HEPWORTH BARBARA (1903-1975)

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Considérée, avec son compatriote Henry Moore, comme l'un des sculpteurs les plus importants de sa génération, Barbara Hepworth a inscrit son œuvre dans le langage de la non-figuration. Non-figuration que marquent à la fois une perfection technique absolue et un sens magistral de la matière, que domine une inspiration féconde. Élève au Royal College of Art de Londres, Barbara Hepworth tente de se dégager dès 1923 de l'enseignement académique de la sculpture tel qu'il était alors pratiqué en Angleterre. Et c'est dans ce dessein que, comme nombre d'artistes de sa génération, elle procède à des essais de taille directe sur bois et sur pierre, ses matériaux de prédilection, cherchant à retrouver l'unité fondamentale qui avait présidé à l'élaboration des œuvres des primitifs. Ses premières œuvres (des têtes, des masques et des figures) sont réduites à des formes élémentaires, simplifiées à l'extrême et frôlant parfois l'abstraction. En 1931, elle épouse le peintre Ben Nicholson, adhère au groupe Seven and Five, se rend à Paris, où elle rencontre Brancusi, Arp et Mondrian. Quelques années plus tard, elle fera partie du mouvement Abstraction-Création et participera à Londres à la publication de la revue Circle en compagnie de Naum Gabo. Dès cette période, l'artiste a assimilé les leçons des grands artistes qu'elle côtoie et dont l'influence se fait parfois sentir : Brancusi, Mondrian, Arp ou les frères Pevsner, pour élaborer une œuvre personnelle que domine entièrement l'abstraction, mais l'abstraction, « non pas utilisée en tant que fin en soi », comme le souligne J. P. Hodin (éd. du Griffon, Neuchâtel, 1960) « mais en tant que manière de créer une image caractéristique de notre temps ». Qu'elle s'inscrive dans des tendances géométriques ou organiques, suivant les périodes, ou qu'elle concilie les deux, l'œuvre de Barbara Hepworth est dominée par la forme libre, à laquelle l'artiste confère au fil des années de nouvelles caractéristiques (La Mère et l'Enfant, 1934, Wakefield City Art Gallery ; Helikon, 1948, Museum of Modern Art, New York ; Forme bicentrique, 1949, Tate Gallery, Londres ; Figure [Churinga], 1952, Walker Art Center, Minneapolis ; Figure [Nanjizal], 1958, Tate Gallery, Londres). En perçant de part en part ses sculptures, et cela depuis 1931, l'artiste explore une nouvelle fonction de l'espace et joue à l'infini des possibilités offertes par la pénétration de l'air et de la lumière au sein de la forme close. Quelques années plus tard, Barbara Hepworth utilise la polychromie, qui lui permet d'intensifier (par des blancs, des gris ou des bleus différents) la forme ainsi que la valeur de certains volumes, et à partir de 1939 l'ajout d'un nouvel élément, les cordes, lui apporte la possibilité de suggérer la profondeur, mais aussi de varier sans aucune monotonie les rythmes et les tensions. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l'artiste s'était installée définitivement à Saint Ives, en Cornouailles, découvrant la relation interne qui peut exister entre la sculpture et le paysage. Abandonnant alors les formes closes, elle exécute une série d'œuvres immenses et ouvertes qui tendent à exprimer la pulsion de la vie (Vertical Forms, 1951, Technical College, Hatfield ; Meridian, 1959, State House de Londres, Monument consacré à la mémoire de Dag Hammarskjöld, jardin des Nations unies, New York, 1964). En 1968, la Tate Gallery lui a consacré une importante rétrospective.

La Mère et l'Enfant, B. Hepworth

Photographie : La Mère et l'Enfant, B. Hepworth

Barbara Hepworth (1903-1975) près d'une de ses sculptures, La Mère et l'Enfant

Crédits : Hulton Getty

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Maïten BOUISSET, « HEPWORTH BARBARA - (1903-1975) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 janvier 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/barbara-hepworth/