GIRAUD ANDRÉ (1925-1997)

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Né le 3 avril 1925 à Bordeaux dans une famille d'enseignants, André Giraud intègre l'École polytechnique en 1944. Il en sort major, ingénieur du corps des mines, non sans être passé par l'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs. Sa carrière sera placée sous le signe de l'énergie.

Entré en 1949 au ministère de l'Industrie, il entame en 1951 une longue période d'activité à l'Institut français du pétrole. Il quitte l'I.F.P., sans s'éloigner du monde pétrolier, en devenant en 1964 directeur des Carburants au ministère de l'Industrie, poste qu'il occupera pendant cinq ans. C'est durant cette période notamment que sera créé le groupe Elf.

Après un passage au ministère de l'Éducation nationale, où il dirige le cabinet d'Olivier Guichard et s'efforce d'introduire un plus grand esprit de gestion au sein de cette administration, André Giraud revient à l'énergie, mais dans un tout autre domaine. De 1970 à 1978, il est administrateur général délégué du Commissariat à l'énergie atomique (C.E.A.). Ces années seront marquées par le lancement du programme nucléaire français, dans un contexte difficile pour le C.E.A., qui en laissera à E.D.F. la primauté du développement, mais y gagnera une responsabilité au niveau du cycle du combustible (confiée en 1976 à sa filiale, la Cogema), ainsi qu'une mission et une organisation clarifiées. La qualité des relations entre André Giraud et Marcel Boiteux, alors directeur général d'E.D.F., facilitera grandement l'arrêt de la bataille des filières entre les deux établissements. André Giraud sera aussi un ferme défenseur de la force de frappe.

En 1978, l'année du second choc pétrolier, André Giraud est nommé ministre de l'Industrie dans le gouvernement de Raymond Barre. Il sera l'un des artisans du succès du programme nucléaire français qu'il défendra avec persévérance et opiniâtreté. Cette position n'empêchera pas son engagement vigoureux en faveur des économies d'énergies (qu'il popularisera à travers « la chasse au gaspi ») et des énergies nouvelles. Biocarburants, prix de l'essence : les points de friction ne manquent pas avec une industrie pétrolière elle-même confrontée à une sévère crise de surcapacités dans son activité de raffinage. Partisan du développement technologique, il crée une direction de l'Innovation au sein du ministère. Enfin, il s'impliquera fortement dans la simplification des procédures administratives.

Valéry Giscard d'Estaing avait pensé à lui comme Premier ministre. À l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, André Giraud préférera aux responsabilités à la tête d'un grand groupe qui lui sont proposées s'engager dans une nouvelle carrière, celle d'enseignant (à l'université de Paris-Dauphine, comme professeur de géopolitique, de pétrole et de matières premières) et de consultant international.

Le retour d'une majorité de droite en 1986 le voit revenir au gouvernement comme ministre de la Défense. Il s'affirme en faveur de l'indépendance nationale, s'opposant à un affaiblissement de l'effort militaire français comme à l'abandon de la conscription, tout en s'attachant à affirmer la primauté du pouvoir politique sur l'état-major. Il engage une loi de programmation et introduit, une fois encore, des exigences accrues de gestion tant dans les commandes de matériel que dans la gestion du patrimoine immobilier des armées. Il se montre aussi à la recherche d'un consensus autour d'une défense dont il se plaît à dire qu'« elle est nationale ou qu'elle n'est pas ».

Dans la perspective des élections de 1988, qui à nouveau auraient pu faire de lui un Premier ministre, il envisage de se présenter à la députation dans le département des Yvelines. Mais, après un début de campagne, il y renonce finalement, découragé par les vicissitudes de la vie politique. Les compromis et les compromissions n'étaient pas le fort de ce grand serviteur de l'État, au caractère rugueux et parfois rude.

Homme de conviction, gaulliste, André Giraud était animé de la préoccupation permanente de l'indépendance de la France, sous toutes ses formes ; il en aura été le défenseur tout au long de sa carrière à travers ses dimensions énergétiques, industrielles aussi bien que militaires.

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Dominique GANIAGE, « GIRAUD ANDRÉ - (1925-1997) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/andre-giraud/