HÉBERT ANNE (1916-2000)

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Anne Hébert est l'une des figures majeures du mouvement d'affirmation culturelle québécoise de la seconde moitié du xxe siècle. Mais c'est dans l'exil parisien, choisi dès 1968, qu'elle écrit ses romans qui disent l'enfermement dans l'ordre archaïque québécois et le violent désir de libération. Elle devait retourner dans son pays pour y mourir d'un cancer des os, comme rattrapée par les images d'un de ses poèmes les plus connus : « Je suis une fille maigre / Et j'ai de beaux os / J'ai pour eux des soins attentifs / Et d'étranges pitiés / Je les polis sans cesse / Comme de vieux métaux. »

Anne Hébert est née le 1er août 1916 dans la résidence d'été de sa famille à Sainte-Catherine de Fossambaut, sur la Rivière Jacques Cartier, non loin de Québec. Son père, poète et critique littéraire, son cousin Saint-Denys Garneau, premier grand poète moderne du Québec, encouragent la vocation littéraire de la jeune fille. Dès 1939, elle publie des poèmes dans diverses revues. Un premier recueil, Les Songes en équilibre (1942), d'inspiration adolescente et verlainienne, sera plus tard renié par son auteur. Elle travaille pour la radio, pour laquelle elle écrit des pièces. Scénariste et rédactrice à l'Office national du film du Canada, elle continue à publier ses poèmes dans les revues québécoises. Le texte qui impose sa forte personnalité est une nouvelle, Le Torrent : publiée à Montréal en 1950, elle suscite les résistances de la critique conformiste, peut-être parce que, dans cette histoire de vocation forcée, de mère possessive, de culpabilité imposée se lisait « le drame spirituel du Canada français ». La première phrase du récit (« J'étais un enfant dépossédé du monde ») annonce la thématique de l'œuvre à venir.

En 1953, Anne Hébert rassemble l'essentiel de ses poèmes récents dans Le Tombeau des rois, publié à Québec, avec une préface de Pierre Emmanuel, qui en souligne la nudité sèche et violente. En effet ces textes disent le manque, un pays qui est « l'envers du monde », l'obsession de la mort : « Une petite morte / s'est couchée en tr [...]

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Pour citer l’article

Jean-Louis JOUBERT, « HÉBERT ANNE - (1916-2000) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/anne-hebert/