AHO JOHANNES BROFELDT dit JUHANI (1861-1921)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le rattachement, en 1809, de la Finlande, jusqu'alors province suédoise, à la Russie, fait soudain prendre conscience de sa personnalité à ce petit peuple. Lorsqu'en 1827 l'Université nationale est transférée de Turku (Åbo) à Helsinki (Helsingfors), un romantisme nationaliste prend corps, auquel les recherches d'Elias Lönnroth, qui, dès 1832, commence l'immense travail de prospection dont sortira le Kalevala, donneront ses lettres de noblesse. La Finlande découvre pêle-mêle la richesse de son passé, de ses traditions, l'originalité de sa langue et l'antiquité de sa race.

C'est la raison pour laquelle le réalisme sous tous ses aspects a eu tant de peine à s'implanter en Finlande et a pris, d'emblée, un visage original. Un romantisme impénitent ramène inflexiblement les écrivains à l'exaltation d'une nature mystérieuse et à la peinture de cœurs torturés. De ce fait, nul n'est plus représentatif que Juhani Aho.

Il est né à Lapinlahti, dans un milieu sévère. Son père, pasteur protestant, avait participé au réveil spirituel du pays après le long engourdissement de la tutelle suédoise. Le jeune Brofeldt — il ne deviendra définitivement Juhani Aho que plus tard — passe toute son enfance à la campagne : il y gagnera, comme tous ses pairs, cette intimité avec le ciel, l'arbre et l'eau qu'admirait J. Perret. En 1880, il est à Helsinki pour y faire ses études, mais le moment n'est guère à la retraite. Il s'engage dans le journalisme et participe activement au mouvement libéral Nuori Suomi (« Jeune Finlande »). L'indépendance tient d'abord à la reconnaissance de la langue finnoise et, plus discrètement, à une sourde opposition à la Russie. En même temps, Aho découvre Zola, Tolstoï, Ibsen, Björnsson, Lie, Kielland et surtout Daudet, dont il fera son maître. Ses premiers essais littéraires se veulent résolument réalistes, mais un humour attendri tempère déjà les prétentions à l'objectivité. De courts récits tels que Le Chemin de fer (Rautatie, 1884) ou Au temps où père acheta la lampe (1883), s'il [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

  • : professeur émérite (langues, littératures et civilisation scandinaves) à l'université de Paris-IV-Sorbonne

Classification


Autres références

«  AHO JOHANNES BROFELDT dit JUHANI (1861-1921)  » est également traité dans :

FINLANDE

  • Écrit par 
  • Régis BOYER, 
  • Maurice CARREZ, 
  • Lucien MUSSET, 
  • Yvette VEYRET-MEKDJIAN
  •  • 22 474 mots
  •  • 14 médias

Dans le chapitre « Visages du réalisme »  : […] Dès lors, le mouvement est lancé. Sans doute, ici comme ailleurs, le réalisme se conçoit-il d'abord en réaction contre le classicisme et le romantisme, et se donne-t-il, autour de 1880, une revue ( Valvoja , Le Gardien , 1881), un mouvement (Nuori Suomi, Jeune Finlande, 1885) et un journal ( Päivälehti , Le Quotidien , 1890), tandis que les influen […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/finlande/#i_11761

Pour citer l’article

Régis BOYER, « AHO JOHANNES BROFELDT dit JUHANI - (1861-1921) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/aho-johannes-brofeldt-dit-juhani/