MAGNELLI ALBERTO (1888-1971)

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« Riche », selon Achille Bonito Oliva, « d'une géométrie interne et silencieuse qui lui est propre », l'œuvre d'Alberto Magnelli s'inscrit dès 1915 dans le courant abstrait européen. Après un retour passager aux éléments figuratifs, l'artiste s'adonne à partir de 1935 à une expression résolument abstraite qui fait de lui l'une des personnalités les plus influentes de l'école de Paris.

Autodidacte, Alberto Magnelli peint en 1907 son premier tableau à Florence, sa ville natale, et il prend ses premières leçons chez les artistes du Trecento et du Quattrocento. De Piero della Francesca il dira : « Il m'a révélé la composition dans une surface, il m'a fait comprendre le jeu des vides et des pleins. » De cette époque datent des œuvres comme Neve (1910, musée de Vallauris) ou Les Ouvriers à la charrette (1914, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris) qui montrent que pour Magnelli la peinture est d'abord une architecture, un ensemble de formes simplifiées, dont la lisibilité est accentuée par un trait incisif. En parlant de ce trait, Maurice Besset souligne qu'il est déjà « géométrique » ; il s'articule « en réseau ouvert, autonome et fonctionne non comme contour, mais comme signe en contrepoint de l'impeccable assemblage de plages colorées ». Toutes données que l'on retrouve dans les premières œuvres abstraites du peintre, dans lesquelles rectangles, triangles ou ellipsoïdes obéissent à un rythme dynamique qui devient l'élément déterminant du tableau.

Cependant, si Magnelli est le premier artiste italien à explorer les ressources du langage non figuratif, il l'abandonne dès 1916 pour reprendre les thèmes de ses débuts : natures mortes, paysages ou scènes de genre, ce qui n'est pas sans rappeler l'esprit d'un certain « retour à l'ordre » auquel on assiste alors en Europe.

En 1931, Magnelli s'installe définitivement à Paris et réalise, après un voyage à Carrare, la série des Pierres (Pierres sur fond marron, 1933, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou) qui seront exposées à la galerie Pierre Loeb en 1934. Ce travail austère et rigoureux, extrêmement architecturé, permet à l'artiste de revenir définitivement à l'abstraction. Dès lors, la rigueur du trait qui garde toujours valeur monumentale, la subtilité de la gamme chromatique, les jeux des arcs brisés, des angles vifs et des courbes majestueuses créent un monde autonome, où seul compte le réseau des tensions concordantes ou discordantes établies selon les règles d'un équilibre parfaitement classique (Équilibre, 1958, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou).

À l'œuvre peint d'Alberto Magnelli (A. Maissonnier-Lochard, Alberto Magnelli, l'œuvre peint, catalogue raisonné, xxe siècle, Paris, 1975) il convient d'ajouter l'ensemble des Ardoises et des Collages, présentés au Musée national d'art moderne à Paris en 1987 ; ces travaux conjuguent l'extrémisme des recherches formelles de 1915 et la gamme colorée des peintures des années vingt, et Giulio Carlo Argan a pu dire à leur sujet : « C'est dans la construction que Magnelli plaçait son idéal, non dans la mise en pages. »

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Maïten BOUISSET, « MAGNELLI ALBERTO - (1888-1971) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alberto-magnelli/