BIBLIOMÉTRIE

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Les indicateurs bibliométriques

En France comme dans tous les pays, la bibliométrie construite à partir de ces bases – longtemps réservée à des cercles assez restreints de décideurs en stratégies de recherche et de chercheurs en sociologie et histoire des sciences – est de plus en plus largement utilisée dans une grande diversité de situations d’évaluation. Au niveau international notamment, les indicateurs bibliométriques, longtemps cantonnés à un rôle dans l’analyse comparée des caractéristiques nationales des pays, sont maintenant utilisés pour étudier, voire classer, des universités et des centres de recherche.

Les indicateurs les plus utilisés pour analyser la production d’un pays ou d’une institution sont : le nombre de publications répertoriées dans une base de référence au cours du temps, l’impact de ces publications sur la recherche en train de se faire (intensité avec laquelle elles sont citées par d’autres publications), l’orientation disciplinaire (disciplines dans lesquelles l’institution est le plus ou le moins active), les choix de collaborations (avec les chercheurs pour la publication), et toute une série de questions qui permettent de développer une analyse stratégique comparative très importante, notamment pour faire des choix de politiques scientifiques. Cependant, ces indicateurs sont difficiles à calculer. Tout d’abord, il ne faut pas oublier que la « matière première » utilisée pour créer ces indicateurs est un catalogue de textes, c’est-à-dire une matière textuelle qu’il faut beaucoup transformer et interpréter avant de la rendre propre aux dénombrements : par exemple, à quelle institution attribuer l’article d’un collectif de chercheurs venant de diverses institutions et passés entretemps de l’une à l’autre ? Comment décompter pour chaque chercheur l’article issu d’un travail collectif ou le livre compilant plusieurs travaux ? Comment attribuer à telle ou telle discipline un article qui en croise plusieurs ? Doit-on compter différemment les citations négatives et les citations positives ? etc. Il faut donc une connaissance intime du matériau textuel de départ et une longue expérience des arbitrages d’interprétation possibles pour calculer au mieux ces indicateurs, en fonction de l’usage qui en sera fait. La seconde difficulté technique liée à ces indicateurs est que les méthodes statistiques qui s’appliquent sont particulières et de maniement délicat. Une fois calculés, les indicateurs sont difficiles à utiliser parce qu’ils doivent être interprétés en fonction du contexte. Ils ne reflètent qu’une fraction, variable, de ce qu’est l’activité de recherche dans un domaine, et ils varient avec les pratiques de publication et de citation des différentes communautés de recherche impliquées.

Cinquante années de pratique par des équipes qui se sont spécialisées dans la production et l’usage de ces indicateurs ont montré qu’ils constituent des outils utiles pour décrire et observer la recherche et ses développements, à condition d’être utilisés dans un cadre contrôlé, associant des spécialistes des domaines scientifiques considérés et des experts de la bibliométrie.

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Écrit par :

  • : directrice de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, ancienne directrice de l'Observatoire des sciences et des techniques du Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur

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Pour citer l’article

Ghislaine FILLIATREAU, « BIBLIOMÉTRIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bibliometrie-et-evaluation-de-la-recherche/