AMATERASU-Ō-MI-KAMI

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Épithète du Soleil dans la mythologie japonaise (R. Sieffert, Les Religions du Japon, Paris, 1968), Amaterasu ō-mi-kami est la « grande auguste divinité qui luit au ciel ». Les chroniques du viiie siècle, Kojiki et Nihon-shoki, en font une divinité féminine, souveraine de la Plaine du Haut-Ciel (Takama-ga hara) et ancêtre de la dynastie. Selon le Kojiki, elle naquit de l'œil gauche d'Izanagi, le dieu démiurge, lorsque celui-ci purifia par des ablutions les diverses parties de son corps, après sa descente aux enfers, d'où il avait tenté en vain de ramener son épouse Izanami. De son œil droit naissait Tsuki-yomi-no-mikoto, le dieu de la Lune. Selon d'autres versions rapportées dans le Nihon-shoki en même temps que la précédente, Amaterasu ō-mi-kami aurait été, soit engendrée par le couple démiurge, soit formée d'un « miroir de métal blanc » qu'Izanagi aurait tenu dans sa main gauche ; à chaque fois, la naissance du dieu de la Lune est décrite en termes parallèles. Izanagi assigne ensuite aux deux divinités l'emprise du Ciel, mais le Nihon-shoki rapporte une tradition selon laquelle, le dieu lunaire ayant sur la Terre tué la déesse de la nourriture, Amaterasu l'aurait maudit et éloigné d'elle « par l'espace qui sépare le jour de la nuit ».

On lui prêtera, dans la suite du récit, un comportement anthropomorphique, en particulier dans le mythe qui semble rendre compte de l'occultation périodique du Soleil, et qui semble confondre la nuit, l'hiver et l'éclipse. Gravement insultée par son frère cadet Susa-no-o-no-mikoto, le « divin mâle ravageur », personnification, semble-t-il, des vents et des tempêtes, à qui Izanigi avait confié « l'étendue des mers glauques », Amaterasu s'enferme dans la « céleste caverne rocheuse » que ferme un énorme rocher. La Terre et ses habitants, privés de sa bienfaisante lumière, dépérissent, et les huit cents myriades de kami s'assemblent pour délibérer. La céleste danseuse Ame-no-uzume-no-mikoto, ancêtre des miko, prêtresses sorcières qui savent évoquer les dieux et les morts, se livre alors, devant la grotte, à une danse obscène qui met en [...]

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Écrit par :

  • : professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales

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ISE, sanctuaire

  • Écrit par 
  • René SIEFFERT
  •  • 475 mots

Le grand sanctuaire d'Ise (Ise daijingū), dédié à la divinité solaire Amaterasu ō-mikami en sa qualité d'ancêtre de la dynastie impériale japonaise, se trouve près de l'actuelle ville d'Uji-Yamada, sur le cours supérieur de la rivière Isuzu, dans la province d'Ise (aujourd'hui département de Mie). Le culte de la déesse souveraine, d'abord célébré dans le palais même, s'il faut en croire le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ise-sanctuaire/#i_39679

SHINTŌ

  • Écrit par 
  • René SIEFFERT
  •  • 6 597 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Le shintō archaïque »  : […] Selon la Chronique du Japon ( Nihon shoki , 720), le bouddhisme serait parvenu au Japon, ou du moins à la cour, à une date relativement tardive, l'an 13 du règne de l'empereur Kimmei (552). Le prince régent Shōtoku-taishi (572-621) en fit, un demi-siècle plus tard, la religion de l'État. Ses raisons étaient politiques autant que r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/shinto/#i_39679

Pour citer l’article

René SIEFFERT, « AMATERASU-Ō-MI-KAMI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/amaterasu-o-mi-kami/