BĀḲĪ MAḤMŪD ‘ABD UL-BĀḲĪ dit (1526-1600)

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Le temps des disgrâces

Le fils et successeur de Soliman, Sèlim II (1524-1574), plus adonné à la boisson qu'aux belles-lettres, n'avait que faire de Bāḳī et l'éloigna de sa cour. Mais le poète garda la protection de l'homme fort de l'époque, Sokollou Mehmed pacha, né en 1506, grand vizir de 1564 à 1579, qui le fit nommer müderris à la grande mosquée Suleymāniyeh. Quand Mourad III (1546-1595), à la mort de son père Sèlim II, monta sur le trône en 1574, Sokollou Mehmed pacha, bien qu'en relation tendue avec le nouveau souverain, resta au pouvoir et continua de protéger Bāḳī. Il ne put toutefois, au début du règne, empêcher la disgrâce passagère du poète, qui fut démis de ses fonctions de professeur. Il le fit assez rapidement réintégrer, mais à Andrinople, puis il le fit nommer à un poste de magistrat aussi lointain qu'honorifique, celui de cadi de La Mecque.

Par la suite, Bāḳī revint dans la capitale comme cadi d'Istanbul, et, franchissant les échelons de la hiérarchie, fut successivement placé à la tête des magistratures d'Anatolie et de Roumélie. Il espérait bien, sous le règne de Mourad III (né en 1567, sultan de 1595 à 1603), accéder au rang le plus élevé et devenir cheikh ul-Islam. Mais un rival lui fut préféré par le souverain. Bāḳī mourut peu après, de dépit assure-t-on, en 1600, terrassé dans une crise de colère.

Le recueil de ses œuvres (Dīvān), transmis par de nombreux manuscrits, fut connu en Occident, à partir de 1825, grâce à la traduction allemande de J. von Hammer. En Turquie, Bāḳī est honoré comme un des plus grands poètes nationaux, bien que l'évolution considérable de la langue et du goût littéraire le rende, de nos jours, difficilement compréhensible.


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Pour citer l’article

Louis BAZIN, « BĀḲĪ MAḤMŪD ‘ABD UL-BĀḲĪ dit (1526-1600) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/baki-ul-baki/