CAMILLERI ANDREA (1925-    )

La saga Montalbano

Le deuxième registre est celui du roman policier, centré autour du personnage du commissaire Montalbano, ce Maigret sicilien qui se distingue de son modèle du quai des Orfèvres par le goût d'une cuisine plus épurée (les fameux rougets de roche) en contraste avec les arrière-cuisines peu ragoûtantes du pouvoir qu'il est obligé de traverser. Le premier roman de cette série, La Forme de l’eau, est publié en 1994. Il sera suivi très régulièrement de nouvelles enquêtes.

Confronté à des énigmes sanglantes qui en cachent souvent d'autres (comme dans Il Cane di terracotta, 1996, Le Chien de faïence, 1998), Montalbano – patronyme très répandu en Sicile, mais choisi en hommage à l'écrivain Vásquez Montalbán – s'attelle à leur résolution en fonction de son humeur (laquelle dépend largement du temps qu'il fait : le commissaire est « météoropathe »), avec un respect très relatif de la procédure et un sens très méridional des horaires. Pour provoquer les traditionnelles illuminations qui surgissent dans l'esprit de cet enquêteur fin lettré, la littérature joue un rôle souvent prépondérant : ainsi, dans L'Odore della notte, 2001, c'est même en revivant une nouvelle de Faulkner qu'il parviendra au fin mot de l'histoire. Soumis aux pressions venues de Montelusa, où se trouvent d'obtuses autorités, Montalbano peut compter sur les hommes du commissariat de Vigàta : l'inénarrable Catarella qui parle un « talien » estropié, Augello, adjoint du commissaire en rivalité avec lui, Fazio le vieux flic complice ; et aussi sur divers habitants de Vigàta qui lui sont tout dévoués : Ingrid la fantasmatique Suédoise avec laquelle Montalbano entretient des rapports héroïquement chastes (par fidélité à son éternelle fiancée, Livia la Gênoise), la dame en chaise à roulettes, le vieux proviseur, le petit truand... De livre en livre, le lecteur se retrouve ainsi en famille, complice de ces braves gens associés pour résister aux nauséabondes menées des puissants : politiciens, affairistes, [...]


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  • Claude MESPLÈDE, 
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Dans le chapitre « Italie »  : […] (1975) de Francesco Rosi. Un des vieux amis de Sciascia, tard venu à l'écriture, Andrea Camilleri, a su séduire le public européen avec son commissaire Montalbano qui évolue en Sicile, région natale de son créateur. Aujourd'hui, l'Italie compte des dizaines d'auteurs. Parmi les plus talentueux, citons Pino Cacucci ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/roman-policier/#i_34739

Pour citer l’article

Serge QUADRUPPANI, « CAMILLERI ANDREA (1925-    ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/andrea-camilleri/