CAQUOT BALLON

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Le ballon Caquot est un ballon captif (c’est-à-dire relié au sol par un câble) d’observation, de forme allongée (d’où son nom commun de « saucisse »), qui a été mis au point en 1915 par l’ingénieur français Albert Caquot (1881-1976) et utilisé pendant la Première Guerre mondiale.

En 1914, les ballons captifs déployés sur les champs de bataille permettent aux observateurs, ayant pris place dans leur nacelle, de surveiller avec des jumelles les mouvements des troupes ennemies et de transmettre ces informations au sol par liaison téléphonique. Ces renseignements sont très utiles aux troupes terrestres et permettent notamment le réglage des tirs d’artillerie. Les Français utilisent alors des ballons d’observation sphériques dont la conception, due à Charles Renard, remonte à 1880. Albert Caquot, commandant la 21e compagnie d’aérostiers à Toul, apporte quelques améliorations à ce type de ballons, mais la performance de ce matériel est encore loin d’être satisfaisante. Albert Caquot décide donc de concevoir un nouveau ballon plus stable.

De leur côté, les Allemands utilisent des ballons allongés, les Drachen (« cerf-volant »), que l’établissement central du matériel aéronautique militaire de Chalais-Meudon se met à copier et à reproduire en grande quantité pour les besoins de l’armée française.

Poursuivant son projet, Albert Caquot fait alors exécuter les plans d’un ballon par le bureau d’études d’Armand Considère, dont il est l’associé. Un prototype est ensuite réalisé à Chalais-Meudon. En 1915, le général Auguste Édouard Hirschauer, directeur de l’aviation au ministère de la Guerre, fait effectuer des essais pour comparer le ballon sphérique Renard, la copie du Drachen allemand et le ballon Caquot qui vient d’être mis au point. Le verdict est sans appel : le Renard supporte des vents de 38 km/h, le Drachen de 54 km/h et le Caquot de 90 km/h. Sa carène ovoïde offrant une résistance aérodynamique moindre confère au Caquot de meilleures qualités de pénétration dans un vent donné.

Le système d’attache du Caquot est également supérieur à celui du Drachen, l’axe du ballon faisant seulement un angle de 50 avec l’horizontale au lieu de 450 pour le ballon allemand. La performance du ballon Caquot tient surtout à la présence de trois empennages souples situés à l’arrière, disposés dans les plans de trois méridiennes à 1200 et reliés à la carène. Ce système, permet, lors des rafales de vent, d’éviter les mouvements pendulaires si mal ressentis par les observateurs qui, devenus nauséeux, se révèlent inaptes à délivrer des informations fiables.

En juin 1915, Albert Caquot prend la direction de l’atelier mécanique d’aérostation de Chalais-Meudon afin de veiller à la construction en grande série des ballons, très utilisés sur les champs de bataille terrestres. De 7 unités par mois en 1915, la production atteint 319 unités par mois à la fin de la guerre. À partir de 1917, les ballons Caquot sont copiés par les allemands pour remplacer les Drachen.

Les ballons Caquot ont aussi joué un grand rôle sur mer grâce à une adaptation spécifique du treuil réalisée par Albert Caquot pour la marine britannique. Ce dispositif maintenait le câble avec une tension variable, permettant au ballon d’osciller souplement en altitude. De juillet à fin novembre 1916, 46 ballons de 900 m3 ont été livrés au Royaume-Uni. Albert Caquot s’est ensuite rendu à Londres en décembre 1916 pour construire sur place les ballons destinés à la marine britannique. Grâce à ces dispositifs, fixés sur des navires britanniques, la détection des sous-marins allemands en mer du Nord a été plus aisée et les pertes par torpillage, sur la même période, inférieures à celles de la marine française, qui n’utilisait pas encore les ballons Caquot sur mer. Aussi en 1917, Caquot fut envoyé à Brest pour faire bénéficier la marine française de sa remarquable invention. Les ballons Caquot ont également été mis à contribution en 1917 et 1918 pour protéger Londres des bombardements allemands. Reliés entre eux par un câble horizontal sur lequel étaient fixés des câbles d’acier verticaux, ils ont fait barrage à l’aviation allemande. Ce même dispositif a été réutilisé pour défendre cette même ville au cours de la Seconde Guerre mondiale, ce qui montre que l’épopée des ballons Caquot s’est poursuivie au-delà de la Grande Guerre qui avait vu leur création.

Ballon Caquot

Photographie : Ballon Caquot

Mis au point en 1915, le ballon Caquot, encore appelé « saucisse » à cause de sa forme allongée, a  été utilisé jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Ici, en 1933, près de Montdidier (Somme), il  partait pour participer à des manœuvres aériennes au cours desquelles était simulée... 

Crédits : Musée de l’Air et de l’Espace - Le Bourget/ Monde et Caméra

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Écrit par :

  • : professeur associé à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense

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CAQUOT ALBERT (1881-1976)

  • Écrit par 
  • Bruno CHANETZ
  •  • 1 200 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « De l’aérostation aux grands ouvrages d’art »  : […] Cependant, les circonstances nationales le contraignent à déployer également son activité dans le domaine de l’aérostation et de l’aéronautique. Albert Caquot devient en 1914 commandant de la 21 e  compagnie d’aérostiers à Toul. Il met au point un ballon captif d’observation (cf. ballon caquot ), appelé « saucisse », qui se révèle performant. Construit en grande série, ce ballon jouera un grand rô […] Lire la suite

Pour citer l’article

Bruno CHANETZ, « CAQUOT BALLON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ballon-caquot/