BASALTES ET GABBROS

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Les gabbros

Caractères généraux

Les gabbros sont des roches plutoniques, donc grenues, mésocrates (indice de coloration > 50), constituées essentiellement de plagioclases basiques et de pyroxènes. La texture « gabbroïde » est caractérisée par le développement presque isodiamétrique des minéraux, et plus particulièrement des feldspaths ; dans les gisements filoniens, elle a souvent tendance à devenir pœcilitique (variété de la texture doléritique où de grands cristaux de pyroxènes englobent des lattes feldspathiques) ; il existe aussi des gabbros orbiculaires en Corse, en Norvège et en Californie. Le grain est en général assez gros, notamment dans les « euphotides », utilisées en marbrerie, et l'on connaît même des variétés très largement cristallisées, que l'on dénomme « pegmatitoïdes » (pour éviter toute confusion avec le terme « pegmatite » qui, dans le cas des roches acides, a également un sens métallogénique particulier).

Le plagioclase est le plus souvent du labrador ; par convention, on parle de diorite lorsque la basicité tombe au-dessous de la valeur An50. En raison de l'absence de zonation, ainsi que pour des raisons statistiques, cette coupure entre diorites et gabbros ne soulève aucun des problèmes théoriques et pratiques que l'on rencontre pour distinguer les types effusifs correspondants, c'est-à-dire les andésites et les basaltes.

Le pyroxène est la plupart du temps du diallage (variété d'augite présentant un clivage fin supplémentaire), associé ou non à des pyroxènes orthorhombiques comme l'hypersthène ou la bronzite : lorsque ces variétés prédominent sur les formes monocliniques, on réserve au gabbro la dénomination de « norite ». Il est à remarquer que très souvent les pyroxènes des gabbros montrent des associations de lamelles monocliniques et orthorhombiques, correspondant à des phénomènes d'exsolution à partir de pigeonites formées à température élevée.

L'olivine n'est pas rare, et elle est fréquemment bordée par une couronne réactionnelle d'hypersthène ; lorsqu'elle est seule présente comme ferromagnésien, on parle de « troctolite » dans le cas où le plagioclase est du labrador, et d'« allivalite » quand il s'agit d'anorthite.

Les oxydes et sulfures sont représentés par la chromite, la magnétite plus ou moins titanifère, ainsi que la chalcopyrite, la pyrrhotine et la pentlandite. Ils constituent parfois le seul minéral coloré de la roche, et donnent souvent lieu à des concentrations exploitables.

Comme minéraux accessoires, on note surtout l'apatite, les spinelles. Le quartz peut se rencontrer en petites quantités (< 10 p. 100 dans les gabbros quartziques) ; on peut également trouver des feldspaths potassiques en quantité comparable dans les monzogabbros ; il existe enfin quelques gabbros à hornblende ou à biotite.

Évolutions minéralogiques

Contrairement au basalte, les gabbros sont souvent très transformés du point de vue minéralogique : cette différence provient essentiellement de la persistance d'eau magmatique dans les conditions profondes du plutonisme, alors que ce fluide est en général presque totalement éliminé dans l'atmosphère au cours des éruptions volcaniques.

L'ouralitisation est une transformation des pyroxènes en amphiboles gibreuses vert pâle (parfois identifiables comme de la trémolite), qui progresse à partir des clivages et de la périphérie ; ce type d'amphibole est très différent de la hornblende brune primaire qui caractérise certains gabbros.

La saussuritisation affecte les plagioclases, qui évoluent en un mélange de zoïsite, épidote, albite et séricite. En même temps, l'olivine éventuellement présente peut être épigénisée en talc, chlorite ou serpentine, d'où les taches vertes ou roses qui ont valu leur appellation aux gabbros « truités ».

Toutes ces rétromorphoses sont typiques du faciès « schistes verts », et peuvent bien entendu être dues à l'existence d'un métamorphisme général aussi bien qu'à l'action des seules solutions postmagmatiques.

Les gisements

Roches de profondeur, les gabbros ne peuvent être observés que bien après leur mise en place. En revanche, leur étude « à pieds secs » peut être relativement aisée dans les séries ophiolitiques ou, d'une manière générale, quand ces roches se retrouvent dans les formations continentales.

Dans les complexes subvolcaniques, les gabbros plus ou moins doléritiques se présentent en dykes discordants, comme dans les volcans tertiaires d'Écosse [...]

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Basalte

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Crédits : Jacques-Marie Bardintzeff

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Analyses de basaltes d'origines diverses

Analyses de basaltes d'origines diverses
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Écrit par :

  • : professeur de géologie à l'université de Bretagne-Occidentale, Brest
  • : professeur à l'université de Bretagne-Occidentale, Brest

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Pour citer l’article

Jean-Paul CARRON, René MAURY, « BASALTES ET GABBROS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/basaltes-et-gabbros/