TŌKAI-MURA ACCIDENT NUCLÉAIRE DE (30 sept. 1999)

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Un accident de criticité, c'est-à-dire le déclenchement incontrôlé d'une réaction de fission en chaîne au sein d'un milieu contenant des matières fissiles, s'est produit le 30 septembre 1999 au Japon, à Tōkai-Mura (310 000 habitants, 140 km au nord-est de Tōkyō), dans l'usine de fabrication de combustible nucléaire de la compagnie privée J.C.O. (Japan Nuclear Fuel Conversion Co.). C'est un des trois plus graves accidents du nucléaire civil dans le monde, après Tchernobyl (1986, Ukraine) et Three Mile Island (1979, États-Unis). Seule une chance incroyable a permis d'éviter que la réaction en chaîne ne se transforme en catastrophe. Classé au niveau 4 de l'échelle I.N.E.S. (International Nuclear Event Scale), qui compte sept niveaux, cet accident résulte de l'inobservation des règles de sécurité et d'une succession d'imprudences. « L'erreur humaine et de sérieuses failles dans les principes de sûreté ont conduit à l'événement de criticité », selon l'Agence internationale de l'énergie atomique.

L'échelle I.N.E.S.

L'échelle I.N.E.S.

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L'échelle I.N.E.S., pour International Nuclear Event Scale, a été élaborée par Agence internationale de l'énergie atomique et l'Agence pour l'énergie nucléaire de l'O.C.D.E. Il s'agit d'un outil de communication qui doit permettre de mesurer l'importance des incidents et des accidents... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Au cours d'une opération de conversion d'uranium enrichi en uranium 235, les techniciens (dont l'un est décédé depuis lors) ont dépassé de plus de sept fois la masse nécessaire pour atteindre la criticité, supprimant une étape intermédiaire indispensable dans le processus. Contrairement à la routine, la conversion s'est faite avec de l'uranium enrichi à 18,8 p. 100 pour un surgénérateur expérimental (Joyo) et non avec l'uranium plus faiblement enrichi (3,8 p. 100) des réacteurs industriels. Le 29 septembre, les ouvriers ont déposé 9,2 kilogrammes de cet uranium dans un seau en acier spécifique (dissolveur). Le lendemain, à 10 h 35, ils y ont rajouté successivement trois charges de 2,3 kilogrammes, soit un total de 16,1 kilogrammes d'uranium dans le dissolveur. La réaction en chaîne s'est déclenchée à la dernière charge : un premier pic très fort s'est traduit par un flash bleu et a été accompagné d'une émission intense de neutrons et de rayons gamma, suivi de plusieurs autres, puis d'une sorte d'équilibre dans la réaction, stoppée au bout d'une vingtaine d'heures grâce notamment à l'injection de bore. L'utilisation d'un dissolveur limité à 2,3 kilogrammes aurait exclu toute possibilité de réaction en chaîne. La radioactivité environnante a atteint 4 000 fois les niveaux de base et 439 personnes ont été irradiées. Il n'y avait de dispositif de mesure de la radioactivité ni dans l'atelier ni à la limite du site.

—  Yves LEERS

Écrit par :

  • : journaliste, rubrique environnement de l'A.F.P.

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Pour citer l’article

Yves LEERS, « TŌKAI-MURA ACCIDENT NUCLÉAIRE DE (30 sept. 1999) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/accident-nucleaire-de-tokai-mura/