ARBASINO ALBERTO (1930-2020)

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Né le 22 janvier 1930 à Voghera (près de Milan), Alberto Arbasino étudie le droit à Milan, Paris et La Haye. Spécialiste de droit international, il a enseigné jusqu'en 1965, d'abord à l'université de Milan, puis à celle de Rome. Sa première nouvelle, Distesa (Étendue), est publiée en 1955 par la revue Paragone. C'est à partir de 1956 qu'il commence à voyager à travers le monde en publiant de façon régulière des articles pour différentes revues (Paragone, L'Illustrazione italiana, Il Mondo). En 1957, les éditions Einaudi publient Le Piccole Vacanze, recueil de nouvelles. En 1959, l'éditeur Feltrinelli fait paraître un volume qui rassemble les nouvelles légèrement modifiées de Le Piccole Vacanze et le roman L'Anonimo Lombardo. Ce récit est la mise en pratique du projet qui sous-tend toute l'œuvre littéraire et critique de l'auteur ; à savoir, selon ses propres termes, une « dégradation maximale ». En un processus d'aller et retour, le texte est composé d'éléments descriptifs et romanesques qui s'entrecroisent avec des matériaux spécifiques à l'essai littéraire et, de façon plus générale, à l'essai culturel. Il s'agit d'un roman-essai, structure privilégiée de la plupart des textes de l'auteur : ainsi de Fratelli d'Italia (1963) et Super-Eliogabalo (1969). Avec La Bella di Lodi, écrit en 1961 et publié par Einaudi en 1972, Arbasino produit son seul roman véritablement « traditionnel », c'est-à-dire presque totalement descriptif et non « détourné » par des digressions littéraires, philosophiques et sociologiques.

Ses essais les plus significatifs sont certainement Certi romanzi (1964), Grazie per le magnifiche rose (1965), Off-off (1968), et les recueils d'articles Sessanta Posizioni (1971). On lui doit également deux beaux recueils sur ses rencontres avec des écrivains français (Parigi o cara, 1995) et anglais (Lettere da Londra, 1997). Quant à Marescialle e libertini (2004), il ne s’agit pas seulement d’un livre sur l’opéra au xxe siècle, mais plutôt des mémoires d’un spectateur mélomane. À travers une évocation érudite et drôle de grandes figures telles que Schoenberg, Stravinski, Chostakovitch ou Strauss, c’est aussi avec la veine d’Anonimo Lombardo que renoue l’écrivain.

Alberto Arbasino, au même titre que des écrivains et intellectuels tels qu'Edoardo Sanguineti et Umberto Eco, participa activement à la réflexion du Groupe 63. Romancier, essayiste et journaliste culturel (ses chroniques pour le quotidien La Repubblica sont fameuses), il se présente avant tout comme le plus bel exemple d'écrivain postmoderne, avide d'analyser et de malmener la culture contemporaine dans toutes ses obsessions et à travers ses mécanismes les plus subtils (Un paese senza, 1980 ; Paesaggi italiani con zombi, 1998 ; Rap !, 2001). Ses nombreux portraits d’écrivains et de personnalités parmi les plus diverses ont été réunis dans Ritratti italiani (2014) et Ritratti e immagini (2016).

Alberto Arbasino meurt à Voghera le 23 mars 2020.

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GROUPE 63 (GRUPPO 63)

  • Écrit par 
  • Giovanni IOPPOLO
  •  • 575 mots

Entre le 3 et le 8 octobre 1963 se tint à Solanto, près de Palerme, un congrès d'hommes de lettres. Les tendances les plus disparates et les individualités les plus isolées eurent l'occasion de confronter leurs travaux récents. On parla, à propos de cette réunion, d'une violente attaque des jeunes écrivains contre les valeurs littéraires établies. En fait, personne ne faisait figure de jeune écriv […] Lire la suite

Pour citer l’article

Giovanni IOPPOLO, « ARBASINO ALBERTO - (1930-2020) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alberto-arbasino/