TANNER ALAIN (1929- )

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Alain Tanner a été le premier des jeunes cinéastes suisses à s'imposer, non sans peine, hors des frontières helvétiques. Il a d'abord été, avec Claude Goretta, l'animateur d'un ciné-club genevois, en 1951. Il lui était à l'époque impossible de « passer à la réalisation », car la télévision suisse n'existait pas encore. Il partit donc pour Londres, où il fréquenta la Cinémathèque et les milieux du free cinema, dont l'impact sera visible sur son œuvre. Il y réalise, avec Goretta, un premier essai de « cinéma direct », Nice Time (1957, sur la vie nocturne à Piccadilly), qui sera primé à Venise et lui vaudra un engagement à la B.B.C. Son permis de travail n'ayant pas été renouvelé, il se décide à rentrer en Suisse, mais s'arrête à Paris. Il y prend contact avec la nouvelle vague et est assistant de divers films.

En 1961, de retour à Genève, il commence à réaliser des documentaires pour la télévision suisse romande : la fiction ne l'intéresse pas. Travaillant au cachet, il reste assez libre quant au choix de ses sujets. Mais, lorsque sa collaboration se développe (1964-1968), il prend conscience des contraintes techniques du reportage. En 1968, il participe, avec Goretta, Lagrange, Roy et Soutter, à la fondation du « groupe des Cinq », qui entend faire du vrai cinéma en coproduction avec la télévision. De la période antérieure, on retiendra surtout Les Apprentis, essai de « découverte » de la jeunesse urbaine au travail (1964), qui a souffert de devoir être tourné en 35 millimètres. L'effort ultérieur du cinéaste consistera à introduire dans le film de fiction (seule production indépendante possible) les progrès de légèreté et de maniabilité qu'il n'a pu imposer aux cadres trop rigides de la télévision.

Il s'en fallut de peu que son premier long-métrage, Charles mort ou vif (1969), essai sur l'aliénation de l'individu et sur ses tentatives d'échappées sur le mode ludique, ne trouve pas de distributeur. Mais le succès parisien, puis mondial, de La Salamandre (1971), qui a bénéficié de la loi d'aide à la production votée en 1970, tire Tanner de l'obscurité. Ce film, plus r [...]


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Pour citer l’article

Gérard LEGRAND, « TANNER ALAIN (1929- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alain-tanner/