommé Jan, qui travaille sur une plate-forme pétrolière ; vierge, elle découvre avec lui à la fois l'amour et l'extase sexuelle. Bess souffre des absences de Jan à cause de son travail ; mais son vœu, qu'elle formule à Dieu, de ne jamais le voir repartir est cruellement exaucé, puisqu'un accident sur la plate-forme lui ramène un Jan totalement paralysé. Incapable de faire l'amour, celui-ci demande à Bess de prendre des amants, et de lui raconter ses aventures. Pour lui prouver son amour et l'aider lui-même à vivre, elle cède. Puis constatant que la santé de Jan bénéficie de ses frasques, elle se livre à des hommes de plus en plus violents, malgré la condamnation de l'Église et de ses proches, sauf de sa belle-sœur Dodo, qui reste sa fidèle amie. Bess meurt de sévices subis pendant que Jan est miraculeusement sauvé.

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Écrit par

  • : écrivain, compositeur, réalisateur, maître de conférences émérite à l'université de Paris-III

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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